POLICE STORY 1&2
Ging chat goo si / Ging chat goo si juk jaap - Hong-Kong - 1985/1988
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Réalisateur : Jackie Chan
Musique : Cheung Yiu-Cho
Image : 2.35 16/9
Son : Cantonnais et français en DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 220 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 25 novembre 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Démolissant au passage tout un quartier, l’inspecteur Chan mène un raid spectaculaire qui permet l’arrestation de Chu, l’un des plus puissants chefs des Triades de Hong Kong. Afin que le procès puisse aboutir, Chan se voit confier la protection de Selina, la secrétaire de Chu, unique témoin susceptible de le faire condamner. Rapidement libéré de prison grâce à ses avocats, Chu ne tarde pas à mettre un contrat sur les têtes de Chan et Sélina.
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Le polar acrobate

Le cinéma d'action consiste aujourd'hui en une course technologique artistiquement aveugle, où le sur découpage et la vulgarité des effets visuels prévalent sur le contenu réel de ce qui nous est présenté à l'écran.

On se demande sincèrement comment le Michael Bay de Transformers, porte-étendard de l'esbroufe débilitante des années 2000, réagirait aujourd'hui à la vision de Police Story. La comparaison n'est d'ailleurs pas gratuite, le bonhomme ayant purement et simplement volé au film de Jackie Chan l'un de ses morceaux de bravoure les plus célèbres (une poursuite en voitures dévastatrice dans un bidonville à flanc de colline) pour en tirer le climax humainement répugnant de Bad Boys 2. Cette brève séquence, point culminant d'une ouverture longue de douze minutes, est un point de repère idéal pour évaluer en quoi le cinéma de Chan s'oppose à la bouillie filmique à laquelle Hollywood tente actuellement d'habituer le jeune public. Chez Bay, l'objectif tremble frénétiquement, les coupes s'enchaînent sans logique ni le moindre sens de la géographie, le cadre reste collé au plus près des cascadeurs et les enjeux dramatiques sont évacués en une phrase (les figurants ? "Tous des trafiquants de drogue",' selon les héros !). Chez Chan, le montage capitalise sur les vues d'ensemble et use des inserts rapprochés à des fins purement rythmiques. Et comme si ca ne suffisait pas, les habitants du bidonville sont clairement montrés comme des victimes des trafiquants, leurs déambulations chaotiques contribuant encore à l'intensité de la scène.

 

L'art et la manière


Police Story, seconde grande réalisation de Jackie Chan après Le Marin des Mers de Chine (la septième dans les faits), répond dans son ensemble à cette conception du septième art, mêlant un classicisme scénique terriblement élégant (certaines scènes dialoguées évoquent Blake Edwards) à un dérivé des arts du cirque. La grande force du film, qui sera par la même celle de Jackie durant toute sa carrière hongkongaise, est ainsi d'atténuer les limites entre les contingences du réel et un médium aussi pensé, préparé et planifié que le cinéma. Que les différentes scènes d'anthologie (Chan s'accrochant à un bus lancé a vive allure à l'aide d'un parapluie, un combat à mains nues qui vire au désossage de voiture, le saut d'une jeune femme du haut d'un immeuble jusque dans une piscine, un affrontement acharné sur trois étages d'un centre commercial) regorgent de plans impensables (Jackie se mangeant une vitre en plein visage âpres un coup bien placé), de cascades inconcevables (un bus qui pile à moins d'u mètre de notre héros, envoyant valser ses occupants à travers le pare-brise) et de chorégraphies à tomber à la renverse est une chose. Que Chan dynamise la moindre scène intimiste de prouesses physiques en est une autre ! Les exemples sont aussi nombreux qu'ahurissants : une fléchette qui se plante à quelques centimètres du visage d'un policier adossé à un mur, une jeune femme (Maggie Cheung jeunette...) qui perd le contrôle de son scooter et manque de passer sous ses propres roues, Jackie jonglant, depuis une chaise roulante, avec cinq téléphones et autant de conversations... Chan filmant le tout avec l'étincelle, le sens du découpage, l'art du cadre parfait dont les scènes d'action font l'étalage, Police Story se métamorphose peu à peu en une expérience quasi-onirique, de celles dont on s'interroge à intervalles réguliers si l'on n'a pas bêtement imaginé ce qui vient de se produire sous nos yeux ébahis. Une aventure humaine à la générosité et à la prise de risque étonnante, dont la portée spectaculaire a largement de quoi rabattre le caquet à nos images de synthèse d'aujourd'hui.

 

this time, it's personal


Réalisé trois ans plus tard, Police Story 2 a le bon goût de reprendre exactement là où le premier opus nous avait laissé et de remettre totalement en question le triomphe de l'original. Le personnage principal, toujours campé par un Jackie virevoltant, capable d'enchaîner les acrobaties les plus abracadabrantes lors des combats, est ici plus grave, sur le fil du rasoir, jamais totalement maître de ses pulsions violentes. Et pour cause : les malfrats qu'il avait tenté de coffrer quelques mois plus tôt ont décidé de transformer son existence en cauchemar et de harceler sa famille. Moins ludique dans sa mise en scène que son prédécesseur (les chorégraphies sont découpées plus sèchement), Police Story Part 2, du moins dans son premier acte (le film tourne au bout d'une demi-heure à une traque au bombeur fou émaillé arrosée de comédie cantonaise), est le reflet d'un auteur qui se cherche, comme anxieux d'avoir atteint un zénith artistique si tôt dans sa carrière. La suite donnera d'ailleurs raison à Jackie Chan : en dépit de quelques fulgurances et d'une poignée de spectacles inoubliables, jamais son cinéma ne retrouvera une telle pureté, une telle inventivité et un tel aboutissement à tous les niveaux que le premier Police Story.

Alexandre Poncet










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Image :
Le même pack proposé il y a quelques années en DVD par le même éditeur avait permis de découvrir de tout nouveaux masters ayant profités de véritables restaurations, de réétalonnage... Un plus certes, mais ce sont à peu de chose près les mêmes copies présentées ici en HD. Du coup les défauts relativement discrets jusque-là (points blancs, couleurs variables, grain marqué) ressortent de manière accrue et entament parfois sérieusement la limpidité du spectacle. Reste des couleurs bien plus puissantes (parfois presque trop, les rouges ont tendance à bouffer le cadre), un détail plus pointu et quelques ambiances lumineuses bien imprégnées (les séquences nocturnes en particulier). Du plus et pas sûr que l'on puisse avoir beaucoup mieux.

 

 


Son :
On exclura immédiatement les calamiteux doublages français d'époque, qui font passer certains personnages pour de véritables attardés mentaux, pour se concentrer sur les pistes cantonaises. Disponibles dans des DTS HD Master Audio 5.1, elles sont bien plus claires que les anciennes stéréo. La spatialisation reste tout de même légèrement artificielle et l'ouverture latérale n'est que modérément utilisée.

 

 


Interactivité :
Comme pour les anciens DVDs, aucun bonus à l'horizon. Franchement, l'ouverture de Police Story ou son épilogue dans le centre commercial méritaient chacun un documentaire d'une heure. Les fans se rattraperont sur l'habituel bêtisier du générique de fin, dévoilant au détour de quelques images les méthodes de travail de Chan.

Liste des bonus : Bandes-annonces.

 
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