CRYING FREEMAN
Canada - 1996
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Crying Freeman »
Genre : Action
Réalisateur : Christophe Gans
Musique : Patrick O’Hearn
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 10 février 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Crying Freeman »
portoflio
LE PITCH
Alors qu’elle peint sur les hauteurs de San Francisco, la belle Emu O’Hara assiste au meurtre d’un gangster japonais. Elle a vu l’assassin et sait qu’il reviendra l’éliminer. Mais lorsqu’il réapparaît chez elle, Yo Hinomura, alias le Freeman, tombe sous le charme de sa victime. Les deux amants vont se retrouver pourchassés par la police, les employeurs du tueur et les parrains japonais qui veulent venger la mort de l'un des leurs.
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Première exécution

A l'orée de la sortie de son tout nouveau La Belle et la bête, Metropolitan retourne aux sources avec une remise en avant du premier film de Christophe Gans, Crying Freeman, signature passionnée d'un cinéaste français qui n'a jamais renié ses influences. Bien au contraire.

Si aujourd'hui le cinéma hongkongais a été largement digéré, copié, référencé, au milieu des années 90 sa vitalité pourtant explosives dès les années 80, commence seulement à s'exposer en occident, aux USA et en France. Ancien rédacteur en chef de la mythique revue Starfix et déjà auteur d'une très poétique adaptation de Lovecraft pour le film à sketch Necronomicon, Christophe Gans n'est pas seulement un jeune réalisateur qui a le nez creux, mais est un authentique passionné de cinéma, totalement estomaqué par la vitalité et l'inventivité de ce cinéma chinois, surtout traumatisé par sa découverte de The Killer et de la grammaire de John Woo. Entre univers de jeux vidéos, culture manga et régurgitation d'une cinéphilie obsessionnelle, Crying Freeman est alors un objet totalement inédit, presque en avance sur son temps (Matrix ne sortira que trois ans plus tard) où explose le talent d'un véritable esthète, travaillant chaque cadre comme un tableau, mettant en scène chaque séquence d'action comme une chorégraphie savante et élégante.

 

le tueur


Epaulé par l'immense monteur David Wu (justement collaborateur privilégié de John Woo), Gans livre ainsi une adaptation au scénario extrêmement fidèle du manga culte signé Kazuo Koike et Ryoichi Ikegami, mais où la violence crue, voir gratuite, et la sexualité brutale, voir vulgaire, laisse place à une œuvre bien plus sophistiquée, sensuelle, aérienne et surtout extrêmement romantique. Citant (en plus du reste) à tour de bras les films de Yakuza, la classe de Melville, voir même les excès de Dario Argento, Crying Freeman s'apparente ainsi à un cinéma melting-pot, mais joliment lissé par une réalisation opératique où les dialogues, la trame et les personnages disparaissent rapidement derrières les brillants mouvements de caméra, les performances physiques de Marc Dacascos et une volonté constante de faire du « beau ». En ce sens, ce premier film contient déjà à la fois tout ce qui rend la vision cinématographique de Christophe Gans passionnante, en même temps que ses principaux défauts comme une tendance à la citation gratuite (souvent involontaire) qui peut lasser et une gestion très aléatoire des acteurs. C'est sans doute pour cela que malgré les imperfections inhérentes à nombres de premiers films, Crying Freeman reste aujourd'hui toujours vivace dans les mémoires, pour ses grands moments de sublimations du cinéma d'action asiatique, cajolés par des ralentis suaves à l'instar du premier assassinat (vu en flashback) entièrement monté sur la grandiloquence du Nabucco de Verdi. Imparfaite certes, mais cette déclaration d'amour à un certain cinéma est dotée d'une vraie grâce.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Dans le tout nouvel entretien qu'il a enregistré pour cette édition Bluray, Christophe Gans évoque rapidement un étalonnage de Crying Freeman concocté en parallèle de la postproduction de La Belle et la bête. Du coup, on est un peu étonné de ne pas être plus ébouriffé par le tout nouveau ( ?) master HD. Il faut dire que pour le DVD, l'éditeur s'était déjà fendu d'un travail considérable sur le master d'origine, nettoyant avec soin et précision la moindre anfractuosité et retravaillant la palette de couleurs pour aboutir à une première mouture HD particulièrement remarquable. En toute honnêteté, en dehors de quelques plans légèrement plus vifs, la version bluray semble utiliser le même matériau, profitant ainsi de détails légèrement plus marqués, d'une profondeur de champs à peine plus soulignée et d'une fluidité plus savoureuse. Pas une révolution, loin de là, surtout que le grain de pellicule se montre même parfois plus visible (HD oblige) tout autant que les variations de noir. Ni l'éditeur ni les techniciens ne sont à blâmer, il suffit de se souvenir que Crying Freeman est un film des années 90, embrassant totalement l'esthétique de son époque et en particulier l'aspect brut de ses modèles hongkongais : filtres bleutés, pellicule très marquée, photographie glissant souvent vers les tons grisâtres. Cela ne va pas plaire à tout le monde.

