CAPTAIN AMERICA : FIRST AVENGER
Captain America : The First Avenger - Etats-Unis - 2011
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Image de « Captain America : First Avenger »
Réalisateur : Joe Johnston
Musique : Alan Silvestri
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 130 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 17 décembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Captain America : First Avenger »
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site officiel
LE PITCH
Steve Rogers, frêle et timide, se porte volontaire pour participer à un programme expérimental qui va le transformer en un Super Soldat connu sous le nom de Captain America. Allié à Bucky Barnes et Peggy Carter, il sera confronté à la diabolique organisation HYDRA dirigée par le redoutable Crane Rouge.
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All American Hero ?

Dernier super-héros de l'écurie Marvel à avoir droit à son aventure solo au cinéma avant l'arrivée d'Avengers, l'été prochain, Captain America aurait pu, devant un cinéaste lambda, agiter son drapeau jusqu'à l'écœurement. Mais Joe Johnston vaut mieux que cela...

 

Beaucoup voyaient en Thor le super-héros le plus complexe à mettre en scène sur grand écran, et ce scepticisme contagieux aura poussé Marvel et Kenneth Brannagh à saborder leur propre travail, chaque élément fantastique se voyant souligné jusqu'à l'overdose (quid de ces cadrages inclinés ?), quand des figurants ne crevaient pas l'abcès en dénonçant le look absurde des héros (« regardez, Xena et les Power Rangers arrivent en ville ! »). Quand on hérite d'une franchise aussi fragile, il convient sans doute mieux de croire aux fondamentaux du projet, comme le démontre Joe Johnston sur Captain America - First Avenger. Plutôt que de se focaliser sur le costume du personnage, brodé à l'effigie de la bannière étoilée, le réalisateur de Rocketeer et Wolfman creuse au contraire les motivations de Steve Rodgers, un gringalet physiquement en dessous de tout, mais dont la grandeur d'âme l'inaltérable inclination à rétablir le Bien convaincront un scientifique brillant (formidable Stanley Tucci, aussi chaleureux qu'il était glacial dans Lovely Bones) de le transformer en surhomme. Prenant le temps d'exposer ses enjeux, son intrigue, ses protagonistes (les moments d'intimité et autres petits échanges affluent comme rarement dans une superproduction de cette ampleur), Johnston a l'audace de faire de la défroque tant attendue un barrage à l'héroïsme du personnage, embarqué bien malgré lui dans une entreprise de séduction nationale, mise en musique avec une ironie mordante par ce bon vieux Alan Menken (La Belle et la Bête et une pléthore d'autres Disney). A peine son premier morceau de bravoure achevé (une saisissante course-poursuite entre Chris Evans et Richard Armitage, bientôt en tête d'affiche de Bilbo Le Hobbit), Captain America sort déjà de ses rails, théorisant sur l'essence même de son icône dans le contexte d'un combat de plus en plus propagandiste.

 

de droite à gauche

 

Vision ultra-démocrate de la bande-dessinée, là où l'on attendait le plus républicain des blockbusters, le film de Joe Johnston exhale un doux parfum de paradoxe. Ainsi, Steve Rodgers ne devient réellement Captain America que lorsqu'il décide enfin de recouvrir d'une veste en cuir son uniforme de foire, et de se coiffer du casque d'un soldat ordinaire. Symbolisant par la suite, aux côtés de ses commandos hurlants, la nécessité d'une union pour la victoire, le personnage s'éloigne tellement des super-héros égocentriques ou solitaires généralement mis en exergue par Marvel que le film pourrait surprendre maintes fois sans trop forcer. Et c'est peu dire que Johnston se force, puisant dans ses dernières ressources pour accoucher du divertissement le plus intelligent, le plus honnête et le plus solide que l'on puisse imaginer dans le genre. Grand héritier de Spielberg (voir la manière dont il cadre les réactions de ses acteurs, ou chorégraphie ses scènes d'action en prenant compte du hors-champ), Johnston se régale ici en multipliant les délires rétro-futuristes (le premier Hellboy de Guillermo Del Toro n'est pas loin), en se payant un méchant grandiose (Hugo Weaving crève l'écran en Crâne Rouge), en s'autorisant une violence parfois excessive (voir ce corps pulvérisé dans l'hélice d'un avion) ou en prouvant, si c'était encore nécessaire, tout son savoir-faire dans le domaine des séquences aériennes (un mano-a-mano sur la coque d'un missile, intervenant vers la fin d'un climax d'une demi-heure, a de quoi donner le tournis). Mieux, le cinéaste rend un superbe hommage aux Aventuriers de L'Arche Perdue en particulier, et aux vieux serials des années 40 en général, sa narration éclatée mais cohérente, car étalée sur l'ensemble de la Seconde Guerre Mondiale, le poussant à accumuler cliffhangers, rebondissements, montages en musique et péripéties épisodiques. S'achevant sur un clin d'œil ouvert à La Quatrième Dimension, et plongeant tête baissée, en dernière réplique, dans la tragique ironie de son récit, Captain America a tout pour vaincre les préjugés les plus endurants. Si Kenneth Brannagh et Marvel y avaient cru autant que Joe Johnston, on n'ose à peine imaginer ce qu'aurait pu donner Thor...

