LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE
The World’s End - Royaume-Uni - 2013
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Edgar Wright
Musique : Steven Price
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, DTS 5.1 français, espagnol, italien…
Sous-titre : Français, Anglais pour malentendants, Italien, Allemand, Espagnol
Durée : 109 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 21 janvier 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
20 ans après avoir accompli une tournée de bars épique, 5 amis d’enfance se réunissent et reprennent le marathon de la boisson dans leur vitlle natale. Leur objectif : atteindre le dernier pub : « La fin du monde ».
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Alabama Song

Après un éclatant et novateur (mais tristement boudé) Scott Pilgrim Vs The World, Edgar Wright a-t-il eu raison de retourner à ses premiers amours pour signer la comédie The World's End, retrouvailles attendues avec le duo Simon Pegg/Nick Frost ? Sans aucun doute que oui, car sur fond de nostalgie un poil geek, le film conclut ce que l'on appel désormais « la trilogie Cornetto » par un feu d'artifice certes spectaculaire mais où pointe un état des lieux non sans pointe d'amertume.

Le festival avait certes déjà débuté avec la série Spaced (toujours inédit en France), mais c'est clairement avec Shawn of the Dead, que la vision déjantée du trio formé par Edgar Wright / Simon Pegg / Nick Frost avait démontré son outrageuse efficacité, et surtout son approche salvatrice du cinéma de genre, s'imprégnant des codes consacrés, non pas pour les parodier, mais pour y inscrire une authentique comédie (ici sentimentale) teintée, forcément, d'éclairage social. Depuis l'approche n'a clairement pas changé - Hot Fuzz détournait l'actionner policier pour mieux décortiquer les désillusions des débuts dans la vie d'adulte - voir même s'approfondit clairement avec Le Dernier pub avant la fin du monde, qui comme son titre français l'indique, use du lieu de rencontre préféré des anglais (et des personnages des trois films) pour jeter un regard très alcoolisé sur la crise de la quarantaine. Et mine de rien l'excellente petite bande est en plein dedans, sautant presque sur la proposition délurée de Gary King, éternel ado et branleur invétéré, de repartir sur les traces de leur plus grande prouesse de jeunesse : enquiller tout les pubs de leur ville natal en une seule nuit. Bien entendu, très loin de la lourdasse comédie pompier qui frappe le cinéma américain actuel (pas une once de vulgarité ma petite dame), la quête va rapidement devenir une exploration hilarante dans les souvenirs de chacun, mais surtout les confronter autant à leur fausse image d'eux même qu'à leurs responsabilités individuelles... Le tout avec une extraordinaire faculté à débusquer sous les jeux de mots imparables et les gags les plus percutant, la sensibilité de chacun de ces personnages admirablement incarnés par une troupe d'acteurs à la symbiose immédiate.

 

La légende de la pinte sacrée


Un film qui fait grandir ses personnages, comme les créateurs de Shaun of the Dead / Hot Fuzz ont vieilli en se bonifiant, faisant vriller le principe du "Barathon initial" vers la SF parano des 50's, singeant L'invasion des profanateur de sépulture ou Le Village des damnés, mais en actualisant de façon pertinentes les craintes de l'époque. De la peur d'une invasion idéologique, Le Dernier pub avant la fin du monde se confronte directement à l'uniformisation galopante, piégée entre le libéralisme clinquant, le politiquement correct qui cache jamais vraiment le politiquement abject, ce que le métrage résume à de la « starbuckisation ». Les souvenirs de la troupe sont-ils faussés par leur nostalgie ou la campagne anglaise a-t-elle vraiment perdu son visage authentique ? Avec des aliens qui se déboitent comme des cachets d'aspirines et des bars tous moulés sur les mêmes contours, c'est forcément la seconde théorie qui prévaut, dans une science du décalage toujours aussi maitrisée, comme le grave dans la pierre le dialogue déjà culte entre Simon Pegg et le chef des envahisseurs : une discussion métaphysique grave et lucide calqué sur le rythme houleux d'un mec totalement torché. Une comédie intelligente, fine, inventive et irrésistible qui permet au passage d'affirmer avec classe l'envolé stylistique d'Edgar Wright, insufflant ici mine de rien une dynamique très proche de celle vue dans le conspué Scott Pilgrim Vs The World avec, entre autre, des bastons de piliers de bars qui n'ont jamais autant ressemblés au cinéma d'arts martiaux chinois.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Pas de soucis, en Bluray Le Dernier pub avant la fin du monde se paye un transfert de très haute qualité. Aucun défaut ne vient gâcher le spectacle et en l'occurrence tous les points techniques sont au top avec des couleurs bien définies, des contrastes pointus, des teintes chaudes et naturelles, et un piqué qui imprime à chaque seconde des détails aussi nombreux qu'harmonieux. Difficile de faire mieux.

 


Son :
Le dernier Edgar Wright n'est pas une comédie comme les autres et cela s'entend. Le DTS HD Master Audio 5.1 proposé par Universal se montre certes très pointu dès lors qu'il est question de transmettre avec limpidité les excellents dialogues, mais surprend surtout par son utilisation extrêmement généreuse des différents canaux. La piste accompagne donc avec force et dynamisme les moindres excès martiaux et souligne avec un caisson de basse surmené les explosions et impacts du casting. Dommage que le DTS français ne soit pas tout à fait du même acabit. Honnête et efficace mais pas plus.

 


Interactivité :
L'édition américaine est particulièrement bien chargée... L'édition française l'est tout de même nettement moins. Au rayon des disparus on note immédiatement tous les segments qui concernent la technique (commentaire audio du directeur photo, featurettes sur les SFX, animatics...) mais aussi une section sur l'écriture du scénario ou quelques moments de liberté laissés aux acteurs (commentaire audio encore, interviews croisées...). Assez désolant. Il reste tout de même du bon matériel sur la galette avec un making of retraçant les points les plus importants de la fabrication, avec un bon mélange interviews / images de tournages, qui échappe constamment au piège de l'autosatisfaction. Chacun semble totalement libre de sa parole, traitant le plus souvent l'ensemble avec déconctraction, mais n'oublie jamais d'explorer les thématiques, la relation de l'opus avec Shawn of the Dead et Hot Fuzz, évoquant la direction d'acteur et la mise en scène plus affirmée de Wright. Tout cela se regarde avec un très grand plaisir, et est admirablement complété par le commentaire audio rescapé, heureusement le principal, réunissant le réalisateur et Simon Pegg. Un défilé d'anecdotes, d'explicitations de choix narratifs et esthétiques, et assez souvent, de franche rigolade.

Liste des bonus : Commentaire audio de d'Edgar Wright et Simon Pegg, Scène coupée (1'), « L'achèvement du Barathon » Making of (58'), Bandes-annonces.

 
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