JE SUIS UNE LéGENDE
I am Legend - Etats-Unis - 2007
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Je suis une légende »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Francis Lawrence
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Dolby Digital 5 .1 français, espagnol, italien...
Sous-titre : Français, espagnol, néerlandais...
Durée : 100 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 7 juillet 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Je suis une légende »
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site officiel
LE PITCH
Trois ans après qu'un virus a anéanti l'espèce humaine, un homme seul étrangement immunisé vit au jour le jour dans les ruines de New York, dans l'espoir de rencontrer au plus vite d'autres survivants. Mais la nuit, des créatures rôdent...
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Légende christique

Avant de sombrer dans les limbes d'un Development Hell digne de ceux d'Alien 3 et Superman Returns, Je suis une légende aurait dû voir le jour quelques années plus tôt sous la tutelle de Ridley Scott ou David Fincher.

 

Autant le dire tout de suite la version que la Warner a livrée en salle n'a pas grand-chose à voir avec ce que Fincher et Scott auraient tiré du roman culte de Richard Matheson. Le contexte reste à peu près le même : après une pandémie fulgurante, l'humanité a disparu de la surface de la terre. En lieu et place, des créatures de la nuit prolifèrent (celles-ci ne sont plus clairement nommées "vampires", les scénaristes ayant préféré le doux sobriquet de "Nightseeker"). Le dernier survivant humain, accompagné de son chien fidèle (qui n'existait pas dans le roman, évidemment) traîne sa misère dans les rues d'une mégalopole déserte. Mais contrairement à son alter-ego littéraire, il a désormais un but : rechercher grâce à ses connaissances scientifiques un vaccin qui pourrait ressusciter son espèce.

 

L'avocat du Diable

 

Au-delà de l'argument de départ, propice à des tableaux post-apocalyptiques saisissants distillés par une mise en scène souvent inventive, le film de Francis Lawrence s'impose comme un pamphlet religieux trahissant fondamentalement le texte de Matheson. Si l'écrivain usait bien de l'église, c'était pour mieux souligner son appartenance au genre vampirique, influence qui le poussait à s'étendre sur la frustration sexuelle de son protagoniste et sur les déambulations aguicheuses des créatures femelles. A l'inverse, Lawrence et ses scénaristes cèdent en dernier acte à une propagande judéo-chrétienne extrême. Cet épilogue pose de sacrés problèmes éthiques puisqu'il redéfinit l'heure trente qui a précédé, et tente de justifier par la foi la disparition soudaine de milliards de personne. Dieu a un plan, nous dit un personnage du film. Si ce plan consiste, comme l'entendent les dernières images, à transformer l'humanité en union exclusivement catholique, on préfère ne pas tendre l'oreille.

 

Director's Cut ?

 

Comme pour souligner leur incapacité à se forger un avis définitif sur leur propre travail, Francis Lawrence et sa bande ont enfin daigné révéler, au format numérique, la fin alternative de Je suis une Légende. Celle-ci, étrangement, rentre en conflit intégral avec le moindre choix thématique de l'épilogue finalement retenu, présentant les créatures comme des êtres vivants doués d'émotion et abandonnant la sortie de scène absurdement spectaculaire du héros au profit d'un départ profil bas des trois survivants, désormais résignés à poursuivre leur quête loin de New York. Un final émouvant et totalement dépourvu du matraquage religieux évoqué plus haut, qui rehausse par conséquent drastiquement l'intérêt du film. Si vous n'avez pas encore vu Je suis une légende, on vous conseille tout simplement d'éviter comme la peste le montage salle, et de vous délecter de ce faux director's cut.

Alexandre Poncet



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Image :

Toujours présent dans le boîtier, le Bluray sortir en 2007 affichait certes une propreté toute lustrée, mais aussi une trop grande douceur sur les matières, sans doute pour mieux s'harmoniser avec les créatures en images de synthèse. La source 2K se voit aujourd'hui upgradée en format 4K avec, et c'était attendu, une même définition retenue pour les « vampires ». Pour le reste on observe nettement une amélioration indéniable avec une rehausse importante des couleurs (merci le HDR) mais aussi et avant tout du piqué, bien plus musclé, mieux dessiné, plus vibrant. Une amélioration qualitative particulièrement appréciable lors des visions (visionnaires?) d'une civilisation urbaine désertée rattrapée par la nature. Les plans de la ville, profonds, lumineux, sont splendides.

 

 

Son :

Pas de bonification pour la piste française, toujours accompagné de son petit Dolby Digital 5.1. La version originale ne bondit pas forcément non plus dans les astres, passant d'un mix True HD à un DTS HD Master Audio 5.1 peut-être un poil plus large (faut avoir une ouïe de mutants), mais reste aussi dynamique et percutante que sur Bluray. Pour les amateurs de grand sound design, la scène de chasse motorisée d'ouverture reste une valeur sûre.

 

 

 

Interactivité :

Will Smith et Francis Laurence sur le plateau de Je suis une légendeTout en demi mesures, voici l'édition Bluray 4K de Je Suis une légende. Un pack dont le disque UHD ne comporte finalement que le montage cinéma du film, avec son final évangéliste et embarrassant. On y découvre aussi un supplément inédit, hérité d'une Ultimate Edition : intéressant commentaire audio de Francis Lawrence et son scénariste Akiva Goldsman, mais malheureusement non sous-titré. Rien d'autre n'a survécu de cette sortie double Bluray (bourré de featurettes supplémentaires et d'une option Focus Point), puisque le disque Bluray fourni ici est celui de 2007.

Si l'on ne peut qu'apprécier la présence de la version alternative (à choisir dès le lancement du menu), le reste de l'interactivité laisse perplexe, tant les suppléments paraissent indignes d'une production de cette envergure. Pour seul making of, le disque propose ainsi une succession de très courtes featurettes (1 à 3 minutes chacune) pour un total de moins d'une heure. Certes, les images de tournage sont légion, mais le discours est généralement plus promotionnel qu'informatif, si l'on excepte les interventions du chef cascadeur Vic Armstrong ou du chef décorateur. Rien de vraiment probant sur les effets visuels, si l'on excepte une vague apparition des maquillages originaux des Darkseekers, avant qu'ils ne soient remplacés par une Performance Capture hideuse. Enfin, Warner a inclus un documentaire sur l'éventualité d'une catastrophe virale à grande échelle, ce qui en 2007 ressemblait encore à de la pure Science-fiction pour beaucoup. Des comics animés closent le débat, racontant les derniers jours de l'humanité sans grand enthousiasme.

 

Liste des bonus : Commentaire audio de Francis Lawrence et Akiva Goldsman (VO) , Version alternative avec une fin inédite (104', VOST uniquement), « Une fable exemplaire : la science et le film » : documentaire sur la base scientifique du film (21'), La création de « Je suis une légende » : making of en 21 modules (52'), 4 films d'animation (22'). 

 
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