LES MONSTRES VIENNENT DE L’ESPACE
The Hideous Sun Demon / Not Of This Earth / The Cosmic Man / Kronos - Etats-unis - 1957 / 1959
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Genre : Science-fiction
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 288 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 6 mars 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
The Hideous Sun Demon : A la suite d’un accident, le Docteur Gilbert McKenna, un chercheur en sciences atomiques, s’est retrouvé exposé à des radiations. Depuis, dès qu’il s’expose à la lumière du soleil, il se transforme en une hideuse créature mi-homme mi-lézard. Not of this earth : Un agent extra-terrestre est envoyé sur Terre depuis la planète Davana. Il doit amasser beaucoup de sang humain pour les besoins de sa race, mourante, depuis une guerre nucléaire. The Cosmic M...
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immigration incontrolée

La collection Prestige d'Artus Films n'a pas fini de nous faire découvrir (ou redécouvrir) les petites pépites du cinéma d'exploitations des années glorieuses de la SF et du fantastique. Après des voyages sur la planète rouge et dans les griffes des dinosaures, retour sur une bonne vieille planète bleue qui semble être la destination touristique préférée des petits hommes verts.

 

Les années 50, les enfants et les spectateurs parano les auront passées à scruter les étoiles, attendant les premiers pas sur la Lune (ce ne sera qu'en 1969, il faudra être patient) et une invasion en provenance de l'espace. Entre ça et la menace communiste, seule une bonne grosse bombe atomique pouvait s'avérer plus traumatisante. Ce fut alors l'âge d'or des films de science-fiction qui évoquaient ces craintes modernes dans des divertissements fauchés, où les aliens se suivaient et se ressemblaient souvent. Toujours dans la vague anti-rouge, l'encore jeunôt Roger Corman s'essaye donc à un petit Not of this Earth dans lequel un envahisseur aux allures de zombie effectue dans le secret quelques expériences sur la pauvre population humaine grâce à ses pouvoirs de contrôle de la pensée et ses lunettes noirse. Petite particularité, le bonhomme est un vampire de l'espace et a besoin de sang pour survivre avant de préparer l'invasion. Très bavard, très pataud, le spectacle se complaît rapidement dans un second degré évident, souligné par une hilarante séquence avec Dick Miller (le futur acteur fétiche de Joe Dante) dans le rôle d'un vendeur d'aspirateurs. Sans doute pas le film le plus inspiré du maître du bis, mais il donnera tout de même naissance à un remake encore plus nanar en 1988 avec Traci Lords dans le rôle de la charmante infermière qui sauve la terre.

 

un jour comme un autre

 

Dans le genre « homme venu d'ailleurs qui se cache sous un vieux chapeau et des lunettes ridicules » le grand John Carradine ne fait pas vraiment mieux dans The Cosmic Man signé par Herbert S. Green, d'habitude réalisateur de seconde équipe appliqué. Celui-ci, avec son extra-terrestre qui veut prévenir l'homme de ses dérives et de son prochain auto-anéantissement, marche clairement sur les plates-bandes du Jour où la terre s'arrêta, chef d'œuvre pacifique de Robert Wise. Le déroulement est à peu de choses près le même (avec le sauvetage de l'enfant dans les dernières minutes), sauf que le grand robot iconique est remplacé par une boule blanche qui trône au milieu de quelques rochers. Amusant forcément, tout comme la véritable « apparence » du visiteur qui s'avère être simplement le négatif de l'acteur engoncé dans une culotte bouffante et une cape de super-héros. On est bien loin de la portée philosophique et de la puissance visuelle du modèle, The Cosmic Man se perdant souvent dans des dialogues pseudo-scientifiques interminables et des bons sentiments dégoulinants.

 

choc des cultures

 

Ce qui n'est heureusement pas le cas du bien plus ambitieux Kronos qui semble lui aussi reprendre les mêmes bases dramatiques, mais pour mieux les combiner au film catastrophe façon Gozdilla (sorti trois ans plus tôt). Mais pas de dinosaures géants qui crachent des flammes en poussant un petit cri aigu ici, le monstre du film de Kurt Neumann (La Mouche Noire, 24 heures sur Mars) est un immense robot cubique qui balance ses rayons laser sur la bonne vieille civilisation américaine. Couple de scientifique sérieux mais flirtant du regard, population faussement effrayée, gouvernement largué... Tout y est, dans cette production qui digère clairement tous les codes du genre mais sait aussi se montrer particulièrement étonnante dans son exploitation d'effets spéciaux inventifs (utilisation par exemple de séquences animées) et d'une solution finale qui n'est pas sans rappeler le lamentable, mais beaucoup plus récent Independance Day.

 

autobronzant

 

Au milieu de tous ces envoyés de planètes lointaines, la créature de The Hideous Sun Demon n'est absolument pas de la même famille : il est le résultat de la rencontre entre un étrange produit radioactif et les rayons du soleil. Concocté par l'acteur Robert Clarke (ce sera sa seule réalisation) et Tom Boutross (monteur de quelques films tout aussi bis), ce film fantastique est surtout un drame dans lequel un scientifique subit sa transformation à chaque coup de colère et se voit obligé de se cacher dans des lieux isolés pour ne pas blesser un innocent ou devenir une arme pour le gouvernement. Si l'on ajoute que sur les flyers publicitaires, cette étrange créature humanoïde à écailles est verte, impossible de ne pas penser à un certain colosse de jade créé à peine trois ans plus tard par Stan Lee et Jack Kirby. Peu importe que le long-métrage ait finalement assez mal vieilli dans son écriture (le maquillage est par contre très réussi), le film gagne dès lors une valeur historique indéniable. Et c'est justement le sentiment qui parcourt le visionnage de cette petite anthologie : une nostalgie douçâtre, assez chaleureuse cependant, ou un simple truc en caoutchouc volant au bout d'un fil transparent pouvait faire hurler une salle entière. C'est peut-être Ed Wood qui avait raison, finalement.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
A part quelques exceptions concoctées par les grands studios (et encore), les vieilles bandes des films de SF des années 50 ne connaissent jamais vraiment de réhabilitation post-mortem. Les éditeurs se voient donc obligés de composer avec des copies qui oscillent entre le catastrophique et le passable. Heureusement ici, dans l'ensemble, les copies présentées s'apparentent surtout à la deuxième catégorie. Les noir et blanc ont su garder de leur consistance, les contrastes restent présents ; ce sont bien entendu les nombreuses taches, points et zones de grain qui révèlent l'âge des films. Difficile d'imaginer voir beaucoup mieux sur ces quatre productions qui malgré leur petite aura n'ont jamais réussi à obtenir un statut d'œuvres cultes.

 

Son :
Pas de version française ici (sans doute très difficiles à retrouver), il faut se contenter des versions originales dans leur mono d'antan. Les bandes sonores ne sont pas de première jeunesse, laissant entendre quelques variations de niveau pas toujours très agréables ou quelques déperditions lointaines, mais l'ensemble est parfaitement audible et correspond à ce petit charme suranné.

 

Interactivité :
A l'instar des précédents coffrets de la collection Prestige d' Artus, ce dernier en date ne croule pas sous les suppléments vidéo : quelques galeries de photos et d'affiches, les très drôles bandes-annonces de l'époque, et c'est tout. Vendu à un prix plus qu'honnête, le petit box contient cependant de nouveau ces petites goodies attrayantes : quatre cartes postales reproduisant les affiches d'époque et un livret bien documenté sur le genre et les films.


Liste des bonus : Livret de 12 pages, 4 reproductions de lobby cards, Diaporama d'affiches et photos, Bandes-annonces.

 
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