G.I. JOE CONSPIRATION
G.I. Joe: Retaliation - Etats-Unis - 2013
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « G.I. Joe Conspiration »
Genre : Action
Réalisateur : Jon M. Chu
Musique : Henry Jackman
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby True HD 7.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, espagnol, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 123 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 31 juillet 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Après avoir été trahie et décimée par une organisation terroriste, l’équipe des GI Joe réalise que le gouvernement a été infiltré et que notre monde est au bord de la destruction. Sans alliés, sans renforts et sans personne à qui se fier, Roadblock et ses GI doivent identifier l’ennemi pour tenter de sauver notre civilisation. Ils font alors appel à celui qui a donné son nom à leur corps d’élite : Joe Colton…
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I used to be an action figure

Licence ayant fait les grandes heures de plusieurs générations de gamins avides aux travers de jouets on ne peut plus célèbres, mais aussi de comics et de séries d'animation, les « Real American Hero » reviennent sur grand écran dans un opus qui a définitivement oublié son âme d'enfant.

Le monde actuel est ainsi fait, que dans les coulisses du cinéma américain, une société de jouets ayant largement fait son beurre dans les années 80/90, commande désormais quelques blockbusters décérébrés entièrement dédiés à sa cause. Et attention, chez Hasbro c'est du lourd : la saga Transformers (beaucoup de remontées acides tout de même), Battleship et le premier G.I Joe, intitulé pour prévoir les futures suites, Le Réveil du cobra. A la rigueur, le très décomplexé essai de Stephen Sommers (La Momie, Van Helsing) fonctionnait partiellement dans sa démesure science-fictionnelle assumée et sa cohorte de séquences spectaculaires improbables en images de synthèse. Un film de gosse, chaotique, primaire, mais ne se prenant jamais au sérieux et réussissant même à donner à voir quelques personnages (figurines ?) habilement mis en valeur. Difficile malheureusement de retrouver une trace de cet esprit, voir même de cette décontraction dans le nouveau Conspiration, pourtant suite directe mais entièrement conçu par une équipe différente (exit les acteurs, le réal, les scénaristes...) donnant l'occasion de changer définitivement de chambre à jouer. Plus question d'avoir l'impression ici d'essayer la nouvelle collection de figurines avec leurs gadgets, Paramount fait machine arrière et fait atrocement de l'œil à la génération Call of Duty et autres jeux vidéo guerriers en mettant plein la gueule, mais idéologiquement douteux.

 

dispensables


Nos chers GI Joe sont donc désormais isolés, abandonnés de tous, obligés de retrouver l'utilité des poings dans la tronche, de la castagne bas du front et des formations paramilitaires. Dans un contexte apocalyptique (menace nucléaire globale traité avec une bêtise crasse), le film se prend qui plus est constamment au sérieux, tentant de faire vibrer la fibre patriotique à grand coup de fierté de bidasses et d'amitiés viriles absolument ridicules. Scénaristes de l'amusant Bienvenue à Zombieland, Rhett Reese et Paul Wernick glissent tout de même quelques blagounettes, au détour de quelques dialogues bien longuets, mais rien n'y fait, G.I. Joe Conspiration est un film d'action qui sent horriblement (volontairement ou involontairement) la publicité géante pour l'armée US, se rapprochant constamment d'un certain Top Gun et ses sourires émailles diamants. Triste. Tout autant d'ailleurs que les effroyables participations de deux icones du cinéma d'action en parfaite roue libre. D'un coté Dwayne Johnson star attachante mais dont finalement la trajectoire artistique se sera rapidement effondrée dans les bisseries bodybuildées, et Bruce Willis faisant office de vétéran en vacances, totalement à la masse, appuyant sa définitive descente aux enfers de la beauferie (entre ses taglines nazes dans Expendables 2 et le cauchemardesque Die Hard 5), les têtes d'affiches de G.I. Joe Conspiration semblent à l'étroit dans leurs pauses de sauveurs de les Etats-Unis d'Amérique.

