AUSTRALIA
Etats-Unis / Australie - 2008
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Genre : Fresque
Réalisateur : Baz Luhrmann
Musique : David Hirschfelder
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français et espagnol DTS
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 155 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 24 juin 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Australie du Nord, fin des années 30. Lady Sarah Ashley, aristocrate anglaise hautaine et renfermée, arrive au cœur des paysages sauvages de l'Australie et se retrouve à devoir gérer seule un gigantesque domaine. Contrainte pour sauver l'exploitation de partir vendre 2 000 têtes de bétails à des milliers de kilomètres, elle n'a d'autre choix que de faire équipe avec un cowboy local un peu rustre...
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Légende d'un continent

Balroom Dancing, Romeo + Juliette, Moulin Rouge : trois films intensément populaires qui se présentent comme une relecture faste du monde du spectacle et de la tragédie dans sa forme la plus pure. Un cinéma romantique auquel son créateur Baz Luhrmann donne un nouvel espace de jeu, celui grandiose de l'Australie, avec un western romantique de près de trois heures où les grand sentiments croisent la grande Histoire.

 

Avec sa trilogie du Rideau Rouge, Luhrmann s'est imposé comme l'un des réalisateurs les plus novateurs et les plus libres de ces dernières années. Son œuvre : un mélange flamboyant de classicisme et de modernité où kitsch et sublime cohabitent avec une puissance visuelle rare. Mais une fois cela clos, il restait à savoir ce qu'allait devenir le bonhomme. S'ensuivent donc sept ans de disparition pendant lesquels on voit son nom attaché à une nouvelle version d'Alexandre avec un certain DiCaprio. Une légende épique et historique qui tranche d'emblée avec les univers « fermés » qu'on lui connaît. Si aujourd'hui Luhrmann ne revient pas avec un peplum new age, il reste pourtant dans la même volonté de grand spectacle et d'aventure. Et effectivement, quel meilleur lieu pour renouer avec l'esprit des grandes fresques hollywoodiennes que les étendues infinies de l'Australie ? Un décor purement cinématographique qui est entré dans la mémoire collective grâce à des films comme Mad Max, Picnic à Hanging Rock ou même Crocodile Dundee, dont la somptueuse juxtaposition de points d'eau paradisiaques, de déserts arides et de canyons inquiétants rappelle autant l'image du western classique que des romances épiques façon Out of Africa.

 

Quand la terre gronde

 

En vrai australien (comme l'intégralité de son casting), le réalisateur embrasse le paysage et lui dévoue un amour incommensurable, évitant parfois de justesse l'effet carte postale avec une surabondance de plans recomposés aux effets spéciaux pas toujours heureux. Les images n'en sont pas moins sublimes, et au milieu, comme toujours dans le cinéma australien, les personnages semblent autant écrasés dans leur pays que cocounés en son sein. Toute l'ambivalence d'une terre magnifique mais dangereuse, à la réalité solide transformée par la magie aborigène où les ambitions personnelles peuvent mettre à mal une histoire d'amour old fashion. Histoire d'amour crédibilisée par une Nicole Kidman et un Hugh Jackman aussi beaux qu'impeccables. On connaît la faculté de Luhrmann à sublimer les couples et à les transformer en icones s'imprimant avec délectation sur la rétine. Laissant légèrement de côté les images déconstruites et recomposées (même si son style reste intact), il s'approche ici de l'esthétique technicolor du gigantesque Autant en emporte le vent.

 

Crise d'identité

 

Une référence immédiate dont il évoque les plus grands moments autant dans ses morceaux de bravoures (séquences épiques à cheval, bombardement de la ville de Darwin) que dans son imprégnation de la petite histoire dans la grande. Au milieu de ce grand spectacle jouant avec habileté sur les clichés avec connivence, Australia est aussi l'exploration de l'une des dérives les plus graves du pays : la génération perdue. Des milliers de jeunes métisses, embarqués sans discernement dans des missions religieuses soit disant pour les protéger, en vérité pour les parquer loin de leurs pères illégitimes de peur que les « nègres » envahissent la bonne société blanche. Un scandale présenté sans détour et qui donne une réelle puissance au récit, grâce au personnage de Nullah, gamin en quête d'identité et futur shaman, qui va devenir le ciment du couple de star. Entre l'anglaise, l'australien profond et le fils d'aborigène, ce n'est pas seulement la constitution d'une nouvelle famille, mais bien le portrait émouvant des constituantes principales de la communauté australienne. Un vrai film fort, populaire et chaotique donc, où Baz Luhrmann achève de prouver que la reconstitution de la réalité est la meilleure façon d'approcher la beauté du monde.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

 

 

 

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Image :

Mélange azimuté de plans de grands espaces, de compositions numériques et de teintes façon Technicolor, Australia voit sa photographie particulière ici boostée par des couleurs soutenues et des contrastes parfaitement marqués. La compression fine et invisible laisse place à des plans subtilement lisses, tout en livrant doucement un léger grain naturel. Pas grand-chose à reprocher à la copie si ce n'est quelques passages manquant de relief, mais l'effet n'est pas à reprocher à l'éditeur.

 

Son :

Si la version française n'est restituée que dans une piste DTS mi-débit, elle montre clairement une belle amplitude et un relief agréable malgré l'habituel effet aplatissant du doublage. Mais clairement le grand spectacle est ici livré par le DTS HD Master Audio anglais offrant une dynamique extrêmement soutenue, soulignant l'aspect « bigger than life » du métrage. La spatialisation est optimale et toutes les sources sont retranscrites avec une clarté optimale, autant dans les petits moments de poésie que dans les chevauchés héroïques.

 

Interactivité :

Franchement, à jeter ainsi un petit coup d'œil sur l'interactivité proposée pour un film comme Australia, on peut craindre de rester sur notre faim. En particulier si l'on commence par la featurette  Australie : Le Peuple, l'histoire, le lieu qui traduit brièvement les ambitions du film et son rapport à la grande histoire avec une voix féminine désincarnée et un ton ultra promotionnel. Pour les quelques images des actualités d'époque seulement... Le reste se montre en revanche bien plus intéressant. A commencer par deux scènes coupées certes inutiles à la trame principale mais qui dévoilent deux petits moments de comédie réjouissants et inédits. Le plat de résistance reste sans difficulté les longues coulisses découpées en neuf segments présentés par le réalisateur. D'anciens podcasts qui trouvent ici une vraie amplitude avec une image HD et une réalisation et une photographie de grande qualité (c'est rare), s'intéressant tour-à-tour aux décors, aux costumes, à la photographie, au montage, aux photographes de plateau (l'un d'eux est tout bonnement impressionnant). Un peu didactique certes, mais précis et passionné. On regrettera tout logiquement l'absence de commentaire audio du réalisateur et/ou des deux acteurs ainsi que d'un vrai documentaire au jour le jour sur le tournage... Sans oublier qu'un document sur la question des aborigènes aurait pu apporter un peu d'eau au moulin.

 

Liste des Bonus : Deux scènes inédites (2'), Australie : Le Peuple, l'histoire, le lieu (7'), Dans les coulisses (71'), Bandes-annonces.

 
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