LA GLOIRE ET LA PEUR
Pork Chop Hill - Etats-Unis - 1959
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Genre : Guerre
Réalisateur : Lewis Milestone
Musique : Leonard Rosenman
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et français mono
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Filmedia
Date de sortie : 7 mars 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Gloire et la peur »
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LE PITCH
1953, Guerre de Corée. Les négociations entre généraux américains et autorités chinoises sont au point mort. Sur le front, les militaires doivent tenir le plus longtemps possible afin de peser sur les négociations. Le lieutenant Clemons reçoit l'ordre d'attaquer avec ses hommes Pork Chop Hill, une colline occupée par les forces adverses. Les difficultés s'accumulent : pilonnée par l'ennemi, la compagnie doit progresser à découvert, les communications sont brouillées et les secours ...
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Alone on the hill

Tous les films de guerre américains ne sont pas des bandes de propagande glorifiant l'uniforme viril, l'acier des tanks et la poudre des obus. Certains s'efforcent, à contre-courant, de rappeler que l'ennemi n'est pas le pécor d'un pays lointain, mais la guerre en elle-même, par essence.

 

Souvent considéré (à tort et à raison) comme un artisan sérieux mais impersonnel à la botte des grands studios, Lewis Milestone revient souvent dans les mémoires pour l'amusant L'inconnu de Las Vegas (Ocean's 11 première version avec Sinatra et sa bande) ou le superbe Les Révoltés du Bounty avec Brando et Richard Harris. Mais dès 1930, alors que l'Amérique connaît un mouvement anti-allemand sans précédent et cultive une certaine idée du patriotisme, il réalise le troublant A l'ouest rien de nouveau. Un film de guerre qui montre que dans les tranchéesn ce ne sont pas les nations qui s'affrontent mais bien des hommes, qui ont des familles, une vie, des espoirs... Et ce même dans les camps adverses. Un propos assez avant-gardiste au cinéma, qu'il pratique encore lorsqu'il se décide à la fin des années 50 de s'attaquer à la fin de la guerre de Corée, et en particulier la bataille de Pork Chop Hill. Une colline sans aucun intérêt stratégique qui servit seulement de monnaie d'échange lors des pourparlers de paix entre l'armée américaine et son homologue chinoise. Pendant que les hommes tentent de gravir la montagne sous les balles qui sifflent et les obus qui explosent, les généraux et les politiques gagnent du temps et quelques centimètres. Un drame pathétique, ironique et tragique, que Milestone reconstitue sobrement en suivant au plus près le grand Gregory Peck et sa compagnie de « petits gars » souvent complètement perdus entre courage inutile, désespoir, fatalité et une peur qui les chope au ventre.

 

ligne de front

 

Pas de grandes séquences spectaculaires, de charges héroïques ou de grands discours, La Gloire et la peur est un film de guerre terrestre et réaliste dont les images semblent parfois sorties des « actualités «  (d'où sans doute le choix du noir et blanc), et les échanges entre les bidasses, de véritables témoignages de vétérans. Le moindre élan patriotique est d'ailleurs directement enterré par une ironie noire, mais non moins véridique, lorsque des techniciens éclairent leurs alliés en pleine avancée silencieuse, qu'un jeune soldat balance une grenade qui lui revient sur le bras, ou qu'un bombardement meurtrier est dû à un problème de communication. Roc solide qui tente de tenir son équipe malgré le silence de l'état major et l'irréalisme de la mission, Gregory Peck se rapproche certes de la figure habituelle du soldat ricain, beau et fort, mais permet surtout de contraster avec la simplicité de ses camarades d'infortune. Epuisé par une guerre idéologique stupide, par les corps qui tombent les uns après les autres sans conséquences et la propagande déversée par les haut-parleurs chinois, l'homme au centre de Pork Chop Hill n'est qu'un jeton dans une partie de Risk lamentable, de la chair à canon comme dirait l'autre, que son corps pousse sans cesse à déserter. Un film fort, dont la volonté quasi-documentaire, la recherche constante de véracité, entame parfois le rythme général, mais qui montre un vrai courage de cinéaste et pose un premier jalon vers les revendications pacifistes de la décennie suivante.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Petit exclusivité française, La Gloire et la peur n'est pas encore disponible en HD aux USA. Coup de chance pour nous, surtout que le film a forcément profité d'une remasterisation nécessaire aux nouveaux canons du support. Inutile de comparer avec quelques monstres récents comme Ben-hur, l'édition n'est pas du même niveau (question de budget et d'impact du film), mais profite tout de même d'un travail sérieux et soigné. Certaines séquences sont ainsi joliment creusées, faisant apparaître des noirs profonds, un piqué précis et des contrastes noir & blanc qui rutilent de reflets argentiques plus qu'agréables. En fait le principal problème ici est l'inégalité d'une bobine à une autre, certains plans de nuits tirant vers le gris (mais n'est-ce pas dû à la photographie originale ?) quand certains plans ne se retrouvent pas envahis d'une masse neigeuse ou de griffures sur la pellicule. Il aurait sans doute fallu remanier chaque image avec des outils numériques extrêmement coûteux. En l'état, le présent Blu-ray reste une jolie surprise.

 

Son :
Sans fatras ni bavure, la présente édition propose le film en anglais et français dans des DTS-HD Master audio des plus discrets. Et pour cause, les pistes préservent les mixages mono d'origine. Le gain de la remasterisation se ressent donc surtout dans la clarté inédite de la bande sonore, permettant d'entendre à la perfection les dialogues même perdus sous une pluie d'obus.

 

Interactivité :
En dehors de documentaires sur les véritables évènements (et même pas fournis avec les précédents DVDs), le film de Milestone n'a jamais eu le loisir de connaître un making of rétrospectif. Il n'en est bien entendu pas question ici, mais l'éditeur français se fend cependant d'un court entretien avec Patrick Brion (auteur d'ouvrages sur Clint Eastwood, Martin Scorcese ou Le Film Noir), qui offre une présentation pertinente du long-métrage et évoque les thématiques récurrentes de son réalisateur.

 

Liste des bonus : Présentation du film par Patrick Brion historien du cinéma, Bande-annonce.

 
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