FREDDY L’INTéGRALE
The Nightmare on Elm Street Collection - Etats-Unis - 1984 à 1994
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Image : 1.85 16/9
Son : Français et anglais 5.1 DTS HD Master Audio, Anglaise en stéréo d’origine
Sous-titre : Français
Durée : 565 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 1 décembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Nancy est une jeune adolescente qui fait régulièrement des cauchemars sur un homme au visage brûlé, avec un vieux pull déchiré et cinq lames tranchantes à la place des doigts. Elle constate d'ailleurs que parmi ses amis, elle n'est pas la seule à faire ces mauvais rêves. Mais bientôt, l'un d'entre eux est sauvagement assassiné pendant son sommeil. C'est ainsi que le groupe fait la connaissance de l'ignoble Freddy Krueger, qui se sert des cauchemars pour assassiner les gens qui rêvent...
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Une créature de rêve

 

Croque-mitaine onirique créé par Wes Craven afin d'exorciser certaines de ses peurs enfantines, Freddy Krueger n'aura eu de cesse de hanter l'imaginaire collectif, au point de voire sa nature maléfique bien dénaturée. A l'occasion de la sortie en Blu-Ray de l'intégralité des épisodes, retour sur la saga du grand brulé à la main griffue.

 

Lorsqu'il réalise Les Griffes de la nuit en 1984, Wes Craven n'est pas un inconnu ; il a déjà réalisé deux « classiques » du cinéma horrifique, et est encore considéré comme un maître de l'épouvante. En créant le personnage de Freddy Krueger (incarné par l'extraordinaire Robert Englund, devenu depuis un acteur culte), il semble marcher sur les traces encore sanglantes du slasher, mais y ajoute une dimension surnaturelle généralement absente du genre. En faisant de son méchant un être purement onirique, quasi-omniscient dès que le monde des rêves entre en jeu, Craven se permet quelques audaces narratives et formelles qui marqueront durablement les spectateurs (dont un tout jeune Johnny Depp littéralement avalé - et digéré - par son lit). Pas encore bavard et poseur, Freddy reste cette incarnation terrifiante du Mal, au centre des meilleures scènes du film (la scène de la baignoire, le final), face à un casting mêlant jeunes premiers (Depp, donc, mais aussi l'excellente Heather Langenkamp) et gueules du cinéma bis (John Saxon, pilier du bis italien). Au sommet de son très relatif talent, Wes Craven déploie quelques trésors d'épouvante (la silhouette sortant du mur) et réalise ce qui restera sans aucun doute son meilleur film. Un mythe est né.

 

Les Griffes de l'ennui

 

Succès oblige, la toute jeune firme New Line, productrice du film, décide de lancer une suite. Laissant Wes Craven de côté, Robert Shaye et ses sbires embauchent Jack Sholder, qui vient de livrer le très gratiné Dément, et réoriente l'histoire vers celle d'un slasher pur et simple. Las, malgré la musique flamboyante de Christopher Young et l'interprétation toujours savoureuse de Robert Englund, La Revanche de Freddy n'est rien d'autre qu'un film de franchise comme il en pullulait dans les années 80. Photographie terne, personnages sans intérêt et meurtres idiots (la scène du barbecue...), ce deuxième opus des aventures de Freddy fait peur à voir. Inégale, la mise en scène de Sholder tente de dynamiser un peu l'ensemble, mais en dehors d'un sadisme parfois jouissif et d'un sous-texte gentiment déviant (dont une scène de douche bien cauchemardesque), le film n'arrive jamais à la cheville du premier. Au grand dam de Wes Craven, qui se décide à reprendre les choses en main..

 

Le Nouveau Cauchemar de Craven

 

Mécontent de la tournure prise par sa création, Wes Craven s'associe au scénariste Bruce Wagner et retrouve l'héroïne du premier opus, toujours jouée par Heather Langenkamp. Finalement écarté par New Line, leur script donne à Chuck Russell et Frank Darabont les bases de leur excellente intrigue. Suite directe des Griffes de la Nuit, Les Griffes du cauchemar entraîne ainsi la jeune Nancy dans un hopital psychiatrique, nouveau terrain de jeu de notre croque-mitaine préféré. Pas encore coupable de The Mask ou L'Effaceur, Russell se déchaîne à l'écran, épaulé par des effets spéciaux inventifs de Dream Quest Images, Doug Beswick ou Kevin Yagher, tandis que le futur auteur des Evadés et de The Mist imagine quelques unes des meilleures scènes de la franchise. Punchlines ravageuses (« Welcome to prime time, bitch ! »), meurtres inventifs (le drogué manipulé comme un pantin), intrigue revenant sur des zones d'ombres du passé de Krueger et musique envoûtante du lynchien Angelo Badalamenti... Ce troisième épisode des méfaits du grand brûlé fait honneur au personnage. Son orientation de plus en plus délirante, ainsi qu'un Robert Englund déchaîné comme jamais, annoncent toutefois de quoi la saga de Freddy sera désormais faite.

