E.T. L’EXTRA-TERRESTRE
E.T. the Extra-Terrestrial - Etats-Unis - 1982
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « E.T. L’Extra-terrestre »
Réalisateur : Steven Spielberg
Musique : John Williams
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais-DTS-HD Master Audio 7.1, Anglais-DTS 2.0, Français-DTS-HD HR 7.1, Français-DTS 2.0, Allemand-DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais, néerlandais, chinois, coréen…
Durée : 114 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 23 octobre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Une soucoupe volante atterrit en pleine nuit près de Los Angeles. Quelques extraterrestres, envoyés sur Terre en mission d'exploration botanique, sortent de l'engin, mais un des leurs s'aventure au-delà de la clairière où se trouve la navette. Celui-ci se dirige alors vers la ville. C'est sa première découverte de la civilisation humaine. Bientôt traquée par des militaires et abandonnée par les siens, cette petite créature apeurée se nommant E.T. se réfugie dans une résidence de ba...
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Sucess story

Alors que Disney vient de racheter Lucasfilm au nabab en pleine déchéance meurtri par les critiques acerbes des fans les plus hardcore, affligés à tort ou à raison par la prélogie, ainsi que par le four critique et publique de son Star Wars Episode 1 en 3D, Spielberg, lui, entend contenter les fans du petit martien qui a débarqué sur terre et dans le cœur des petits et des grands en 1982 et qui au début des années 2000 avait été violé et transformé de manière indélébile pour les années à venir. Toutefois aujourd'hui le mal est réparé avec la sortie de ce Blu-ray sensationnel remasterisant le vrai E.T l'extraterrestre et lui offrant une deuxième jeunesse.

 

Le moins que l'on puisse dire c'est que le film de Spielberg a structuré notre enfance comme celle de millions de spectateurs. En réalisant une fable somptueuse articulée autour des thématiques les plus importantes de son œuvre (la famille, l'imaginaire, le sublime etc.), le futur réalisateur de Jurassic Park a également structuré toute une période esthétique et thématique du cinéma américain des années 1980, inspirant ainsi de nombreux cinéastes (Joe Dante, Richard Donner, Robert Zemeckis, etc.), dont il s'entoure bientôt se créant une sorte de famille cinématographique. En offrant pour la première fois à l'écran un extra-terrestre gentil, Spielberg casse alors toutes les images que le spectateur de l'époque avait des petits hommes verts et livre ainsi une histoire riche en émotion et en suspens qui devient peu à peu un véritable objet mythologique du cinéma américain. En effet, en 1982, E.T. l'extra-terrestre est le plus grand blockbuster de l'année et occupe tout de suite la première place du box-office des salles du monde entier. Nominé pour neuf Oscars il se fait une place parmi les films à succès les plus populaires de l'histoire du cinéma et devient un véritable phénomène culturel au même titre que de nombreux autres films du cinéaste comme Jurrassic Park ou Indiana Jones, véritable œuvres spectaculaires, qui réveillent l'enfant en chaque spectateur en les propulsant dans une position de contemplation identique à celle de leurs nombreux personnages.

 

un ami venu d'ailleurs

 

Et plus qu'aucun autre film du cinéaste, E.T l'extraterrestre est surement l'œuvre qui creuse le plus profondément le concept de l‘enfance et qui en dresse un portrait le plus touchant. Comme l'illustrent ces plans aujourd'hui clairement identifiables sur le visage contemplatif de personnages face à un évènement sublime, le cinéma de Spielberg est avant tout celui de la contemplation et du regard. Celui d'un enfant, innocent et pur, livré à lui-même dans un monde d'adulte colossal et incompréhensible (L'Empire du soleil), ou encore celui d'un adulte contemplant avec âpreté le monde violent qui l'entoure et sa potentialité horrifique, comme dans Munich, Il faut sauver le soldat Ryan, mais aussi et surtout Les Dents de la mer. Pour autant, quel que soit le regard sur le monde que Spielberg met en scène, il se révèle toujours être celui du basculement d'une réalité vers le surréel. Que ce soit dans Les Dents de la mer, ou dans Rencontre du Troisième types, où le morne quotidien des héros se transforme en une haletante quête du fantastique et de l'horreur que l'univers renferme, ou encore dans Hook et dans L'Empire du soleil, où l'horreur vu avec naïveté se transforme en une manifestation céleste (la bombe nucléaire vu comme l'âme d'un ange). Et dans E.T tout y est, articulé autour du portrait d'un enfant meurtri par l'absence de figure paternelle et de son regard sur le monde en quête d'une figure de substitution se soldant par son adoption d'un extraterrestre lui aussi abandonné par sa famille, qui transforme le quotidien déprimant du jeune homme en une aventure trépidante. Sublimée par le score somptueux de John Williams, mélangeant musiques intimes et envolées épiques, mais aussi par le retour salvateur de la version de 1982, l'aventure d'E.T révèle alors autant la puissance castratrice du regard de l'adulte sur le monde de l'enfance et sur sa capacité à s'évader vers l'inconnu et l'imaginaire (le retour des officiers armés de fusils à pompe), que la puissance salvatrice de ce même imaginaire (l'esthétique carton-pâte d'E.T dans la version de 1982 renforçant la dimension imaginaire de ce messie venu d'ailleurs) qui redonne espoir à l'humanité et rétablit la stabilité du cocon familial, deux axes reliant réalité et fiction que travaille également Hook, avec sa relecture du mythe de Peter Pan ô combien central dans l'œuvre de Spielberg. Mais ça, c'est une autre histoire.

