SYLVIE ET LE FANTôME
France - 1946
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Image de « Sylvie et le fantôme »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Claude Autant-Lara
Musique : René Cloërec
Image : 1.33 4/3
Son : Français mono
Sous-titre : Aucun
Durée : 90 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 10 juillet 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Sylvie et le fantôme »
portoflio
LE PITCH
Sylvie réside dans le château de son père, un baron ruiné. Fascinée par le portrait d'un jeune chasseur qui se fit tuer par amour à l'âge de 20 ans, la jeune femme ressuscite miraculeusement le spectre du malheureux. Pour ses seize ans, son père engage un jeune homme pour jouer le rôle d'un fantôme. Très vite, les quiproquos s’enchaînent…
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Ambiance "vieille france"

Inédit en DVD, Sylvie et le fantôme est considéré comme un classique du cinéma français d'après guerre. Comédie de château à la poésie désuète et semi-fantastique, ce film longtemps laissé aux oubliettes est signé Claude Autant-Lara, chantre certes talentueux d'un vivace cinéma de papa mais également personnage trouble et rétrograde, aux prises de position plus que discutables. Eclairage.

Inspirée d'une pièce de théâtre du dramaturge Alfred Adam, Sylvie et le fantôme dégage un charme d'une autre époque ; un charme dépassé, poussiéreux, mais souvent plaisant et chaleureux. Une jeune châtelaine (Odette Joyeux) provoque sans le savoir la renaissance de l'ectoplasme d'un chasseur défunt (Jacques Tati). Alors que s'enchaîne une série d'événements paranormaux chamboulant le quotidien de la vaste demeure aristocratique, le géniteur de Sylvie engage un jeune acteur (François Périer) censé incarné un fantôme de pacotille le temps d'une fête d'anniversaire. C'est le début d'un chassé-croisé comique et poétique mêlant une réalité déguisée aux vestiges ésotériques du passé. D'emblée, on savoure toute une armada d'effets-spéciaux un poil datés. Dans un décorum vaste et parsemé de cachettes, de chausse-trapes et de portes dérobées, Autant-Lara s'en donne à cœur joie pour semer le trouble et le doute chez ses personnages. Le scénario compose une succession de quiproquos comiques, de mises-en-situation décalées et pittoresques. Dans la peau du spectre mélancolique, Jacques Tati fait des merveilles. Sorte de Pierrot lunaire à la dégaine dégingandée, amoureux meurtri aussi léger qu'une plume, il reste l'atout majeur du film. Et sa prestation toute en mimiques et en gestuelles laisse déjà présager son œuvre si singulière de cinéaste. On visionne souvent Sylvie et le fantôme avec des yeux d'enfant. Nous nous trouvons confrontés à un cinéma passéiste, une rêverie tendre et somnambule, mais totalement passée de mode (et ce malgré des costumes signés Christian Dior...). L'innocence et l'indulgence sont de mise. Enfin presque...

 

effluves nauséabondes


Le problème siège dans la personnalité même du réalisateur. Auteur de films légendaires désormais entrés au panthéon du cinéma français, à l'image du Diable au corps (adaptation fiévreuse du roman de Bernanos), de L'Auberge Rouge (brûlot anticlérical), de La traversée de Paris (comédie noire sous fond d'occupation allemande) et d'En cas de malheur (opposant Gabin à une Brigitte Bardot légèrement vêtue), Claude Autant-Lara (aujourd'hui disparu) demeure un cinéaste à l'odeur de souffre. Grand admirateur de Méliès, il fut l'un des tous premiers cinéastes hexagonaux à recourir aux effets spéciaux (en utilisant les procédés révolutionnaires de l'anamorphose, de l'hypergonar et du cinémascope). Exilé un temps à Hollywood, il reviendra en France pour y livrer une œuvre populaire, voire populiste, teintée d'humour noire, souvent provocatrice, amère et anticonformiste. Comme il le dira lui-même plus tard : « si un film n'a pas de venin, il ne vaut rien ». Ses prises de position et son côté frondeur en feront l'un des principaux ennemis des chantres de « La Nouvelle Vague », à l'instar de Jean-Luc Godard et surtout François Truffaut qui dénoncera sans tarder ses aspirations tendancieuses et réactionnaires. Pis, Autant-Lara ralliera, à la fin de sa vie, les rangs du Front National. Sous ce prisme, il reste délicat d'évaluer objectivement son œuvre, tant certains de ses propos et de ses engagements dénaturent voire ternissent une vision artistique souvent intéressante, voire novatrice, mais très franco-française et à bien des égards embarrassante et dérangeante.

Gabriel Repettati






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Image :
Le dépoussiérage numérique est particulièrement bien exécuté. La haute-définition convient merveilleusement à cette comédie spectrale. Les apparitions floutées du fantôme, le vaste château composant un personnage à part entière... Le rendu visuel est impeccable.

 

 


Son :
Un respectable son en mono. Les dialogues, la bande-originale, les bruitages et autres effets de manche demeurent d'une autre époque mais la technique les sert avec intelligence.

 

 


Interactivité :

En plus de bandes-annonces et de quelques notes de production, cette édition DVD comprend un double-entretien avec un historien du cinéma et un administrateur de production. Les deux interviewés reviennent sur les conditions d'un tournage qui se déroula pendant la guerre (le film est sorti immédiatement après-guerre). Ils nous apprennent également que Sylvie et fantôme bénéficia alors d'un budget confortable, pour ne pas dire conséquent et examinent sous un angle nouveau l'art et la carrière controversés de Claude Autant-Lara.

Liste des bonus : « Sylvie et le fantôme » racontée par Jean-Jacques Paulvé (administrateur de production) et Jean Ollé-Laprune (historien du cinéma), notes de production, bandes-annonces.

 
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