LA SECTE SANS NOM
Los Sin nombre - Espagne - 1999
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Genre : Horreur
Réalisateur : Jaume Balaguero
Musique : Carles Cases
Image : 1.85 16/9
Son : Espagnol et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 6 juin 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Secte sans Nom »
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LE PITCH
Cinq ans après le meurtre de sa fille, Claudia reçoit un coup de téléphone de celle-là, lui demandant de la délivrer. Aidée d’un ex-policier, elle part à la recherche de sa fille et va découvrir la terrifiante vérité…
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Premier apôtre

Bien avant de devenir l'auteur heureux de Rec et Malveillance, Jaume Balaguero était déjà l'un des maîtres incontestés de l'horreur espagnole, et même l'un des instigateurs d'une nouvelle vague répondant à des décennies d'un cinéma moribond.

 

Mais loin des penchants de la plupart de ses contemporains pour une vision extrêmement esthétisante, une vision léchée, composée, se rapprochant des contes poétiques d'un Guillermo Del Toro, Balaguero penchait à l'orée des années 2000 pour une approche très crue, ténébreuse, proche du réalisme sordide exploité par Alejandro Amenabar dans le sublime Tesis. La photographie de Xavi Giménez (Agora, The Machinist) creuse ainsi la réalité, l'envahissant d'un noir oppressant, compensant à peine par des lumières blafardes qui enlaidissent finalement le moindre détail capturé. Presque moche finalement, La Secte sans nom ne cherche pas à plaire, transportant deux personnages à la blessure béante à travers une enquête lourde, peu à peu contaminée par les rêves de Claudia (superbe Emma Vilarasau en figure maternelle) et les ambitions sordides d'une secte apocalyptique vouant son culte à la souffrance et au mal absolu (de façon bien plus convaincante que dans Martyrs d'ailleurs).

 

ange noir

 

Un thriller qui tourne ainsi au cauchemar pur et simple, trifouille durablement dans l'âme des personnages et des spectateurs, ne laissant aucune marge de manœuvre ni aucune lueur d'espoir jusqu'à un final nihiliste dont Balaguero a le secret. Une maîtrise impressionnante pour un premier long, autant dans la mécanique habile du scénario (basé tout de même sur le livre de Ramsey Campbell) que dans une réalisation alternant avec justesse les élans sobres d'un polar noir avec des percées chroniques d'effets horrifiques (images entêtantes, bruitages sourds) faisant glisser le long-métrage vers un fantastique terrifiant, une horreur malsaine. Les images ne font d'ailleurs pas de cadeau, présentant frontalement le cadavre d'une gamine torturée à mort, laissant apparaître les sévices perpétrés sur un pauvre journaliste ou ponctuant le récit de photos d'authentiques crimes humains, sans jamais que l'œuvre ne tourne au torture-porn gratuit. Un très grand film assurément, même si, presque dix ans plus tard, quelques défauts de jeunesse affleurent : des effets de montage un peu clichés aujourd'hui (les apparitions « accélérées » de la gamine), des dialogues parfois bien trop didactiques (l'explications finale par exemple) qui alourdissent un rythme déjà lancinant. En dépit de légers essoufflements, La Secte sans nom reste une expérience terriblement puissante.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Autrefois édité par Studio Canal dans une copie granuleuse manquant de punch et de précision, La Secte sans nom se refait une santé en Blu-ray, affirmant désormais une photographie extrêmement fine et détaillée, imposant ses noirs puissants et des couleurs contrastées. Certains se plaignent déjà d'un léger lissé du master, mais il correspond pourtant à la direction photographique de Xavi Giménez. Une excellente mouture HD donc, qui retrouve les sensations terrifiantes de l'expérience en salle.

 

Son :
Très ciblé sur les avants par nature (la narration repose beaucoup sur les dialogues), le DTS-HD Master Audio 5.1 espagnol n'en est pas moins généreux dans ses effets. Il fait ainsi preuve d'une superbe clarté dans la restitution des dialogues, mais aussi des ambiances avec une multitude de petits effets angoissants qui abusent de la spatialisation quand elle n'envahit pas les enceintes arrières pour faire sursauter l'auditoire. Minutieux et flippant, le mixage tient la dragée haute à une version française bien trop sage.

 

Interactivité :
L'édition Blu-ray reprend tout logiquement les anciens bonus du DVD. Si l'on aurait pu espérer une interview inédite du réalisateur, lui permettant de développer plus avant son regard actuel sur son premier long, le petit making of est tout de même recommandable. Non pas grâce aux acteurs qui soulignent l'originalité du projet et le talent du réal (classique) mais parce qu'elle permet de voir un Balaguero tout jeunôt mais déjà affirmé, évoquant son besoin de se démarquer. On pourra brièvement l'observer sur le tournage et décrypter ses méthodes de travail.

 

Liste des bonus : Making of (29'), Clip, Bandes-annonces.

 
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