VOYAGES VERS LA LUNE
De La Terre à la Lune / Project Moonbase / Mutiny in Outer Space / Missile to the Moon - Etats-Unis - 1953/1958/1965
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Genre : Science-fiction
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français mono
Sous-titre : Français
Durée : 310 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 4 septembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
DE LA TERRE A LA LUNE Inventeur et industriel s’étant enrichi avec la guerre de Sécession, Barbicane (Joseph Cotten) fabrique des obus réputé invulnérable. Son rival, Nicholl (George Sanders) le défie alors de concevoir une fusée capable de les emmener sur la Lune. Avec Joseph Cotten, George Sanders, Debra Paget. D'après Jules Verne. PROJECT MOONBASE Les Etats-Unis décident d’implanter des colonies dans la Lune. Une équipe militaire commandée par la charmante Colonel Briteis (Donn...
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Fly me to the moon

Après Mars, Artus Films atterrit sur la face blanche et désertique de la Lune, autre destination particulièrement exotique pour les auteurs de science fiction dans les années 50. Quelques maquettes qui volettent, quelques créatures improbables et de méchants agent secrets ennemis occupent presque autant nos héros que leurs amourettes libidineuses. Toute une époque !

 

Pourtant il y a bien longtemps, à l'aube du cinématographe, les choses avaient admirablement commencé lorsque George Méliès avait transformé le roman d'aventure de Jules Verne en évocation merveilleuse, en rêverie délicieuse. Plus de cinquante ans après, au milieu de la Guerre Froide et de la course à l'armement nucléaire, le pourtant très imaginatif Byron Haskin (La Guerre des mondes, L'Ile au trésor) s'efforce d'en livrer une version bien plus terre-à-terre, bavarde et ampoulée. Dans des décors terriens plus convaincants, le casting impeccable mené par le grand Joseph Cotten a tendance à surtout débattre de quelques allusions militaro-politiques patriotiques plutôt que d'espérer courir tel Tintin sur la surface lunaire. D'une première partie plutôt sympathique ménageant laborieusement une possible suite spectaculaire en diable, le film s'embourbe malheureusement dans quelques rebondissements spatiaux terriblement prévisibles et surtout pas excitants pour un sou. La navette ressemblant à un Nautilus du pauvre, De la Terre à la Lune est bien loin des visions enivrantes de 20 000 lieues sous les mers, tout son grand final censé se dérouler sur le satellite charmeur ayant été sabré en plein tournage à cause du dépôt de bilan de l'honorable RKO. Un coup du sort qui n'excuse tout de même pas tout. A commencer par un sérieux inébranlable qui survit difficilement au temps...

 

let me play among the stars


C'est d'ailleurs le même constat qui frappe Mutiny in Outer Space, bande longtemps invisible et qui rejouait trop longtemps après La Chose d'un autre monde le drame paranoïaque d'aventuriers peu à peu contaminés par un mal étrange. En l'occurrence une très vilaine mycose en provenance de la Lune (pire que la turista !) qui transforme les infectés en nids à champignons - et tout cela en ce joli début des années 2000. Excepté une vision d'horreur de la première victime, le reste est effroyablement sage, tentant de faire croire à quelques excès de panique pendant que le héros beau-gosse fait les yeux doux à la demoiselle enfermée avec lui. Pas très habile avec sa caméra, Hugo Grimaldi (La Planète fantôme) cadre tant qu'il peut quelques effets spéciaux amateurs, et des acteurs un peu paumés devant la solution finale : transformer l'installation en frigo. Clairement une pelloche d'exploitation assez honteuse qui fut d'ailleurs tournée sur la lancée de The Human Duplicators histoire de profiter de la même équipe technique, des charmes délicats de Dolores Faith et d'une partie des décors à prix réduit. Cheap et ridicule, mais bizarrement jamais assez Z pour attirer les passions.

