LA MARTIENNE DIABOLIQUE / FUSéE POUR LA LUNE
Devil from Mars / Missile to the Moon - Etats-Unis / Royaume-Uni - 1954 / 1958
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Genre : Science-fiction
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais Mono
Sous-titre : Français
Durée : 165 minutes
Distributeur : Bach Films
Date de sortie : 28 février 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Une martienne machiavélique débarque sur Terre afin d’y kidnapper des humains. Objectif : repeupler sa planète en voie d’extinction. Deux évadés trouvent refuge dans une fusée. Démasqués par un scientifique, ils sont contraints de voguer vers la Lune, pour y découvrir une communauté extra-terrestre uniquement composée de femmes.
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Le grand "portnawak"

Ami(e)s geeks, bonsoir ! Vous appréciez les séries Z bien fauchées, les scénarios pondus sur papier carbone, les costumes à la limite de la décence et les effets spéciaux au rabais ? Croyez-nous sur parole, vous risquez fort de vous régaler. Voici, en exclusivité interstellaire, un diptyque de films de SF certifiés « Années 50 ». Dans le premier opus, une martienne maléfique, revêtue de latex de la tête aux pieds, atterrit sur notre belle planète afin d'y enlever et d'y rapatrier sur Mars de pauvres humains innocents. Dans le second opus, deux repris de justice s'envolent vers la Lune, sans se douter qu'il s'agit d'un fabuleux Eden spatial, peuplé de mirifiques créatures aux courbes voluptueuses. Tatatin !

 

cheap & chic

 

Restons fair-play. Dans le genre, ces deux long-métrages diffusent un charme particulièrement cosmique, voire comique. A l'ombre des grands studios hollywoodiens, au cœur de hangars plus confidentiels, une foultitude de réalisateurs et de scénaristes laissèrent libre court à leur imagination foisonnante. Sorties dans les « Fifties », au summum de la Guerre Froide, elles symbolisent les craintes américaines face à la sombre menace bolchévique. Mais ce, de manière totalement loufoque et décalée. La Martienne Diabolique met en scène une héroïne aux vrais airs de dominatrice SM, menaçante, belliqueuse, à l'étroit dans sa moulante combinaison de cuir. Déboulant dans une paisible bourgade californienne, l'extraterrestre bouleverse le quotidien de résidants apeurés. Fusée pour la Lune s'avère encore plus improbable. Deux bagnards et un scientifique se retrouvent catapultés dans une communauté des cavernes, où les monstres sont d'affreuses bébêtes arachnéennes et où les femmes portent de longues robes décolletées et proposent, tout sourire, cocktails et petits fours. On croit rêver et pourtant...

 

on s'incline

 

Tournés en un week-end, avec le budget d'un smicard, dans la véranda des producteurs, ce duo de films compose l'exemple type de cinéma bis, vraiment nul mais hypra rigolo. Avec une bonne dose de second degré, vous ne pourrez que vous pâmer devant la platitude des dialogues, l'anachronisme des situations et le jeu globalement médiocre des comédiens. Rien ne tient debout, les explosions ressemblent à des pétards mouillés, les navettes sont (en fait) des maquettes, les acteurs et actrices déclament des tirades alambiquées. Point d'apesanteur sur la Lune ou sur Mars, on y galope en toute quiétude. Mieux encore, on y déguste des gin-tonics « on the rocks ». Pourquoi alors se surprend-on à y déceler quelques détails que de prestigieux cinéastes d'aujourd'hui ont soigneusement récupérés ? En tête de peloton, Tim Burton, à qui la Cinémathèque Française consacre, en ce moment-même, une rétrospective. Amoureux fou d'univers parallèles et chantre du morbide foutraque, Burton avait glorifié ce cinéma-là dans le sublime Ed Wood et le débridé Mars Attacks !. Comme quoi, quand le ridicule ne vous tue pas, il vous rend plus fort !

Gabriel Repettati






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Image :
Prudence, l'image souffre d'une compression limite. Le format se révèle un chouia écrasé et le 4/3 n'arrange rien à l'affaire. On croirait parfois visionner une VHS, mais cet aspect misérable, c'est un comble, rend hommage au « cinéma de quartier », ici incarné avec panache.

 

Son :
Point de VF, mais un Anglais Mono qui grésille et s'emballe dès que décollent les roquettes. La bande-son, elle, orchestre un festival de trompettes et d'effets angoissants, de roulements de tambour, de trous noirs et de coups de tonnerre. Frissonnez, misérables Terriens, la fin est proche.


Liste des bonus : Aucun.

 
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