A VIF
The Brave One - Etats-Unis - 2007
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « A vif »
Genre : Drame, Policier
Réalisateur : Neil Jordan
Musique : Dario Marianelli
Image : 2.35 16/9
Son : français, anglais en Dolby Digital Plus
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 122 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 1 mars 2008
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « A vif »
portoflio
LE PITCH
Erica Bain, une présentatrice de radio, et son compagnon sont sauvagement agressés sous un pont newyorkais. Seule survivante, Erica développe bientôt une agoraphobie intense, puis un désir de vengeance qui va l'amener à abattre sans sommation de nombreux délinquants...
Partagez sur :
Les lumières de la ville

On n'attendait pas forcément Neil Jordan à la tête d'un Revenge Movie sans concession, et pourtant A Vif laisse entendre que le réalisateur d'Entretien avec un Vampire a encore beaucoup à nous offrir.

 

En filmant la trajectoire d'Erica Bain, poète radiophonique traumatisée par une agression tragique, Jordan a l'intelligence de contourner tous les pièges du genre popularisé dans les seventies par Charles Bronson ; la mise en scène des exécutions, si elle ne manque pas d'impact, n'est par exemple jamais jubilatoire. Ceci ne l'empêche pas de foncer tête baissée dans l'exploration des racines profondes dudit genre. Sous prétexte de polar et de drame, et sans moralisme facile, le cinéaste irlandais trouve ainsi une occasion rêvée de parler du virus des armes propre aux Etats-Unis, développant à l'écran une véritable relation entre son héroïne et son flingue, instrument de mort qui, peu à peu, va prendre possession de son existence.

 

La ville qui ne dort après

 

Plus subtilement encore, Jordan va s'évertuer à dépeindre la ville de New York comme un organisme vivant, dont les parois, les couleurs et les lumières ne sauraient se figer à aucun moment. Promenant son Cinémascope dans un labyrinthe architectural comme peu de réalisateurs avant lui (les longues focales de Philippe Rousselot imposant un contraste étonnant entre le niveau de détail du premier plan et le flou quasi-généralisé de l'arrière-plan), Neil Jordan rejoint au détour de quelques séquences la viscéralité d'un Blade Runner ou d'un Dark City dans le portrait d'une mégalopole grouillante, aussi grandiose que profondément menaçante. Difficile donc, dans un contexte si artistiquement chargé, de ne pas se prendre de passion pour la quête de vengeance de rédemption d'Erica Bain, surtout lorsque le casting repose sur les épaules des sublimes Jodie Foster et Terrence Howard

Alexandre Poncet




Partagez sur :
 

Image :

La copie proposée en Blu-Ray rend hommage à l'excellente photographie de Philippe Rousselot, favorisant les très longues focales donc les flous artistiques et les gros plans très détaillés. La colorimétrie, poussée à son paroxysme par Rousselot et Jordan, est aussi à la fête : les bleus, verts, oranges et rouges se côtoient avec grâce, juxtaposés à des noirs particulièrement profonds. Le contraste est également parfait, et la copie en elle-même ne souffre d'aucun artefact de pellicule. Un sans faute, qui fait réellement honneur à la Haute Définition.

 

Son :

Le film reposant en grande partie sur le métier de son personnage principal, qui traverse tout New-York pour enregistrer au hasard les bruits de la ville (à la Blow Out), le mixage restitue à la perfection les partis-pris de Jordan et son équipe, dont la mise en exergue du grain de voix de Jodie Foster lors des voix off et les bruits du quotidien saturés lors du retour d'Erica Bain dans la rue, après son agression. Autre beau contraste, celui qui oppose la musique nuancée et acoustique de Dario Marianelli et les quelques coups de feu apocalyptiques qui rythment la croisade revancharde de l'héroïne.

 

Interactivité :

Tout comme le DVD, le Blu-Ray d'A vif propose déjà deux scènes coupées intéressantes, l'une montrant l'agoraphobie d'Erica lors de sa première ressortie newyorkaise, l'autre décrivant un cours d'autodéfense assez absurde. Les autres scènes effacées l'ont été à juste titre, jugez plutôt : Terrence Howard au téléphone, Terrence Howard au téléphone, Terrence Howard au téléphone... Si le disque ne propose aucun commentaire audio, le making of disponible en bonus, pourtant long de 21 minutes, englobe généreusement l'ensemble de la production, et plus particulièrement les multiples choix artistiques de Neil Jordan, Philippe Rousselot et Jodie Foster. Y apparaît également Joel Silver, heureux de pouvoir travailler avec un cinéaste indépendant ("d'habitude, il fait des trucs artistiques", dit-il une étincelle dans l'oeil). Un documentaire plus que satisfaisant donc, qui a également le mérite de mettre en lumière certaines idées de mise en scène superbes, notamment la séquence du bar qui ouvre le dernier acte du film.

 

Liste des bonus : Making of (21'), Scènes coupées (6'45) 

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021