 


Son :
En 2001, les mixages Dolby Digital 5.1 de 2001 était à la pointe de la technologie sonore. Leurs pendants DTS HD Master Audio 5.1 du bluray partent clairement des mêmes bases avec une volonté évidente de souligner les séquences les plus spectaculaires (explosions, gunfights, mouvements de Dacascos...) mais sans jouer la partition trop fortement. Le résultat est plus que convaincant avec une spatialisation harmonieuse, dynamique, restituant autant la pureté des compositions de Patrick O'Hearn que nombres de petits effets d'ambiances discrets. Entre les deux (travail très équivalent), on préféra encore une fois la version anglaise originale, plus naturelle, même si Tchéky Karyo y est curieusement doublé par Ron Perlman.

 


Interactivité :
A l'occasion de la sortie sur grand écran du Pacte des loups, Metropolitan en avait profité pour confectionner un super objets collector comprenant un fourreau numéroté, un livret de photo et de notes de production, et surtout un double DVD incluant une masse imposante de bonus en tous genres. Reprenant directement le second disque en question (toujours sous format DVD donc), l'édition limitée du Bluray permet donc de retrouver la même accumulation de courtes interviews, de storyboard, d'images de tournages, les deux scènes coupées, les extraits de la BO, le tout assez bien réparti autour des habituels chapitres Pré-production / Tournage / Postproduction. Un programme très complet avec lequel il ne faut pas oublier de parler du retour de l'excellent commentaire audio de Christophe Gans.
Pas bégueule, ce Bluray est aussi l'occasion de retrouver presque vingt ans après un charmant Marc Dacascos dans une nouvelle interview nostalgique mais décontractée. Mais cette dernière n'est qu'un amuse gueule à coté de la discussion incroyable entre le réalisateur et Leonard Haddad (collaborateur sur la collection HK Vidéo, mais aussi sur l'ancien magazine ou la revue DVD Vision) qui en partant du film Crying Freeman, devient une grande réflexion sur le tsunami du cinéma asiatique et surtout HK que connu les années 90. Un grand moment de cinéphilie éclairée, passionnant de bout en bout (presque une heure) qui fait revivre avec un amour fervent mais lucide une période foisonnante (le début de l'ère numérique), chaotique, mais extrêmement créative dont le premier film de Gans n'est que l'un des reflets. Sans aucun doute l'un des meilleurs bonus que l'on ai vu ces dernières années.
Enfin, pour jouer les comparateurs obsessionnels, le 1er épisode de la série d'OAV a lui aussi été glissé ici en HD, question de voir que oui, la réussite du Crying Freeman de Gans est bel et bien une question de style.

Liste des bonus : Nouvel entretien avec Christophe Gans (56'), Interview de Marc Dacascos (15'), 1er épisode de la série animé (25'), Gestation du film : pré-production, tournage, post-production, Making of, Les scènes coupées, Interview de Christophe Gans, Conception du générique, Interface avec 1600 storyboards, photos et dessins de préproduction, Bandes-annonces.

 
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