 

hold my hand

 

Finalement avec l'âge et la distance, il semble évident que dans un tel coffret, les films qui donnent le plus de plaisir sont ceux qui dès leurs premiers jours flirtaient joyeusement avec le nanar. Déjà édité par Bach Films en double programme avec La Martienne diabolique, Missile to the Moon (Fusée pour la Lune donc) décrit les mésaventures d'une petite bande d'aventuriers qui découvre sur la Lune une peuplade de demoiselles uniquement vêtues de juste-au-corps plus vieillots que sexy (quoique, à l'époque...). Véritable pantalonnade jubilatoire et totalement abracadabrante, le petit spectacle de Richard E. Cunha (La Fille de Frankenstein) annonce par sa naïveté et sa vision débridée de l'exploration spatiale les futurs épisodes de Star Trek... la profondeur en moins bien entendu. Le clou du spectacle, outre une vielle cougar tentant de cacher les plis de son costume, sont bien entendu quelques effets spéciaux récalcitrants (la fusée), une araignée géante (sur la Lune ?) activée par des fils bien visibles et des gardiens de pierre en mousse qui sortent de la roche. Ce n'est pourtant pas ce qui occupe le plus notre couple star, un vieux-beau et sa fiancée, qui ont surtout fort à faire avec le mariage forcé organisé par les sélénites, et les exactions crétines du petit jeune de la bande qui sera brûlé jusqu'à l'os pour avoir emporté quelques diamants locaux.

 

baby kiss me


Un peu plus concerné par le réalisme de son exploration spatiale, Project Moonbase devait être à l'origine un pilote pour une future série télé à succès, finalement abandonnée en cours de route. Le film ne fut sans doute pas un gouffre financier pour ses producteurs puisque l'intégralité des costumes et la plupart des maquettes proviennent directement de Cat-Women of the Moon (tout un programme), et le long-métrage ne fut shooté qu'en une dizaine de jours. Pas franchement le temps de peaufiner le programme pour le coup, mais cela n'empêche pas le très motivé Richard Talmadge (réalisateur de seconde équipe sur les cultissîmes Quoi de neuf, Pussycat ? et Casino Royale) de faire preuve d'efforts étonnants au détour de séquences de maquettes, et surtout d'évoquer les particularités de l'apesanteur avec une naïveté des plus poétiques : personnages qui se croisent la tête en bas, réunion au sommet où personne ne regarde dans le même sens, collages approximatifs... Un régal désuet qui n'a d'équivalent que dans les sublimes bonnets de bain collés sur la tête des astronautes déjà bien ridiculisés par leurs shorts bouffants. Hilarant sans effort, le scénario du pourtant très sérieux Robert A. Heinlein (auteur du fameux Starship Troopers) s'amuse à jouer les œuvres propagandistes pour la suprématie des mâles. Pauvre (et très jolie) Donna Martell, constamment renvoyée à son statut de représentante du sexe faible : gourdiche invétérée, niaiseuse amoureuse, engagée plus pour son poids que ses connaissances scientifiques (fallait oser), celle-ci mettra des heures à tenter de reprendre contact avec la Terre, jusqu'à que son protecteur lui montre la bonne touche. Un bonheur pour les adeptes du 26ème degré, le film s'achevant de surcroît sur un mariage in space servant à caser enfin cette invétérée libertine. Sur Terre comme au ciel, l'égalité des sexes était encore à des années lumière.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
Toujours pas évident de remettre la main sur certaines de ces productions oubliées dans les tréfonds de quelques exploitants peu regardants. Artus Films a donc dû rechercher du côté de quelques redécouvertes tardives (chez les allemands par exemple) pour dégoter des copies qui tiennent la route. Rien de sidérant, mais rien de catastrophique non plus, les trois films en noir et blanc réussissant à installer des contrastes agréables et à ne pas se faire envahir par un grain trop envahissant et quelques escarres de pellicules. Seul film en couleur de la sélection, De La terre à la Lune (inédit depuis des décennies en France) possède une colorimétrie un poil baveuse mais se maintient suffisamment pour que le visionnage reste agréable.

 

Son :
Pas bien jeune tout ça. Les mono anglais d'époque ne sentent pas le premier âge et accusent quelques échos ou des effets étouffés. Toujours pour faire son intéressant, le film de Byron Haskin est proposé aussi avec son doublage français d'époque.

 

Interactivité :
Un peu triste, la partie interactivité est réduite au minimum sur les deux disques avec simplement quelques diaporamas et les bandes annonces. Pas de présentation des films ou autres curiosités. Heureusement le coffret en lui-même fournit dans son joli emballage cartonné quatre reproductions d'affiches au format carte postale et l'habituel livret rédigé par le Pr. Brave Ghoul. Une évocation très libre des nombreux films plus ou moins récents s'essayant à l'aventure lunaire.

 

Liste des bonus : Livret 12 pages, 4 cartes postales, Bandes annonces.

 
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