MIAMI VICE - DEUX FLICS à MIAMI - DIRECTOR'S CUT
Miami Vice - Director's Cut - Etats-Unis - 2006
Image plateforme « DVD »
Image de « Miami Vice - Deux Flics à Miami - Director's Cut »
Genre : Policier
Musique : Divers, John Murphy
Image : 2.35 16/9
Son : Français et Anglais en DD 5.1
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 145 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 21 février 2007
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Miami Vice - Deux Flics à Miami - Director's Cut »
LE PITCH
Miami, la nuit… La caméra suit deux agents des mœurs en mission dans un night club huppé. Sonny Crockett et Ricardo Tubbs sont pourtant obligés d’abandonner leur mission pour aller au secours d’un de leurs informateurs mis au service du FBI et décident d’infiltrer l’organisation responsable de sa mort afin de déterminer l’origine de la fuite...
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Traque Zen

On vous le disait déjà l'été dernier, le montage de Miami Vice a subi nombre de chamboulements pour diverses raisons, Michael Mann ne parvenant visiblement pas à boucler à temps son copieux ouvrage. Ce DVD collector aura permis au maître de porter son oeuvre à maturité, à travers une poignée de changements a priori tout à fait sommaires, mais dont l'impact dépasse de très loin la cohésion de l'intrigue.

 

Bel exemple de l'intelligence de la démarche de Mann : la nouvelle ouverture, plongée en apnée au coeur d'une poursuite de Off-Shore, annule certes le parti pris "in medias res" de la scène de la boîte de nuit et en explicite les enjeux dramatiques, mais confère d'emblée au métrage une atmosphère unique, prenant le total contrepied des conventions hollywoodiennes actuelles. Loin de la frénésie quasi pornographique d'un Michael Bay, Mann ose une contemplation omnisciente de l'action (certains plans aériens sont à tomber par terre), dont l'étonnant silence décuple l'une des thématiques principales du film, ce fameux orage perpétuellement sur le point d'éclater. Donnant déjà lieu à des scènes hallucinantes au sein de la version salles (la rencontre entre les deux inflitrés et leurs boss au sommet d'un immeuble, l'assaut du mobil-home), cette menace plane ici sur de nouveaux instants volés, en premier lieu un dialogue au petit matin entre Crockett et son ennemie intime. Encore plus humain que la version cinéma, plus noir et étouffant aussi, ce Miami Vice revu et corrigé se permet enfin d'en réhausser certaines séquences clés, l'acte final se voyant désormais porté par une reprise rock de In The Air Tonight, Mann privilégiant clairement le ressenti de la conclusion à sa valeur narrative. Une grande idée parmi d'autres, pour un gigantesque polar sensoriel dont on n'a pas fini d'explorer les secrets pour les années à venir.

Alexandre Poncet




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Image :

Tourné intégralement en numérique haute définition, grâce à la caméra Genesis de Panavision, Miami Vice ne souffre en toute logique d'aucun défaut de pellicule, ni d'aucune trace de bobine. Transféré directement depuis les données originelles, la copie s'avère 100% fidèle aux partis pris extrêmes et expérimentaux du cinéaste, lequel n'hésite pas à accentuer le grain lors de certaines séquences nocturnes, tout particulièrement en extérieur. S'évertuant à capter l'atmosphère si particulière de la nuit telle que la perçoit l'oeil humain, et non la pellicule classique, Mann livre ici quelques séquences visuellement hors du commun, d'une virée nocturne sur l'autoroute (les flammes bleutées d'un pot d'échappement contre un bitume orangé, ça le fait !) à une prise d'assaut dans un quartier de mobil-home. Mieux, avec un acharnement presque maniaque, le cinéaste parvient à filmer l'impalpable, capte des éclairs avec une profondeur de champ jamais vue jusqu'ici et se permet de définir un nouveau vocabulaire visuel propre à la HD. Alternant cadrages ultra larges et gros plans extrêmes (aucun acteur n'a jamais été filmé d'aussi près que Jamie Foxx depuis les films de Leone), Mann a tout simplement entrepris avec son dyptique Collatéral / Miami Vice d'ouvrir de nouvelles portes au Septième Art. Le résultat parle de lui-même : à la fois incroyablement réaliste (on a souvent l'impression de se tenir debout au côté des acteurs, surtout lors des séquences nocturnes !) et esthétiquement renversant, Miami Vice tend à prouver que ce génie a une nouvelle fois réussi son pari.

 

Son :

Prenant à contre-pied les codes du gros son hollywoodien, Mann sculpe la bande son de Miami Vice avec la même obsession du détail que pour son aspect visuel. Aucune scène ne ressemble ainsi à une autre du point de vue sonore, comme en témoignent les trois principales virées en Off-Shore : la première est totalement sourde, seulement appuyée par des basses et des percussions numériques entêtantes, la seconde marie le bruit déferlant des vagues à une belle envolée musicale, la troisième appuie l'urgence de la situation, notamment à travers le bruit de l'orage. Au même titre, chaque fusillade possède une ambiance propre, le grand final allant totalement à l'encontre du gunfight légendaire de Heat, avec des coups de feux étouffés, comme captés au coeur d'une cité en proie à d'interminables guerillas urbaines.

 

Interactivité :

Beau paradoxe : alors que le Blu-Ray de Miami Vice ne contient que la version salles (seul le HD-DVD américain propose le Director's Cut), ainsi que deux featurettes, le DVD collector européen propose les deux versions, un making of complet, des featurettes explorant divers aspects du métrage et, par dessus tout, un commentaire audio sous-titré de Michael Mann, où celui-ci passe sans cesse d'explications techniques à des anecdotes de tournage, en s'appuyant toujours sur ses intentions thématiques et les sensations qu'il essayait de faire passer à travers le métrage. Le cinéaste, comme à l'accoutumée, se retrouve au centre de chaque supplément, et les diverses images de tournages nous permettent de le voir évoluer dans son travail, de l'élaboration du décor en étroite collaboration avec le production designer à ses dialogues avec le directeur de la photographie. On remarquera d'ailleurs que ses indications reposent davantage sur une évaluation sensorielle de la scène et non sur des considérations pragmatiques. L'atmosphère n'est pas un plus dans un film de Michael Mann, elle représente le film lui-même. Longuement interviewvé sur la question, le cinéaste explique son rapport aux couleurs, aux textures et aux lieux, n'oubliant pas au passage d'évoquer son utilisation d'une météo menaçante. Passionnants, les bonus apportent donc un éclairage assez complet au chef-d'oeuvre qu'ils accompagnent, la durée relativement courte de l'ensemble (une heure hors commentaire audio) ne jouant jamais contre sa juste appréciation.

 

Liste des bonus : Version cinéma & Director's Cut, Commentaire audio, Making of, Featurettes 

 
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