LE RèGNE DES ASSASSINS
Jianyu - Chine - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Action
Réalisateur : John Woo, Su Chao-Pin
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 120 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 1 juin 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Règne des assassins »
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LE PITCH
Dans la Chine de la dynastie Ming, une tueuse professionnelle se retrouve en possession de reliques dotées de fabuleux pouvoirs. Mais les précieux objets sont convoités par une secte d’assassins qui recrute des mercenaires dans tout le royaume pour la retrouver. Afin de leurs échapper, la jeune femme change de visage.
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Les associés

Finalement remis de sa trop longue et chaotique épopée hollywoodienne, John Woo n'aura retrouvé de sa superbe qu'en se réappropriant son identité chinoise avec l'impressionnant Les 3 Royaumes. Mais comme s'il voulait réactiver à lui tout seul la frange « films en costume » de Hong-kong, il embrayait dès 2010 dans la production du Règne des assassins.

 

Un film d'action qui pour le coup verserait plus dans la fantaisie martiale, les grands films de chevalerie de l'ère faste de l'industrie locale, genre auquel Woo avait offert l'un de ses épisodes les plus flamboyants et décontractés avec La Dernière Chevalerie. Découvrir ainsi (tardivement) cet étrange retour aux sources réactive la mémoire du cinéphile, de l'ancien lecteur de la revue HK, dégottant au détour d'un dialogue, d'une situation, d'un face-à-face un peu de The Killer, des Larmes d'un héros ou des deux Syndicat du crime. Une personnalité d'autant plus reconnaissable que John Woo a officié comme coréalisateur lors du tournage, amenant sans doute le duel final à ressembler furieusement au tango de M-I : 2 (seule bonne scène du film d'ailleurs), ou toute situation émotionnelle à tourner au mélodrame exacerbé. Mais c'est finalement le méconnu Princesse Chang Ping qui revient surtout à l'esprit à l'écran, cet opéra chinois filmé auquel Le Règne des assassins emprunte une dramaturgie faite de faux semblants, de jeux romantiques et d'art-martiaux liés à une vision théâtralisée et... extraordinairement opératique.

 

bas les masques

 

Jusque-là surtout versé dans les projets branques, Su Chao-Pin (réalisateur de Silk mais aussi scénariste de Double Vision et d'un segment de 3 histoires de l'au-delà) pousse d'ailleurs les figures ambivalentes et les apparences trompeuses au maximum, transformant ce royaume des arts-martiaux en un nid d'assassins, où le moindre bambin, mari aimant, vieux farfelu et eunuque discret cache un expert dans l'art de tuer. Un magicien, un adepte du lancer d'aiguille, une jeune veuve noire, un Roi de la roue qui semble enroué comme Dark Vador... Ce beau monde s'étripe, se trahit à la volée, pour mettre la main sur une relique bouddhiste dans un imbroglio pas franchement maîtrisé voire parfois pas des plus compréhensibles, mais suffisamment exotique et délirant pour donner un certain charme à l'entreprise. Surtout que le duo de réalisateur / producteur réussit, en cherchant à tout prix à réactiver la légèreté des anciennes productions, à se détacher enfin des dégâts post-Matrix, préférant un arrêt sur image bien sec à un bullet-time pour signifier la vitesse des combattants, limitant la synthèse à quelques virgules discrètes, donnant enfin à nouveau le temps aux corps d'effectuer leur mouvements gracieux et aux armes de teinter. Les chorégraphies sont superbes, la réalisation élégante, et la magnifique Michelle Yeoh retrouve enfin un rôle physique à sa mesure, montrant un dynamisme et une fluidité absolument fascinants alors qu'elle atteint (déjà ?) les 50 ans. Ce n'est d'ailleurs pas la seule prouesse de ce petit wu-xia pian qui ne déroge agréablement à aucune règle (clichés diront certains) des œuvres populaires chinoises de la grande époque. Depuis trop longtemps paralysé par la peur d'offusquer le spectateur occidental par ses particularités culturelles, le cinéma d'arts martiaux chinois retrouve avec Le Règne des assassins bon nombre de ses atouts.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
La photographie du film est certes inégale, la faute au rendu artificiel d'un tournage studio, mais révèle parfois des compositions admirablement éclairées. Le travail d'HK Vidéo n'en est pas moins exemplaire : la copie est d'une tenue parfaite est constante, soutenue par des couleurs puissante et surtout des noirs d'une vraie intensité. Les contrastes marquent, les détails creusent, la profondeur de champ harmonise et la HD confère au Règne des assassin une vraie splendeur visuelle.  

 

Son :
Les productions chinoises habituent le plus souvent à un travail sonore relativement limité, mais une fois encore le film surprend en se jouant de l'immobilisme et des sons détachés, et en s'appuyant sur une dynamique bien balancée, soulignant les techniques fantasques des combattants grâce à la spatialisation, ou intégrant quelques bruitages d'ambiance avec un vrai naturel. Seule la bande originale, un poil vieillotte, gâche un peu l'atmosphère.

 

Interactivité :
Malheureusement rien de bien mémorable à dénicher du côté du making of, longue tirade promotionnelle abordant rapidement certains points du projet et du scénario. On espère que le livret de 12 pages éclaire un peu plus sur la confection et les particularités du film (nous n'avons malheureusement pas eu l'occasion de l'avoir en main). Le principal intérêt de l'édition Blu-ray est donc de proposer le montage complet du film, plus intense mais aussi plus mélo, qui affiche une quinzaine de minutes supplémentaires par rapport à celui distribué sur le marché international. Ce dernier répond d'ailleurs présent en tant que bonus.

 

Liste des bonus : Copie DVD, Livret de 12 pages, Version internationale (107'), Making of, Bandes-annonces.

 
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