LE GRAND MAGICIEN
The Great Magician / Daai mo seut si - Hongkong /Chine - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Le Grand Magicien »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Derek Yee
Musique : Léon Ko
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 128 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 7 août 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Grand Magicien »
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LE PITCH
Au début des années 20, Pékin est le théâtre des affrontements entre les seigneurs de la guerre et les révolutionnaires. Virevoltant au coeur de cet univers chaotique, des centaines d’artistes sont prêts à relever tous les défis pour se faire un nom. Parmi eux, un mystérieux magicien impose sa suprématie le jour où il accomplit un tour réputé irréalisable. Sa renommée grandissante provoque de vives tensions entre les généraux assoiffés de pouvoirs.
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Prestidigitateur

A force de catastrophiques Insaisissables ou de tortueux Le Prestige, le spectateur en oublierait presque que le but premier de la magie est d'émerveiller et d'amuser. Avec une certaine nostalgie et une naïveté rayonnante, Le Grand Magicien sort à nouveau de son chapeau quelques lapins, cache des bijoux derrière l'oreille et jongle avec un feu qui ne brule pas.

Réalisateur de polars carrément recommandables comme One Nite in Mongkok ou Shinjuku Incident, Derek Yee (ou Tung-Shing Yee) délaisse un temps les décorums sombres et urbains pour livrer un Grand Magicien des plus inattendu. Un divertissement fantasque qui pourtant garde en ligne de mire une même élaboration de détournements des apparences, mais où ici l'écran de fumée est littéralement provoqué par un impeccable Tony Leung Chiu Wai, véritable incarnation chinoise de Houdini. Dans les décors somptueux d'un Pékin des années 20, le film combine fresque historique, embryon de guerre civile, grands complots et romantisme exacerbé, mais avec une décontraction toute locale qui transforme immédiatement chaque séquence en une farce réjouissante, parfois lourdingue, mais agréablement divertissante. Surtout que des acteurs de la trempe de Ching Wan Lau (Mad Detective, Running Out of Time) se prêtent admirablement au contre-emploi, jubilant dans un surjeu excessif, survolté qui retrouve par les expressions, les mouvements, l'immédiateté du slapstick.

 

esbroufe


Et cette proximité avec l'esthétique et le rythme des comédies du muet, est entièrement voulu, le réalisateur accumulant les clins d'œil aux pionniers du cinématographe avec quelques mise en abymes (les films dans le film) ou des jeux d'ombres qui, mêlée avec les tours de passe-passe et illusions attendues (trop d'images de synthèse cependant) impose une vision proche de celle de Méliès. De très belles et amusantes séquences où tout n'est que tromperie et détournement comme lorsqu'un manuel magique s'envole, tiré par des filins transparents ou que les prouesses d'arts martiaux reposent essentiellement sur des chausse-trapes ou une mise en scène chorégraphiée par le Grand Magicien du titre. Rien n'est vrai, rien n'est ce qui paraît au premier abord, comme le méchant identifié qui se révèle un trublion chaleureux et attachant, ou la romance initiale qui se détourne en marivaudage aux sous-entendus presque libertin. Rien n'a vraiment d'importance donc, ce qui explique sans doute le coté chaotique de l'entreprise, les dispersions et les longueurs... un peu à la manière (toutes proportions gardées) du superbe Festin Chinois de Tsui Hark (ici en caméo dans la défroque d'un vieux général hystérique) là aussi grosse production fédératrice mise en boite pour fêter le Nouvel An chinois. Même si parfois le gimmick use de très grosses ficelles et recycle quelques tours déjà-vu, la volonté d'offrir un spectacle faste et complet plutôt qu'un prestige ampoulé, séduit l'âme d'enfant du spectateur. Un très bon moment.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Grand débordement coloré et contrasté, Le Grand Magicien ébaudit par sa palette de couleurs vives et chatoyantes, largement mises en valeur par des noirs impérieux et une lumière douçâtre mais précise. Un master impeccable, extrêmement précis qui ne montre au final ses limites que dans le trop grand lissé des quelques images de synthèse et des arrières plans qui manquent sans doute d'un soupçon de piqué.

 


Son :
Accompagnant à merveille le moindre tour de magie, le DTS HD Master Audio 5.1 s'imprègne de la dynamique des effets de fumée, des flammes virevoltantes et des applaudissements de la foule en jouant sur une spatialisation énergique, généreuse, mais toujours précise dans ses débordements. Pas de soucis du coté des dialogues en Mandarin qui s'intègrent clairement à la bande sonore, au cotés d'une musique parfois un peu détonante. La version française, trop timide, ne convainc pas franchement par contre.

 


Interactivité :
Et hop un petit making of, c'est toujours bon à prendre sur le Blu-ray d'un film chinois (souvent assez vide). Plutôt sympathique, il montre quelques images de tournage avec une troupe d'acteurs plutôt collégiale et détendue, un cinéaste très proche, quelques prises ratées, le tout arrosé d'interviews très polies de tout ce petit monde... La palme allant à Tony Leung, cherchant constamment le meilleur moyen de passer un peu de savon à son voisin. Forcément tout cela ne nous apprend absolument rien, si ce n'est que le réalisateur est exceptionnel, les acteurs fantastiques et le film une grande réussite.

Liste des bonus : Les coulisses du film (24'), Bandes-annonces.

 
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