MESRINE 1èRE PARTIE : L’INSTINCT DE MORT
France - 2008
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Mesrine 1ère Partie : L’Instinct de mort »
Genre : Policier
Réalisateur : Jean-François Richet
Musique : Marcus Trumpp
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français sourds et malentendants
Durée : 113 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 17 juin 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Des années 60 à Paris au début des années 70 au Canada, le parcours criminel hors norme d'un petit voyou de Clichy devenu l'ennemi public n°1 : Jacques Mesrine.
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Icône en pleine tête

Alors que le cinéma français se lance dans une exhumation systématique des grandes images de sa culture en consacrant de jolis portraits à Edith Piaf ou Coco Chanel, Richet et Cassel lui rentrent dans le lard en imposant un diptyque consacré à l'ancien ennemi public N°1. Premier pas, L'instinct de mort esquive les écueils et séduit.

 

Dans le fond, en confiant un projet aussi tendancieux que le biopic de Mesrine à un réalisateur comme Jean-François Richet, Thomas Langmann et La Petite Reine prenaient un risque certain. Celui tout simplement que l'homme derrière Etat des lieux et surtout Ma 6T va Crack-er tombe une nouvelle fois dans sa fascination embarrassante envers la truanderie (grande ou petite) et se livre au passage à un portrait à charge des services de l'ordre. Une vision manichéiste qui est pourtant brillamment esquivée dans cette première partie, où justement le cinéaste sait parfaitement jouer des ambiguïtés du personnage. Une figure mythique incarnée par un Vincent Cassel idéal, oscillant entre sourire charmeur et regard fou, douceur et brusque sauvagerie. Le personnage n'est jamais véritablement sympathique, mais charismatique certes, et justement l'ambition de L'Instinct de mort (titre de l'autobiographie de Mesrine) est de présenter cette lente dégradation du grand bandit fantasmatique vers le point de non retour : une certaine démence égocentrée. Un homme tout d'abord fasciné par les milieux et qui va devenir (voir le second film) fasciné par sa propre image, malgré sa transformation physique.

 

Debout

 

Une réussite qu'il ne faut pas hésiter à créditer en grande partie au script d'Abdel Raouf Dafri (La Commune, Un prophète... un scénariste à suivre donc) qui outre le fait d'aborder le personnage titre avec une rare intelligence et beaucoup de subtilité, donne corps en quelques lignes aux camarades d'armes (Gilles Lelouch surprenant, Depardieu revenu d'entre les morts) et à ses conquêtes (Cécile de France en Bad Girl ça le fait !). Certes parfois un brin expéditif dans la contraction nécessaire d'une dizaine d'années de méfaits et d'héroïsme iconique, Mesrine fontionne. Montrant déjà de beaux talents de metteur en scène dès ses premiers essais, Richet démontre au passage qu'un artiste français peut ressortir grandi de son expérience hollywoodienne. D'Assaut sur le Central 13, le Frenchy a ramené une efficacité décuplée, un montage serré voire jubilatoire (superbes et instinctifs split-screen) et un sens de l'espace et du cadre solide qui relève clairement de la grande école américaine. Teinté d'une idée du polar hexagonal et d'une démesure très USA, Mesrine - L'instinct de mort passe avec naturel du portrait appliqué et documenté à des gunfights en mode Tawa dans la tronche avec une réussite égale et constante. Populaire, brillant et sans doute aussi cabotin... à l'image de Mesrine donc.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

 

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Image :

Y a pas à dire, c'est beau un film tourné sur pellicule, surtout quand le réalisateur aux commandes travaille l'aplanissant dû au format, joue des lumières et des teintes argentiques. En Blu-Ray, L'Instinct de mort n'apporte pas vraiment l'effet de relief que beaucoup attendent aujourd'hui, mais livre un master irréprochable affichant une précision de tous les instants, sous lumière crue, rasante (superbe plan de l'Ouest américain) ou dans le noir le plus profond. Les teintes sont pleines et éclatantes et la compression jamais ne défaille. Un Blu-Ray monstre.

 

Son :

Une fois encore ce n'est pas la démo technique brute qui est recherchée mais la maîtrise du sujet. A ce titre le DTS HD Master Audio 5.1 se montre parfaitement subtil dans la mise en place d'une dynamique discrète, retranscrivant par touches les ambiances feutrées et inquiétantes jusqu'à exploser lors des scènes plus spectaculaires, en particulier lors d'une tentative d'attaque sur une prison canadienne, mitraillette au point. Alors musclée, le mixage sonore appuie chaque balle expulsée avec un écho sourd du meilleur effet. Des conditions idéales en somme.

 

Interactivité :

Première partie d'un duo de films induit une interactivité fragmentée. A l'instar du making d'une bonne durée (45 minutes) qui se consacre uniquement à L'Instinct de mort. On aurait pu craindre un grand élan de promo et de gentillesse. Il y en a certes, mais les extraits d'interviews se concentrent surtout sur les soucis de toute une équipe pour rester fidèle à l'esprit du personnage. Un document particulièrement passionnant lorsqu'il laisse place à une bonne dose d'images de tournage où le réalisateur et les acteurs expérimentent et tâtonnent afin de trouver le ton et la représentation justes. Voilà qui ferait presque oublier l'absence totale de commentaire audio ou de scènes coupées. Ceux qui veulent en savoir un peu plus sur les véritables événements peuvent par contre se diriger vers une petite dizaine de minutes consacrées aux archives de l'INA, montrant un Mesrine bien moins beau gosse en plein combat contre les prisons de haute sécurité. On est en revanche un brin déçu par l'option U-Control qui livre d'un côté quelques faits textuels et photos du tournage et de l'autre des extraits inédits du tournage. Trop parcellaire et impersonnel pour convaincre.

 

Liste des Bonus : Option U-Control : Lecture interactive, Option U-Control : Picture in Picture, Making of 1ère Partie (45'), Archives de l'INA sur QHS et le parcours de Mesrine (7'), Galerie photo, Bandes-annonces.

 
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