Alexandre Poncet








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Image :
Qui en aurait douté ? Encore une fois Paramount livre un transfert mirifique, généreux dans les détails, fort dans sa colorimétrie, explosif dans ses contrastes, ambitieux dans sa maîtrise des noirs... Pas grand-chose à redire ici tant les textures soulignent agréablement les reliefs sur le costume du héros ou affichent des reflets étonnants sur le crâne de son ennemi. Un spectacle optimal qui sait combiner une définition solide avec une patine cinématographique qui n'exclue ni grain, ni légers flous bien amenés.

 

Son :
Même rapport avec la piste originale américaine assurant un DTS-HD Master Audio 7.1 particulièrement spectaculaire. L'action est généreusement immersive, faisant siffler les balles et les rayons laser, laissant entendre l'écho du bouclier ou les explosions dans le lointain. Ca vrombit, ça tremble, ça sursaute... Que demander de plus, surtout que la spatialisation est tout aussi soignée dans les séquences plus intimistes ou magiques. Une excellente édition, qui faillit cependant une nouvelle fois par la volonté de Paramount de se brouiller avec les francophiles. Ces derniers ne peuvent visionner le film dans la langue de Molière qu'avec un Dolby Digital 5.1 bien moins intense. 

 

Interactivité :
Comme l'exigence vis-à-vis des suppléments d'un disque sont à l'aune de l'amour qu'on porte à un film, ceux de Captain America sont forcément on ne peut plus décevants. On retrouve comme pour chaque production Marvel les documentaires obligatoires sur l'adaptation de l'univers de papier en film (costumes, personnages) et autres effets spéciaux. Joe Johnston les maîtrise à la perfection depuis des années et en parle donc relativement bien, explicitant avec ses collègues producteurs et techniciens les choix de techniques et de designs particuliers. Informatif, à l'instar d'un commentaire audio tournant à nouveau uniquement autour de cette question, mais qui du coup passe totalement à côté des thématiques du film et du personnage, ne révélant qu'à de rares occasions les coulisses du tournage. Ca manque d'âme tout cela, en particulier lorsque l'hommage à Joe Simon (co-créateur, toujours vivant, du personnage avec Jack Kirby) se réduit à 3 minutes vite torchées. Pas de vrai documentaire sur l'histoire du personnage, ni de vraies explorations des univers du réalisateur. On reste sur notre faim, tout comme lors du visionnage des quelques scènes coupées / alternatives, totalement anecdotiques. Petit précision au passage pour ceux qui hésiteraient à investir dans le Bluray 3D : le traitement de post-conversion est tellement réussi que les intervenants n'hésitent pas à dire dans le commentaire audio que sa plus grande prouesse est visible lors du logo de la Paramount. Nuff' said ! 

Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : Copie DVD, Commentaire audio du réalisateur Joe Johnston, du directeur de la photographie Shelly Johnson et du chef monteur Jeff Ford, Une drôle d'histoire en allant voir le marteau de Thor, Habiller un héros, Les Howling Commandos, Technologie avancée, La transformation, Derrière le Crâne, Les origines de Captain America, Le rassemblement commence, Scènes inédites, Bandes annonces

 
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