 

Ni dieu ni maître

 

Pendant que Craven songe à Shocker, et que les duettistes Darabont / Russell triomphent avec Le Blob, New Line décide de donner de stimuler encore un peu plus sa poule aux œufs d'or. Exit Nancy et son combat contre Freddy Krueger, enter Alice Johnson l'enfant télépathe (le "maître des rêves" du titre américan, c'est bien elle). Futur chantre de l'actioner bourrin, de 58 minutes pour vivre au récent Etat de guerre, le finlandais Renny Harlin prend quasiment par hasard les commandes de cet épisode, qui ne vaut finalement que pour ses scènes horrifiques. Plus cabotin que jamais, Robert Englund campe un Freddy qui tient plus du Monsieur Loyal horrifique que du croque-mitaine terrifiant des débuts, et c'est principalement grâce à l'énergie de la mise en scène de Harlin et à quelques passages gores bien déjantés (la jeune fille transformé en insecte, effet signé Screaming Mad George ; le visage terrifié d'une victime au milieu d'une pizza géante que s'apprête à dévorer Freddy, courtesy of John Carl Buechler) que Le Cauchemar de Freddy arrive à faire parfois illusion. Mais les intentions originales de Wes Craven sont désormais bien loin, plus souvent pour le pire que pour le meilleur.

 

Horror show

 

Déjà amorcée par le film de Harlin, la pente descendante vers un univers de plus en plus délirant se poursuit. En plein âge d'or des slashers, les producteurs de ce cinquième épisode orientent définitivement le ton de la série vers le délirant pur et dur, remplaçant les frissons attendus par un humour souvent navrant. Désormais clown pathétique, Freddy fait du skateboard ou se projète dans une BD. Si l'intrigue tente de prolonger la « mythologie » du méchant, en retrouvant l'héroïne tête à claques du précédent ou en évoquant le viol sauvage de la mère de Freddy par une centaine de fous, c'est plutôt dans la mise en scène survoltée et ultra-gothique du débutant Stephen Hopkins et les effet-spéciaux hallucinants (la fusion homme/moto) qui maintiennent le spectateur hors du sommeil. Car L'Enfant du cauchemar, avec ses acteurs à la ramasse et son atmosphère de carnaval du pauvre, n'arrive jamais à la cheville des précédents épisodes, le film étant même particulièrement avare en meurtres. Un comble !

 

Chronique d'une mort annoncée

 

Le cinquième épisode n'ayant pas été un succès véritable, Robert Shaye et son équipe décident de mettre fin à la série. Productrice sur les précédents opus, Rachel Talaley se voit propulser à la réalisation, utilisant pour ce faire un gadget passé de mode : la 3D. D'une laideur à en faire pleurer son téléviseur, le bien-nommé La Fin de Freddy : L'Ultime cauchemar se raccroche tant bien que mal aux restes d'une intrigue délavée, présentant le père fouettard du futur croque-mitaine (Alice Cooper, dans un grand numéro de n'importe quoi) ou l'enfance humiliante de Freddy. Peu à l'aise avec la 3D, Rachel Talaley se contentait alors de lancer régulièrement des objets à la tête des spectateurs, un effet gratuit que l'on ne retrouve pas dans la version 2D disponible aujourd'hui en Blu-ray. Quelques caméos inutiles (Johnny Depp, Roseanne Barr et même Robert Shaye lui-même) n'y pourront rien : il en est désormais fini de la saga de Freddy Krueger, depuis longtemps relégué au rang de vendeur de produits dérivés. Triste et pathétique, surtout pour un pauvre Robert Englund loin de sa superbe antérieure.

 

Freddy sort de l'ennui

 

Mais un personnage aussi populaire que Freddy Krueger pouvait-il réellement disparaître des écrans ? Anticipant de deux ans les réflexions post-modernes de son futur Scream, Wes Craven se décide à revenir sur sa création et lui offrir une fin digne de ce nom. En jouant la carte de la mise en abyme, le papa de Freddy en profite alors pour régler ses comptes avec l'industrie hollywoodienne et ses fans. Jouant son propre rôle, aux côtés d'Heather Langenkamp ou Robert Shaye, Craven disserte sur son statut de cinéaste de l'horreur, et fait du croque-mitaine l'incarnation-même de ses réflexions d'artiste et de réalisateur. Une approche audacieuse et souvent payante, notamment lorsque Robert Englund se laisse aller à un numéro d'autodérision salvateur, mais qui ne manquera pas d'être laissée de côté dans la dernière partie de l'intrigue, la routine presque obligatoire du film de franchise reprenant ses droits sur les ambitions savoureuses de son auteur. Reste le principal : un Freddy réinventé au look dérangeant, qui fait de ce Freddy sort de la nuit (titre idiot auquel on préfèrera l'original, plus en accord avec le projet) le meilleur opus de la saga après l'original.

