SILENT HILL REVELATION 3D
France / Etats-Unis / Canada - 2012
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Silent Hill Revelation 3D »
Genre : Horreur
Réalisateur : Michael J. Bassett
Musique : Jeff Danna
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 28 mars 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Silent Hill Revelation 3D »
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LE PITCH
Depuis son plus jeune âge, Heather Mason a l’habitude de changer d’adresse très souvent avec son père. Sans vraiment savoir pourquoi, elle fuit. Pourtant, cette fois, elle est piégée. Pour sauver celui qui avait toujours réussi à la protéger et découvrir qui elle est vraiment, Heather va devoir affronter un cauchemar qui devient de plus en plus réel…Silent Hill.
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Inadapté

Après la sublime mais imparfaite adaptation produite par Samuel Hadida et réalisé par Christophe Gans de la célèbre licence de Konami, le producteur français est de retour avec ce second opus de Silent Hill, nommé pour l'occasion Silent Hill Revelation 3D, avec au commande cette fois l'inégal Michael J. Basset. Promettant aux fans monts et merveilles mais surtout une expérience cauchemardesque comme il n'en avait jamais vu, le réalisateur de Wilderness livre finalement une œuvre schizophrène où il arrive à parfaitement retranscrire l'ADN de Silent Hill. Pour ce qui est d'en faire un film, ça c'est une autre histoire.

Depuis quelques années maintenant cinéma et jeu vidéo tendent à se recouper, que ce soit sur le plan thématique mais aussi et surtout esthétique. Ne se limitant plus aux jeux des simples références, ou des analyses sur leurs fonctionnements mutuels (Avalon, Heavy Rain, etc.), les deux médias se nourrissent aujourd'hui l'un l'autre pour aboutir à des œuvres hybrides en perpétuelles mutations. Dans un cas comme dans l'autre il est toutefois une chose que le cinéma et les jeux vidéo n'arrivent pas à maitriser, l'adaptation. Que ce soit du cinéma vers les jeux vidéo (Terminator, Batman Begins, Indiana Jones, etc.), ou du Jeux vidéo vers le cinéma (Mario Bros, Mortal Kombat, Tomb Raider, Resident Evil, etc.), souvent motivé par un intérêt plus mercantile qu'artistique, jamais une adaptation n'a réussi à cerner l'âme/l'identité de l'œuvre initiale et à l'articuler autour d'un point de vue artistique novateur. C'est ainsi que la meilleure adaptation de Resident Evil reste surement à ce jour le [Rec] de Balaguero et Plaza. Mais, Silent Hill est un cas à part. Faisant date dans l'histoire du jeu vidéo, la saga de Konami fait partie de ses expériences vidéo-ludiques les plus hybrides et les plus traumatisantes. Inspirée de l'univers de Clive Barker, de Lovecraft, mais aussi de l'ambiance cauchemardesque de L'Echelle de Jacob d'Adrian Lyne, le jeu possède dans son ADN une forte dimension cinématographique que ce soit de par sa narration, son découpage, mais aussi et surtout sa portée symbolique et réflexive.  

 

