L'ECHANGE
Changeling - Etats-Unis - 2008
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Genre : Drame
Réalisateur : Clint Eastwood
Musique : Clint Eastwood
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais en DTS Master Audio, Français DTS
Sous-titre : Français, anglais, italien, allemand…
Durée : 141 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 2 juin 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L'Echange »
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LE PITCH
Los Angeles, 1928. Christine Collins (Angelina Jolie) élève seule son fils. Un matin, elle se rend au travail, mais quand elle rentre à la maison, celui-ci a disparu. Après cinq mois de recherches, la police lui ramène un petit garçon… mais ce n’est pas son fils. Sans relâche, cette mère va tenter de faire éclater la vérité, révélant des institutions rongées par la corruption.
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Longtemps considéré comme un cinéaste viril, adepte du portait d'hommes qui en ont des grosses, Clint Eastwood a depuis Sur la route de Madison, puis avec Million Dollar Baby, prouvé qu'il ne manquait pas de sensibilité féminine. Avec L'Echange, il confirme son amour de l'autre sexe en offrant à Angelina Jolie son plus grand rôle.

 

Dernier grand monstre du cinéma hollywoodien classique, Clint Eastwood n'a de cesse, de film en film, de perfectionner ses ambitions formelles. Mais une telle recherche du cadre juste, de la construction picturale évidente a sans doute eu tendance après Million Dollar Baby à décliner vers une distanciation, n'éprouvant certes pas le régal plastique mais éreintant l'impact émotionnel. En reprenant à son compte le scénario de J. Michael Straczynski (Babylon 5) basé sur des évènements réels, le génie d'Impitoyable continue à triturer l'histoire peu avouable de sa nation, mais retrouve un matériau lui permettant de renouer avec le grand mélodrame. Une histoire profondément tragique et émouvante autour du combat inégal d'une « simple » femme pour retrouver son enfant disparu, que le cinéaste illustre avec une délicatesse rare. Manifestement attendri (et comment pourrait-il en être autrement) par cette pauvre Christine Collins, il reste pourtant a distance avec tout sentiment de pathos et ne tire jamais laborieusement la larme, laissant alors une étonnante Angelina Jolie démontrer pour la première fois des talents d'actrice insoupçonnables.

 

Lost americana

 

Timide, discrète, tout en colère et émotions contenues, elle arrache le cœur d'un simple regard, d'une simple attitude avec un naturel désarmant. Une performance qui trouve clairement écho dans un casting impeccable et solide, permettant même à John Malkovitch de retrouver une élégance perdue ces dernières années dans le cabotinage irritant. Un drame sensible et violent qui s'ancre, et c'est là sans doute sa plus grande force, dans le décorum d'une Amérique perdue dans ses contradiction, d'une civilisation encore chaotique où les représentants de la justice et de l'ordre règnent dans le totalitarisme et la corruption. Un Los Angeles vérolé par une police expéditive et malsaine, que l'on approchera forcément de la vision documentée du romancier James Ellroy (Le Dahlia Noir, L.A. Confidential), où ce petit bout de femme va devoir se débattre pour préserver ses convictions et sa force. Moins un « film dossier » qu'une épreuve à échelle humaine, L'Echange est aussi un film sur le chaos d'un temps et d'un lieu tout en préservant un ton universel, qui brouille les pistes et les repères au fur et à mesure d'une enquête déroutée par la multiplication des perceptions.

 

Le grand nulle part

 

Ici la construction à l'ancienne et maîtrisée du vieux cowboy se prend à jouer la carte de l'inquiétante étrangeté, presque du fantastique. Un angle inattendu, en particulier dans sa manière de présenter le « faux-fils », sorte de fantôme quasi-muet doublant celui de l'enfant absent, d'accumuler inserts subtilement évocateurs lors de l'arrivée du policier dans une ferme peu accueillante, de frôler les murs de l'asile psychiatrique où la jeune femme est enfermée pour la faire taire... Le cauchemar de la situation initiale se double alors de l'irréel d'un monde chaotique. Ces nombreux chemins de traverse, couplés à une accumulation de rebondissements scénaristiques, perdent parfois en intensité et en naturel mais se rattrapent rapidement au détour d'un gros plan sur Angelina Jolie, d'une mélopée de piano par Eastwood himself, du portrait en creux du tueur d'enfants... Un personnage aussi haïssable que pathétique qui explose à l'écran lors d'une scène d'exécution par pendaison à la limite du supportable. Sublime, hésitant, généreux et crépusculaire, L'Echange à parfois cette volonté de trop faire, de tout embrasser, mais passionne et marque irrémédiablement.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

 

 

 

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Image :

La reconstitution de l'Amérique du début du XXième siècle passe forcément par un travail probant sur la photographie. Mais le travail de Tom Stern évite le cliché pour apporter par petites touches un travail lumineux et des teintes ocres légèrement passées. Sur une télévision HD le résultat est plus que probant d'autant que l'encodage VC-1 1080P assure un naturel de chaque instant. Les couleurs sont douces mais soutenues, les contrastes finement ciselés et la compression invisible. Le film étant construit à l'ancienne et sur pellicule, certains regretteront un relief en retrait par rapport au standard des productions hollywoodiennes actuelles, mais c'est là l'un des signes de la patte Eastwood. Un master magistral.

 

Son :

L'Echange ne fait franchement pas dans le gros son, pourtant la piste anglaise DTS HD Master Audio s'affiche comme l'une des plus belles que l'on a pu entendre. Tout en subtilité, le mixage retranscrit pleinement la vie foisonnante des années 1920 avec une fluidité constante et bluffante. Elle donne aussi à la bande originale, signée Eastwood en personne, une vraie puissance émotionnelle sans jamais recouvrir la dynamique globale et les dialogues frontaux. Un dépaysement complet, sans doute un peu moins soutenu pour la version française (relativement bien doublée) avec un DTS mi-débit tout de même plus qu'honorable.

 

Interactivité :

C'est bien, les nouvelles options HD. Le Picture-in-Picture d'Universal (chaque éditeur ayant lancé son propre nom qui pète) permet de visionner quelques segments inédits pendant le film. Ici il faut faire le choix parmi trois options : des bouts de making of, des comparatifs entre les Los Angeles de 1928 et de 2008 et des infos historiques sur les vrais évènements. Très intéressant certes, mais inaccessible indépendamment du visionnage du film... Un petit peu décevant d'autant que les documentaires présentés séparément se montrent d'une vacuité constante. Ente les interviews brèves du réalisateur, des acteurs, d'une technicienne et du producteur, on reste le plus souvent en surface avec quelques propos très promotionnels et bien trop brefs pour éclairer véritablement les secrets d'un métrage que l'on aurait adoré voir décortiqué plus avant.

 

Les Bonus : PIP : Interviews et coulisses du tournage, PIP : Los Angeles de 1928 à aujourd'hui, PIP : Documents et images d'archives, Les Coulisses du tournage (13'), Quand Angelina Jolie devient Christine Collins (5'), Bandes-annonces.

 
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