LA DAME EN NOIR
The Woman in Black - Angleterre / Canada / Suède - 2012
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Dame en noir  »
Genre : Horreur
Réalisateur : James Watkins
Musique : Marco Beltrami
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 14 juillet 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Dame en noir  »
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LE PITCH
Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets.
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If i had a hammer

Un studio revenu dans la course du fantastique gothique grâce à l'excellent remake de Morse, un jeune acteur principal tout juste sorti de la fresque Harry Potter, et se retrouvant au carrefour d'une vraie carrière adulte, la co-scénariste fétiche de Matthew Vaughn devant encore prouver sa valeur en solo, un réalisateur jusqu'ici connu pour deux survivals qualitativement très éloignés, une œuvre originale déjà adaptée pour le théâtre... C'est peu dire que le cocktail de La Dame en noir s'annonçait explosif et, à l'écran, avait autant de chances d'imploser.

Le nouveau logo de Hammer, dont le concept s'inspire ouvertement de celui de Marvel, en dit long sur la volonté du studio d'inscrire La Dame en noir dans l'héritage d'un certain cinéma gothique. Et de fait, si les effets de montage d'une séquence d'ouverture musicale (pour ne pas dire clippesque, dans le bon sens du terme) affirment la modernité de l'œuvre, son esprit, lui, reste bien le même que les joyaux B que Terrence Fisher pouvait nous livrer à la fin des années 1950. Coutumier de l'horreur pour avoir réalisé Eden Lake (une bombe) et écrit The Descent 2 (un nanar cosmique), deux longs-métrages s'inscrivant au-delà de leurs ambitions thématiques dans une vraie logique d'exploitation, James Watkins se plie avec délectation au cahier des charges à l'ancienne de La Dame en noir, ressuscité par un script judicieux et prenant de Jane Goldman (Stardust, Kick-Ass, X-Men First Class), adapté d'un roman et d'une pièce londonienne suffocants. Un scénario jonché de poncifs en tous genres, de stéréotypes et de codes antédiluviens, mais tous organisés, réexposés avec une passion et une fraîcheur étonnantes, facilitant l'identification dès la première bobine.

marche funeste


Contrebalançant la distance présupposée du cinéma en costume en posant de façon très intime des enjeux intemporels, Goldman lance Watkins dans la bonne voie. Ce dernier n'en déviera pas jusqu'à la dernière bobine, refusant de contrarier le projet initial en le teintant d'un post-modernisme à la mode. Affichant un premier degré imperturbable de la première à la dernière image, le cinéaste croit dur comme fer à son sujet, au point de retourner les pièges du genre à son avantage, notamment lors d'une épique séquence de maison hantée (20 minutes au bas mot) tellement jusqu'au-boutiste qu'elle en devient terrifiante. Par-dessus tout, Watkins parvient à saisir l'essence impalpable de son sujet en faisant souffler de véritables relents de Mort sur l'intégralité de la projection, la Grande Faucheuse hantant le moindre pavé, le moindre brin d'herbe, le moindre centimètre carré de boue de ce bourg maudit, condamné par un fantôme particulièrement cruel. Pas étonnant dès lors que la seule note d'espoir du long-métrage se trouvera dans la mort elle-même, parachevant l'un des objets les plus funestes que nous ait offert le cinéma fantastique depuis longtemps. Vous avez remporté votre pari, Hammer. On en redemande.

Alexandre Poncet






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Image :
Superbe en tous points, la photographie racée et précise de Tim Maurice-Jones (Snatch) trouve un écrin de qualité sous la forme de ce master HD. Impeccable, virginal, il travaille le noir avec une grande profondeur, variant les gris, les teintes fatiguées, mais avec des contrastes bien marqués et ce, malgré un grain omniprésent, mais léger. Envahie de teintes sombres, martelée par une pluie légère et un brouillard épais, la copie n'est cependant jamais atteinte dans son piqué, montrant invariablement une compression extrêmement solide pour aboutir finalement à un Blu-ray d'exception.

 


Son :
Tout en finesse, La Dame en noir travaille son horreur gothique avec minutie. Véritable reflet de cette direction, la piste DTS HD Master Audio 5.1 anglaise dispose parfaitement de la spatialisation de l'installation pour entamer quelques grands moments de peur (en particulier la séquence centrale). Les apparitions semblent envahir les enceintes de toutes parts avec une intention musclée, mais jamais dénuée de naturel ou de délicatesse. Un équilibre maitrisé qui souligne le reste du temps les ambiances mélancoliques de la lande anglaise, en supportant admirablement les dialogues et les notes de Beltrami. Confort idéal quelques peu entamé par la version française, clairement plus pâlotte dans ses reliefs, mais qui s'offre tout de même quelques jolis passages. 

 


Interactivité :
Si l'on n'osait même pas imaginer voir le film accompagné d'une grande rétrospective sur l'histoire de la Hammer, on ne pensait cependant pas trouver une interactivité aussi limitée. Outre un court sujet sur notre cher ex-Harry Potter et un très rapide making of promotionnel, c'est un peu le grand vide. Metropolitan s'est pourtant fendu d'une rencontre supplémentaire avec Daniel Radcliffe lors de la promo du film dans nos contrées. Une petite interview pas inintéressante, mais bien trop courte c'est sûr. Sans doute que les choses n'auraient pas été aussi compliquées si l'éditeur français avait eu la bonne idée de garder le commentaire audio du réalisateur et du scénariste présent sur les éditions anglo-saxonnes...

Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : Making of (9'), Dans la peau d'Arthur Kipps (4'), Interview de Daniel Radcliffe à Paris (5'), Bandes-annonces.

 
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