montagnes russes


Signée Christophe Gans la première adaptation de Silent Hill était déjà une tentative risquée qu'il remporta toutefois haut la main, mais pas sans maladresses (froid, dernier quart explicatif bancale, etc.), créant une œuvre hybride capable de contenter les fans comme les néophytes et de les plonger dans un univers de cauchemar absolument renversant. Fermé sur lui-même, sans pour autant rejeter en bloc toute idée de suite, le film de Gans se suffisait à lui-même. L'annonce d'une séquelle était donc craint par les fans du jeu comme du film, d'autant que cette fois les commandes ont été laissées à Michael J. Basset (Solomon Kane, La Tranchée). S'ouvrant et se clôturant sur une fête foraine, Silent Hill Revelation 3D affiche clairement et immédiatement sa volonté d'entrainer le spectateur pour un ride endiablé sur un monumental manège de l'horreur. Construit comme un train fantôme doublé d'un grand huit, l'attraction Silent Hill Revelation 3D propulse à un rythme effréné le spectateur, séquence après séquence, de décors cauchemardesques en décors cauchemardesques, le tout sublimé par la direction artistique démoniaque d'Anthony A. Ianni. Nanti d'une 3D à couper le souffle, prolongeant l'espace déliquescent du film à la salle obscure tout en articulant un nombre incalculable d'idées de mise en scène toute plus folles les unes que les autres (chaque coup de couteaux des monstres transperce la rétine du spectateur), ce nouveau Silent Hill se révèle ainsi être une aventure ample et viscérale restituant avec minutie la dimension décadente de la série. Mais tout cela ne serait rien sans les magnifiques effets spéciaux, mais aussi et surtout le bestiaire monstrueusement inspiré que supervise Patrick [Je suis une Légende] Tatopoulos et qui font de ce Silent Hill Revelation 3D une adaptation on ne peut plus fidèle de l'univers de la saga. En effet, au début du film, l'héroïne fait à son père une remarque très intéressante sur le grand nombre de noms qu'années après années, cauchemars après cauchemars, ils ont collectionnés, structurant ainsi une réflexion sur l'insignifiance des héros propulsés dans l'horreur de Silent Hill. Seul compte le cauchemar, l'expérience atmosphérique. Ainsi, avec ce film Bassett a bien compris ce qu'était Silent Hill, en revanche ce qui fait l'âme de la saga, n'en fait pas forcément un film.

 

Bad trip


Au début du film, livrée à elle-même dans une nouvelle ville, l'héroïne se retrouve confrontée, l'espace d'un instant, à un paysage urbain désolé, à un environnement hostile pétri par la misère sociale et terreau des pires horreurs. Particulièrement intéressante cette scène introduit pour la séquence qui va suivre un cauchemar issu de cet espace urbain, l'arrière-boutique d'un centre commercial devenant le lieu d'une terrorisante chasse à l'homme que  L'Echelle de Jacob et particulièrement sa monstrueuse séquence dans l'hôpital ne renierai pas. Malheureusement, cette petite idée qui aurait pu savamment réinventer l'univers de Silent Hill et donc réinsuffler de l'intérêt dans cette nouvelle adaptation cinématographique ne sera jamais poursuite. Trop occuper à contenter le fan avide de clin d'œil en tout genre à la mythologie Silent Hill, tantôt de façon purement gratuite (le lapin sanglant, Heather et Harry Mason, l'apparition de Travis héros de Silent Hill Origins à la fin du film, etc.), tantôt de façon très iconique et particulièrement jouissive (le monstre mannequin inspiré du Boss de Silent Hill Homecoming, ou encore l'apparition de Pyramid head) et à essayer de copier/coller la narration du troisième volet de la saga, au mépris de toute les incohérence avec le premier film (le flashback ridicule où apparait Radha Mitchell), le film de Basset s'embourbe et perd finalement son identité, avant de plonger dans les méandres d'un scénario aberrant où toutes les informations se contentent d'être lancées. Après un imbécile résumé du premier film, la narration se débarrasse alors du spectateur en l'envoyant de pièce en pièce sans aucun liant, chaque dialogue, « joués» par des acteurs au somment du mauvais gout (Malcolm McDowell ridicule, Carrie-Anne Moss cabotine, quant à Kit Harington il est consternant), décrédibilisant à chaque fois un peu à peu plus l'intrigue. Finalement, à force de maitrise technique, l'œuvre de Bassett perd totalement de vu son but premier (trouver un équivalent cinématographique aux codes vidéoludiques de la saga) et donne la dérangeante impression à son spectateur qu'il prend davantage part à un jeu vidéo qu'a un film, sans pour autant qu'il puisse véritablement interagir ; lors de la séquence du talisman, on se surprend d'ailleurs à chercher le QTE...

Quentin Boutel
 

« Suite du film de Christophe Gans, presque le même constat : respect incroyable de l'univers du jeu, réalisation maitrisée, esthétique sublime, quelques séquences extrêmement marquantes et imaginatives... Mais un scénario toujours aussi foireux, des dialogues ridicules et un casting qui se dépatouille tout seul ».