Quentin Boutel










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Image :
Pour cette édition 30ème anniversaire, Universal ne cède pas à la mode de la remasteurisation HD facile et livre ici un master de toute beauté pour un film dont le charme originel est non seulement sauvegardé mais aussi et surtout sublimé par la haute définition. Mixant avec beaucoup de précaution la pratique du lissage relative au passage à la HD et aspérité artistique de l'époque, l'image de cet éternel conte de fée se révèle être une pure merveille. Les contrastes puissants et la colorimétrie éclatante rendent ainsi parfaitement hommage à la photographie d'Allen Daviau (responsable de la somptueuse photographie de L'Empire du soleil et plus tard d'Avalon) qui illustre parfaitement le symbolisme cher à Spielberg par des jeux de lumières sensée de toute beauté, quant aux effets spéciaux si la haute définition révèle leurs précarités, il s'en dégage un tel charme nostalgique qu'on ne saurait leur en tenir rigueur.

 

Son :
De la même façon au niveau du master audio, Universal met la barre très haute. Au vu du film et de son époque de production, on ne s'attendait pas à des effets surpuissants. Toutefois ici la précision et la dynamique des deux pistes s'avèrent absolument hallucinantes mettant l'accent sur les moments clés du film, mais aussi et surtout sur la bande originale signée John Williams, terriblement enveloppante et partie intégrante, pour ne pas dire essentielle, de ce film qui, plus qu'illustrer la mise en scène de Spielberg, lui apporte tout son sens. D'autant que tous les nostalgiques désireux de revoir le classique de Spielberg dans les conditions de visionnage de l'époque de leur enfance, en VF, bonne nouvelle celle-ci est d'aussi bonne qualité que son homologue en version originale. Ça c'est du ravalement de façade !

 

Interactivités :
Déjà particulièrement chargé en bonus lors de sa sortie en Edition Collector remasteurisée en 2002, le film de Spielberg pour sa première édition en Blu-ray nous fait l'honneur de garder la majeure partie de ces bonus dont l'incroyable documentaire de presque une heure sur les différentes étapes de la création de la charmante créature extraterrestre qui bouleversa le monde entier en 1982. Mais aussi la réunion de l'équipe du film vingt ans après, l'avant‑première du 20e anniversaire et son orchestre live et surtout le superbe module sur John Williams et la musique. Mais finalement dix ans après quoi de neuf ? Principalement un fabuleux Making-of de cinquante minutes où se succèdent de nombreuses et intéressantes anecdotes sur la pré-production, le tournage et les premières projections du film. En effet,  on y entend le témoignage ému de Spielberg lui-même sur l'importance de ce film dans sa carrière, sur sa dimension intime primordiale mais aussi et surtout incompréhension quant au succès fulgurant du film auprès du public et de la critique. Rien de bien neuf donc pour les trente ans du film, mais bon on ne va pas bouder notre plaisir tant de tel module son rare de nos jours sur les galettes HD.

 

Liste des bonus : Scènes coupées (4min), Steven Spielberg et E.T. (12min), Journal du tournage (53min), Retour sur E.T. : Steven Spielberg, le casting et toute l'équipe reviennent sur le film (38min), L'évolution et la création de E.T. (50min), Retrouvailles de l'équipe vingt ans après (18min), La musique d'E.T. (10min), Avant-première du 20e anniversaire d'E.T. (18min), Dessins, photos, éléments marketing, Spot TV pour les J.O

 
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