 

opération ninjaaaaa


Au milieu de ce fatra déjà has-been, des castagnes armes aux poings singeant mollement John Woo, ou la charge héroïque finale quasiment illisible, le réalisateur spécialisé dans les dance-flick Jon M. Chu (Sexy Dance 2, Justin Bieber Never Say Never...) réussit tout de même à sauver une séquence. Une. Construit autour de trois trames scénaristiques extrêmement (trop ?) distinctes, le métrage change étrangement de ton dès lors qu'il s'intéresse aux ninjas Snakes Eyes (Ray Park, ex-Darth Maul), Storm Shadow (charismatique Byung-hun Lee) et Jinx (charmante Elodie Yung) virevoltant du coté des Bioman d'antan, voir des caricaturaux American Ninja (la prestation hasardeuse de RZA), mais avec une fraicheur pétillante. De cette vision totalement immature du cinéma d'art martiaux asiatique, naissent ainsi une dizaine de minutes enfin excitantes : au sommet de l'Himalaya, une armée de ninjas en rouge se jettent dans le vide sur les traces du couple de héros en pleine tyrolienne géante. Tous sortent leurs lames et s'organisent comme un balai aérien aussi factice (vive les fonts verts et la synthèse), mais finalement fluide, élégant, amusant et respectant temporairement l'esprit des vrais G.I. Joe : des jouets ultra articulés à qui les petits garçons font vivre des aventures ridicules mais réjouissantes.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
Le transfert proposé par Paramount pour le Blu-ray 2D (la 3D n'est qu'un gadget) est clairement un pur ravissement technique. Entre la précision de chaque instant qui révèle une masse de détails insoupçonnables sur les visages, les vêtements, les décors, les véhicules, et la palette de couleurs d'une vivacité rare, la HD fait ici carton plein. Les noirs sont indéboulonnables, les contrastes tranchants, la lumière éclatante, la profondeur de champs sidérante, et le tout est combiné avec harmonie et puissance.

 


Son :
Vraiment dommage que le film soit aussi anecdotique lorsque l'on se rend compte de la précision déployée par l'éditeur pour en faire une démonstration technique de chaque instant. Même effort donc du coté de la piste audio anglaise Dolby True HD 7.1 qui se montre si électrisante, explosive et massive qu'en fermant les yeux le spectateur se croirait face à un film d'action maitrisé. La balance est optimale, l'ouverture on ne peut plus généreuse et la dynamique rebondit entre les différentes enceintes et les différentes sources sans jamais lâcher la barre. La version française Dolby Digital 5.1 se montre bien plus modeste, perdant en effets percutants, mais reste assez efficace tout de même.

 


Interactivité :
Décidément, l'éditeur croit dur comme fer à son bébé sous stéroïdes, proposant une longue liste de suppléments en tous genres. Mais attention, en France, ils sont répartis sur les deux galettes. Ainsi le DVD ne contient que le montage cinéma du film, mais accompagné de l'agréable commentaire audio du réalisateur et de son producteur, ainsi que trois featurettes promos. Le Blu-ray de son coté impose définitivement la version longue (plus de 120 minutes...), avec une poignée de scènes coupées disposées à part et surtout un imposant making of de presque une heure. Réparti en quelques chapitres thématiques, « Decryptage » retrace avec efficacité les différentes étapes du tournage, le choix des acteurs, la mise en place des cascades et des nombreux fonds verts... Sauf que irrémédiablement surnage dans les propos de chacun (en particulier le producteur Lorenzo di Bonaventura) un esprit commercial prépondérant et la considération de l'industrie filmique comme un simple produit dérivé. Gênant.

Liste des bonus : Scènes inédites (HD), « G.I. Joe : Décryptage » (HD), Commentaire audio de John M. Chu et Lorenzo di Bonaventura, « Le vrai visage du mal », « Le son du silence », « Frères d'armes », Bandes-annonces.

 
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