3/6

Nathanaël Bouton-Drouard 



















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Image :
Comme toujours avec les films tournés et projetés en 3D, l'édition Blu-ray la plus complète s'efforce de proposer les deux visionnages (avec au passage un petit DVD qui traine). Souvent très proche, la question repose donc essentiellement sur la qualité de l'installation personnelle (télé 3D ou pas) et l'efficacité du relief par essence. Ici la réponse s'impose rapidement : autant pour son rendu de l'image que pour son implication, mieux vaut choisir la version 2D. Délicieusement saturée, construite autour de teintes admirablement définies (du glacial au très chaud), déjouant en général les risques d'un brouillard omniprésent et rebondissant sur des noirs parfaits, la galette n'affiche comme seuls défauts ceux du tournage en lui-même, et en particulier d'effets spéciaux numériques pas toujours fignolés dans les détails. Le Blu-ray 3D s'en sort un peu moins bien, affichant une profondeur très aléatoire. Précise et maniérée lors des premières bobines, elle perd clairement de sa superbe une fois arrivé dans la ville maudite (le brouillard toujours) et entraîne même quelques faiblesses de luminosité. Un peu décevant, surtout que le relief est ici souvent synonyme de « gros effets moches dans ta tronche » façon fête foraine, mais qui la plupart du temps font surtout office de gadget. Blu-ray 2D, définitivement.

 

Son :
C'est par contre le sans faute du côté des deux pistes DTS-HD Master Audio 5.1 qui imprègnent la pièce d'une ambiance angoissante, glauque et inquiétante grâce à une maîtrise constante de l'espace, un mixage constamment limpide et enveloppant où le moindre bruitage scabreux vient chatouiller le tympan, tandis que le hachoir de l'homme à tête de pyramide percute puissamment le caisson de basses. Très équilibré entre les dialogues, les effets proches ou lointains et surtout les mélodies déchirantes issues du jeu (la touche Jeff Danna est quand même très discrète), le mixage fait parfaitement son office.

 

Interactivité :
Patron de Metropolitan et producteur du film, Samuel Hadida aime chouchouter ses petits bébés et investit très souvent dans les sorties en vidéo de ses films. A contrario de l'édition US, ici l'interactivité se révèle donc extrêmement complète avec pour commencer les différentes versions du film (2D et 3D), mais aussi d'authentiques suppléments en relief avec certes une featurette promo, mais surtout un segment sur l'approche même de la 3D ainsi qu'une série de scènes coupées (commentées) en 3D. Ces dernières permettent de montrer quelques rallonges dans les dialogues entre Vincent et Heather, une version alternative de la rencontre avec le « boucher » (au cas où la censure aurait tiqué), mais commence surtout à distiller l'idée d'un film aux ambitions souvent sabrées par son budget. Très honnête, Michael J. Basset n'hésite pas à déplorer quelques arrangements peu convaincants ou des scènes revues à la baisse. Un problème encore plus clairement établi lors des comparatifs story-boards / prévisualisations / version finale sur trois séquences où le réalisateur ne cesse d'évoquer la dure réalité du tournage. Eloquent. Autre mets de choix, le making of, qui atteint solidement les soixante minutes de visionnage, s'efforce de retracer de A à Z la fabrication du film : du travail d'adaptation visuelle aux difficultés de mêler les pistes du premier film avec la trame du 3ème jeu, en passant par le forcing incroyable dont a fait preuve Hadida pour convaincre l'actrice Adelaïde Clemens de participer à l'aventure... Un bon mélange entre propos toujours un poil promo et une vision plus en profondeur de ce genre de film. Ce bonus est d'ailleurs très bien complété par quelques coulisses supplémentaires s'attardant surtout sur les décors, les costumes ou la conceptualisation du nouveau générique de fin. Enfin, le mini reportage sur l'attraction temporaire Silent Hill aux Studios Universal est une bonne occasion de voir l'actrice et Akira Yamaoka flipper un grand coup devant quelques visions bien réelles.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Blu-ray 3D, Blu-ray 2D, DVD, Tourner en 3D (7'), Regard sur Silent Hill en 3D (3'), Scènes coupées avec commentaire audio optionnel du réalisateur 12'), Making of (63'), Les coulisses du tournage 12'), Anatomie de trois scènes (6'), La création du générique de fin (7'), L'attraction tiré du film (5'), Bandes annonces. 

 
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