LES ENFANTS LOUPS - AME ET YUKI
Okami kodomo no Ame to Yuki - Japon - 2012
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Mamoru Hosoda
Musique : Masakatsu Takagi
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 115 minutes
Distributeur : Kazé
Date de sortie : 5 juin 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Hana et ses deux enfants, Ame et Yuki, vivent discrètement dans un coin tranquille de la ville. Leur vie est simple et joyeuse, mais ils cachent un secret : leur père est un homme-loup. Quand celui-ci disparaît brutalement, Hana décide de quitter la ville pour élever ses enfants à l'abri des regards. Ils emménagent dans un village proche d'une forêt luxuriante…
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Rêverie bucolique

Après la frénésie naïve du magnifique La Traversée du temps et la virtuosité graphique du magistral Summer Wars, Mamoru Hosoda revient avec Les Enfants loups : Ame et Yuki, une œuvre au rythme beaucoup plus posé, mais à l'ambition démesurée, qui par sa beauté et son époustouflante poésie fait définitivement entrer Hosoda parmi les plus grands cinéastes d'animation de notre époque.

Dès le départ, Les Enfants loups est un pari un peu fou pour le réalisateur. Tout d'abord, parce que celui-ci s'essaye, pour la première fois, à un récit d'envergure, en dressant le portrait d'une famille d'hommes-loups sur une quinzaine d'années, tandis que jusqu'alors il n'avait raconté que des histoires denses mais très brèves, étalées sur quelques jours tout au plus (trois jours pour Summer Wars et une journée, certes répétée à l'infini, mais une seule journée quand même pour La Traversée du temps). Avec ce nouveau film, Hosoda se devait donc de penser la transformation psychologique de cette famille au fil de la croissance de leurs deux enfants aux facultés si particulières, mais aussi et surtout de la matérialiser de façon crédible à l'écran. Ensuite, Les Enfants loups est un pari osé parce qu'avec ce film le réalisateur bouleverse radicalement son esthétique et donc sa mise en scène résolument modernes, afin d'opter pour un savant mélange entre animations traditionnelles, à partir de dessins fait à la main, et images de synthèses. Cette volonté artistique que l'on a pu apprécier dernièrement dans des œuvres comme Arriety d'Hiromasa Yonebayashi, affecte ainsi la mise en scène et le montage habituellement tonitruante du cinéaste et donc le rythme qui devient plus calme. Toutefois, le cinéaste s'autorise quelques séquences d'une virtuosité absolument jouissive comme le plan séquence qui suit les années scolaires passer en avance rapide, ou encore celle en vue subjective du louveteau qui traverse la forêt enneigée. Plus enclin à la contemplation, chaque image gagne alors une puissance picturale renversante et se charge ainsi d'une dimension poétique réellement ahurissante. Ce qui n'est pas pour déplaire au sujet du film, tant ici cette expérimentation esthétique sublime le récit. Car en effet, s‘il y a une chose dans cette nouvelle œuvre sur laquelle le cinéaste ne revient pas c'est son approche du fantastique.

 

Réalisme magique


Dans La traversé du temps, le réalisateur traitait avec beaucoup de subtilité du voyage dans le temps et de l'importance de l'art dans le devenir de la civilisation, deux sujets à la foi très adultes et fantastiques, et ce à travers le destin d'une jeune adolescente écervelée éperdument amoureuse d'un de ses meilleurs amis. Dans Summer Wars, par son traitement de la réalité virtuelle et donc de l'élément «fantastique », à travers le destin de ce jeune homme obligé de se faire passer pour le fiancé d'une inconnue, l'approche s'avère similaire. Il en est de même dans Les Enfants loups, puisque le traitement du fantastique (l'existence légendaire des Hommes-loups) se déploie à travers un récit beaucoup plus réaliste, dramatique et complexe dont les thématiques majeures sont la gestion du deuil, la dureté de la vie d'une mère célibataire, ou encore la relation qu'entretient l'homme avec la nature sauvage. Ce mélange crée ainsi une ambiance à mi-chemin entre drame et conte de fée, telle que celle que l'on trouve dans les films du Studio Ghibli et plus particulièrement dans les films du grand Miyazaki. Et c'est justement cette ambiguïté que l'esthétique employée ici transcende magistralement. Dès les premières images, qui nous emplissent d'une émotion incommensurable, on réalise alors à quel point le nouveau film d'Hosoda va être un choc, une expérience mémorable. Baignés par des couleurs somptueuses, un trait subtil et harmonieux, ainsi qu'une musique enchanteresse, nous assistons à la rencontre fantasmée des deux êtres. Puis la narration prend le pas sur l'émotion et nous sommes projeté dans le récit de la vraie rencontre de ces deux personnages, mit en scène avec une pudeur déroutante. Et bientôt, la rencontre laisse la place à la relation et à la vie de famille que ces deux jeunes gens construisent, ponctuée de moments de grâce, comme cette magnifique séquence où le jeune homme révèle à sa bien-aimée la malédiction dont il est affublé, qui apparait comme un des plus magnifiques moments de cinéma de l'année 2012 et une des plus belles transformation en loup-garou sur grand écran.

Quentin Boutel














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Image :
Comme le veut la coutume, film d'animation récent et travaillé numériquement, Les Enfants Loups s'installe avec brio sur son Blu-ray, profitant d'un encodage 1080p pour en mettre plein la vue avec une définition redoutable, des contrastes acérés et une vivacité de couleurs absolument renversante. Cette précision musclée permet de souligner la superbe des animations mais aussi et surtout l'émerveillement que provoquent les sublimes décors. Les vues pointilleuses observeront un léger décrochage sur le ciel bleu lors des jeux dans la neige, avec quelques artefacts sur la partie haute, mais difficile de l'imputer à l'éditeur, il semblerait que cela soit du au master d'origine.

 


Son :

Kaze propose avec élégance du DTS HD Master Audio 5.1 en japonais et en français. Si la version originale affiche un plus grand naturel, il est à noter que (cela devient trop rare) le doublage français est assez réussi, juste et capable de véhiculer lui aussi l'émotion du film. Une bonne surprise donc, surtout que les mixages sont particulièrement généreux, suivant avec délicatesse les élans poétiques du métrage, portant les ambiances urbaines d'un coté, bucoliques de l'autre, mais avec une profondeur d'enveloppement particulièrement savoureuse (les séquences de pluie, mirifiques) tout en apportant un dynamisme incroyable lors des scènes de chasses ou de jeux entre les deux enfants. Parfait dans tous les cas.

 


Interactivité :
Le Blu-ray ne contient qu'un seul et unique bonus : un commentaire audio du réalisateur accompagné par les doubleurs originaux. Le premier ne se montre pas des masses loquaces, pendants que les autres prennent de la place le plus souvent pour faire des remarques peu constructives, ni passionnantes. Pour trouver d'autres suppléments, il faut se tourner vers l'édition Collector comprenant en plus le DVD du film, quelques goodies (la novélisation signé Hosoda en personne, des cartes postales) et un DVD de bonus. Ces derniers se montrent cependant anecdotiques avec une trop longue tournée promo et une interview polie du cinéaste. L'objet par contre est bien entendu très alléchant.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur et des acteurs, Bandes-annonces.

 
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