LES TROIS VISAGES DE LA PEUR
I tre volti della paura - Italie, France, Etats-Unis - 1963
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Les Trois Visages de la peur »
Genre : Horreur
Réalisateur : Mario Bava
Musique : Roberto Nicolosi
Image : 1.85 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 18 avril 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Trois Visages de la peur »
portoflio
LE PITCH
Boris Karloff vous invite à suivre trois récits de terreur. Dans le premier Rosy passe une nuit particulièrement éprouvante, harcelée au téléphone par un inconnu lui annonçant sa propre mort. Dans le second un vampire prend les traits de la personne aimé pour hanter la campagne slave. Dans le dernier, Miss Chester va découvrir qu’il ne faut jamais voler la bague d’une morte...
Partagez sur :
La preuve par trois

Après quelques passages en DVD (le dernier chez Montparnasse), Les Trois Visages de la peur, devient grace à Le Chat qui fume un superbe combo Bluray / UHD avec une toute nouvelle restauration 4K exclusice. Une sortie évènement pour l'un des plus beaux et terribles film du grand Mario Bava.

 

C'est à croire que rien ne résistait alors à Mario Bava. Ordonnateur de l'horreur moderne (La Baie sanglante), créateur du giallo (6 femmes pour l'assassin) et de l'horreur sadique (son plus grand film, Le Corps et le fouet), il s'essayait avec Les 3 visages de la peur à l'exercice casse cou du film à sketches. Une véritable mode au début des années 60 (la Hammer en sort minimum un par an) mais qui se résumait le plus souvent à une bonne dose de remplissage pour, au maximum, un récit efficace. Nourri de la littérature classique, Bava en profite alors pour se lancer dans l'adaptation de trois nouvelles de Tchekhov, Tolstoï et Maupassant à même justement de lui permettre d'explorer trois visions différentes, et complémentaires de l'horreur au cinéma. En résulte une sorte de compilation / best of de sa filmographie (Psycho killer à la Hitchcock, gothique outrancier et fantastique pur et dur) où chaque séquence, chaque plan, chaque seconde respire le génie. Finement ciselé, le cadre de l'image est ici toujours le lieu d'une composition picturale d'une beauté infinie et macabre. Mais cette esthétique virtuose, qui est bien entendu la signature du cinéaste auquel un certain Dario Argento n'a cessé de se reporter, n'alourdit heureusement jamais l'efficacité des segments.

 

Plic ploc, plic ploc

 

Jamais expédiées, ces petites histoires d'horreur réussissent, malgré leur appartenance complète au genre, à prendre le temps de présenter des personnages habités (Michèle « Angélique » Mercier est impressionnante) et surprennent aujourd'hui encore  par la terreur qu'elles dégagent. Un sentiment qui va crescendo jusqu'au cultissime sketch final. Référence immuable de l'horreur par le simple pouvoir de suggestion, La Goutte D'eau, risque de retourner l'estomac des petits habitués de l'horreur nouvelle génération. Le visage d'une morte, l'écho d'une goutte d'eau qui tombe au fond de la baignoire, une lumière qui saute... Pas gore pour un sou, mais parsemé d'images de terreur absolue, le segment démontre (mais en avait-on vraiment besoin ?) que le cinéma de Bava reste encore aujourd'hui d'une modernité visionnaire. Un cinéaste qui n'a jamais caché son amour du cinéma populaire, et semble ici s'amuser comme un petit fou avec son casting de rêve et ses filtres de lumière bariolés. S'ajoute à cela une connivence appuyée avec le spectateur (tout ceci n'est en définitive qu'un film) retransmise par l'immense Boris Karloff en personne (Frankenstein), cabotin au possible dans un final surprenant et potache. Un film de bava, c'est mieux que des montagnes russes.

Nathanaël Bouton-Drouard





 

 

Partagez sur :
 

Image :

Présenté dans son montage européen, soigneusement restauré en 4k par la Cinémathèque de Bologne et en exclusivité mondiale sur support Ultra H-D, Les Trois Visages de la Peur n'aura donc jamais été aussi beau. Les premiers regards sont bien évidemment braqués sur les couleurs, composante essentielle du cinéma de Mario Bava. Le transfert opte pour le respect, sans bidouillage visant à accentuer la colorimétrie. Le résultat est équilibré, avec des teintes vibrantes mais jamais envahissantes, la profondeur des noirs faisant ressortir les effets les plus extrêmes. La définition laisse transparaître un grain discret, presque velouté, qui ne trahit pas la source argentique du film. L'UHD apporte un supplément de définition en comparaison d'un blu-ray déjà très soigné et creuse l'écart sur les textures des costumes et les gros plans sur les visages des actrices. Quelques accidents de pellicule sont passés entre les mailles du filet mais leur présence renforcent encore davantage le charme, l'élégance et la nostalgie qui se dégagent de cette copie de référence.

 

Son :

Deux pistes stéréo très frontales se disputent la préférence des audiophiles. Dans les deux cas, la propreté est de rigueur, sans la moindre trace de souffle, ni de saturation dans les aiguës, l'authenticité étant la priorité. La différence explose dans le mixage des dialogues. La version italienne est plus faible, avec des voix au timbre sensiblement plus artificiel. La version française domine sans l'ombre d'un doute avec un rendu plus chaleureux et plus « rond », et un doublage plus convaincant.

 

Interactivité :

Malgré tout le soin apporté aux suppléments (et avant de les aborder plus en détail), impossible de ne pas regretter l'absence du montage américain, supervisé par AIP, et qui contient des différences significatives, notamment dans la présentation des histoires, les effets horrifiques et même la colorimétrie de la photographie et les cadrages. On aurait bien aimé en profiter, même dans une copie de moindre qualité. Pas de traces non plus du commentaire audio enregistré par Tim Lucas, spécialiste du cinéma de Mario Bava. Dommage. Un choix qui s'explique essentiellement pour des raisons de droits. Mais il reste amplement de quoi contenter les cinéphiles exigeants. Dans un entretien très récent, c'est un Lamberto Bava toujours aussi généreux et affable qui partage ses souvenirs et parle des Trois visages de la peur comme étant l'un des films préférés de son père. Gérald Duchaussoy et Romain Vandestichele proposent ensemble une analyse approfondie et quasi-exhaustive de l'œuvre de Mario Bava en se servant des thématiques et des images fortes des Trois visages de la peur comme autant de portes d'entrée dans le dédale de la filmographie du maître. Le dernier segment, animé par Edgard Balitzer, se concentre plus précisément sur la production et le tournage du film. Trois bonus pour un long-métrage divisé en trois histoires, on ne pouvait pas souhaiter plus approprié.

Liste des bonus : Les 3 visages de Mario Bava, avec Gérald Duchaussoy et Romain Vandestichele (49 minutes) / L'histoire des 3 Visages de la Peur, avec Edgard Balitzer (34 minutes) / Le Visage de mon père, avec Lamberto Bava (16 minutes) / Bande-annonces

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021