WARGAMES
Etats-Unis - 1983
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « WarGames »
Genre : Thriller
Réalisateur : John Badham
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français DTS-HD Master Audio 1.0 français
Sous-titre : Français, anglais…
Durée : 113 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 19 décembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « WarGames »
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LE PITCH
David Lightman est un hacker capable de déjouer les systèmes de sécurité informatique les plus sophistiqués, de déchiffrer les codes secrets les plus complexes et de réussir les jeux vidéos les plus difficiles. Mais lorsqu’il fait intrusion dans le système informatique du département de la défense, les conséquences de ses actes prennent des proportions beaucoup plus globales… comme la troisième guerre mondiale !
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Film culte pour une grande part de la jeunesse de l'époque, révélateur de talents pour une pelletée de futurs informaticiens, WarGames est avec Tron (sortis l'année précédente) le film qui a initié le cinéma aux univers opaques de l'informatique. 30 ans après sa sortie, l'essai a forcément prit un petit coup de vieux, mais n'est pas si vain.

 

En 1983 le monde des ordinateurs, les réseaux virtuels et les IA n'avaient absolument pas la puissance technique et visuelle d'aujourd'hui et restait pour la plupart des gens une évocation lointaine, à la lisière encore de la SF. Des cerveaux mécaniques prenant des salles entières, des connexions via un boitier dans lequel on place le combiné du téléphone, les fameux « floppy disk » de 7 pouces (250ko de mémoire !), les écrans verts... La préhistoire ! Pourtant le scénario de Lawrence Lasker et Walter F. Parkes (futur producteur de Minority Report, Men In Black ou A.I.) pressent avec justesse l'importance que va prendre ce phénomène dans les décennies à venir. Presque une œuvre visionnaire ! Impressionnant de voir à quel point toutes les  notions (backdoor, firewall...) sont parfaitement comprises et surtout vulgarisées avec bon sens. D'où sans doute le choix de donner à WarGames l'apparence d'un film d'aventure teenage, dans lequel la bouille de Mathew Broderick, futur star des ados dans LadyhawkeLa Folle journée de Ferris Bueller, rend immédiatement attachant le concept du pirate informatique, déjouant les protections du réseau militaire américain. Pas si improbable que cela à l'époque tant les administrations étaient à la ramasse, et semblaient ne rien vouloir comprendre de ce nouvel outil.

 

bas débit


Mais si le film rend l'exercice particulièrement sexy (en particulier parce que la charmante Ally Sheedy est de la partie), il met déjà en défiance contre les pièges de la déshumanisation de ces procédés, la perte de contact avec la réalité et surtout une prise de distance décisionnaire mettant à rude épreuve la morale. Très bien vu, WarGames n'use pourtant de ces questions que pour mieux diriger la réflexion sur l'absurdité de la guerre froide.  Une situation alors constamment critique et préoccupante, que l'ordinateur intelligent Joshua va ébranler en confondant réalité et jeu, mais surtout résumer par l'absurde en effectuant un parallèle avec le simplissime jeu du morpion. « Parfois pour gagner il ne faut pas jouer ». Une idée mise en image avec une réelle efficacité par le trop sous-estimée John Badham (La Fièvre du Samedi soir,  Short Circuit), réussissant à transformer la salle de contrôle du Norad et ses écrans stratégiques abstraits  en source de tension incroyable, tout en alternant aisément avec des incursions de la comédie romantique pour ados. Un vrai film d'aventure qui souligne toute l'efficience de l'époque, mais qui de façon plus surprenante approche un divertissement familial comme un pur thriller pour adulte, jouant habilement sur une musique électronique de moins en moins légère (et de plus en plus orchestrale), ou filmant les éléments informatiques avec une iconographie qui glisse de la curiosité à l'inquiétant avec une réelle finesse.

Aujourd'hui sans doute un brin désuet pour les plus jeunes (c'est quoi la Guerre Froide ? C'est quoi ce minitel ?),  WarGames n'en reste pas moins un divertissement profondément attachant, en particulier parce qu'il ne prend jamais ses jeunes spectateurs pour des crétins. C'était mieux avant ?

Nathanaël Bouton-Drouard







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Image :
Choyé par William A. Fraker, directeur photo de Bullitt ou Rosemary's Baby, WarGames surprend aujourd'hui par l'élégance de son image, préférant fignoler une image aux teintes naturelles pour mieux exposer, au détour d'un plan, les éléments « informatiques » en couleurs saturées. Le rendu est excellent, profitant de contrastes joliment ciselés, de noirs solides, et vibrant de cette sensation vaporeuse typique des 80's pour aboutir à une HD présentant un grain marqué, mais agréable. Parfaitement restaurée, la copie ne laisse transparaitre aucune faiblesse de la pellicule, et assume son âge avec fierté.

 


Son :
Projeté autrefois en stéréo, WarGames nous revient ici dans un très moderne DTS HD Master Audio 5.1. Etonnant puisque loin des abus de remixages comme Terminator, la bande sonore est constamment claire, imposant ses dialogues sur les enceintes avants, soutenant la partition électronique d'Arthur B. Rubinstein, mais surtout réussissant à offrir quelques très jolis moments de spatialisation (le lancement des ogives, la salle de contrôle) sans perdre de son naturel. La version française d'époque, sympathique, n'est disponible elle qu'en mono compressé DTS HD Master Audio. Propre, mais un peu trop lourdement posée.

 


Interactivité :
Estampillé « Edition 30ème anniversaire » le Blu-ray apporte avec toute logique son lot de supléments rétrospectifs s'efforçant de mesurer l'impact du film lors de sa sortie, et l'aura qu'il préserve aujourd'hui. Etonnant alors de voir la mémoire de John Badham et ses deux scénaristes, turbiner plein pot pendant le commentaire audio en livrant à chaque scène un nombre incroyable d'anecdotes. Pas toujours très passionnantes, mais eux y prennent manifestement un très grand plaisir. On préfèrera tout de même l'excellent documentaire « Loading WarGames » qui réinstalle le métrage dans son contexte (la guerre froide, les débuts de l'informatique), mais surtout retrace une pré-production houleuse avec Martin Brest (Le Flic de Beverly Hills) qui après avoir renvoyé les scénaristes se fait remplacer par Badham qui s'empressera de faire revenir les auteurs... Avec une réécriture qui continuera tout au long du tournage. Pourtant l'ambiance semble avoir été très bonne, et de Matthew Broderick à Barry Corbin, tout le monde semble avoir une grande tendresse pour le film. L'édition s'achève sur des featurettes un peu plus dispensables consacrées aux «premiers hackers » ou à la vraie forteresse du Norad, question de remplir le disque. Reste une édition carrément sympa... Surtout comparé à l'éditeur qui en France s'est dit que l'absence de sous-titrages sur les suppléments ne gênerait personne. Consternant.

 

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur, Autour de WarGames (45'), A l'intérieur du Norad (10'), L'Attaque des hackers (13'), Bandes-annonces.

 
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