 

Cette fois, c'est sûr, Freddy Krueger est mort. Revigoré par le succès de ses Scream, Wes Craven tentera vainement de garder son aura de cinéaste culte, alors que Robert Englund se contentera de devenir l'un des seconds rôles les plus prisés du genre. Et il faudra attendre 2010 pour voir le grand brûlé aux griffes acérées revenir sur le devant de la scène, le temps d'un remake que l'on préfère déjà oublier. Mais ceci, est une autre histoire...

Frédéric Wullschleger







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Image :
De même que dans leurs qualités artistiques (même si ce n'est malheureusement pas lié), les épisodes de la saga Freddy sont injustement frappés par le nouveau traitement en HD. Tous ont certes profité d'une légère remise à neuf, faisant disparaître leurs dernières cicatrices et laissant revivre des couleurs chaudes ou vives, des contrastes bien appuyés (nous sommes dans les années 80), sans jamais atteindre le grain de la pellicule ou succomber à un lissage trop pesant. Un joli travail qui profite en particulier au premier Les Griffes de la nuit (superbe), à La revanche de Freddy (pas mal) puis avec logique aux trois derniers, Freddy sort de la nuit affichant ainsi la meilleure tenue globale avec une jolie profondeur de champ et un excellent piqué révélant cependant quelques effets visuels un poil fauché. Malheureusement c'est l'excellent Freddy 3 qui se montre le moins en forme avec un grain parfois envahissant et des photogrammes assez flous lors des surimpressions ou des fondus enchaînés, des défauts liés directement aux choix techniques de l'époque (l'incrustation du squelette en Stop Motion fut toujours ratée). Rien de catastrophique cependant, aucun des sept longs-métrages n'ayant jamais été aussi resplendissant qu'ici.  

 

Son :
Excellente nouvelle pour tout le monde, les pistes sonores de chaque films ont été joyeusement remasterisées, passant pour l'occasion en DTS-HD Master Audio 5.1 à tous les étages - sauf le premier film qui fait le malin avec un DTS-HD Master Audio 7.1 un chouia plus ample. C'est aussi ce dernier qui joue le plus avec les nerfs du spectateur et la spatialisation de l'installation. Cela reste discret, travaillant plus les ambiances que les sursauts, mais le résultat est extrêmement agréable. Idem de l'autre côté avec le mixage 5.1 de Freddy sort de la nuit (qui fut projeté en Dolby Digital 5.1), retrouvant en l'occurrence toute sa modernité. Les cinq autres ne sont pas en reste, mais cette modernisation ne semble pas toujours adéquate, balançant quelques effets factices sur les arrières, mais se contentant le plus souvent de travailler les enceintes frontales. Ca tombe bien, l'éditeur a eu l'excellente (et trop rare) idée de proposer pour chaque long-métrage sa piste originale toute propre, mais en mono ou stéréo d'époque. Un cadeau pour les puristes.

 

Interactivité :
Les fans se souviennent forcément (ou possèdent déjà) le coffret 7 DVD édité par Metropolitan il y a une bonne dizaine d'années. Loin des purges habituelles, le boîtier aux photos pixélisées (à l'époque, même pas sûr qu'on ait remarqué) proposait en plus de chaque film une série de featurettes particulièrement bien foutues, retraçant pas à pas la fabrication artisanale de la franchise. Choix du réalisateur, direction artistique, effets spéciaux, le travelling était assez complet, et se voit logiquement repris tel quel aujourd'hui. Dix ans plus tard, les interviews surprennent d'ailleurs encore encore par leur liberté de ton. D'un film à l'autre, les réalisateurs se moquent des essais des copains, soulignent les énormes défauts de la fabrication à la chaîne des longs-métrages, l'incongruité d'un tel succès commercial... La palme revient à Bob Shaye, le père illégitime de Freddy et directeur de la New Line, qui n'hésitait pas à l'époque à évoquer la perte progressive de substance de la saga. Tout simplement incroyable ! Le Blu-ray occole chaque entretien au long-métrage concerné, les 4 Blu-ray comprenant respectivement le premier en solo, les 2 & 3, le 4 & 5 et enfin les 6 & 7.

Car bien entendu, Les Griffes de la nuit est le seul à avoir connu pour l'instant une réédition solo en France (et aux USA). Remake oblige, New Line s'est ainsi fendu d'un second commentaire audio complétant celui de Wes Craven par un montage de nombreux témoignages de l'équipe, mais surtout proposant deux documentaire entièrement inédits et en HD. D'un côté un classique Never Sleep Again (rien à voir avec le brillant fan-making of sorti l'an passé), reconstituant la naissance du projet avec de nouvelles interviews et une flopée de plans alternatifs, voire d'extraits de bêtisier. Classique et très bien conçu, il est cependant moins étonnant que The House that Freddy Built (rien à voir avec le dernier chapitre du vrai Never Sleep Again, si ce n'est le sujet traité !), rétrospective bienvenue sur la naissance et l'expansion de la New Line. Pour simplifier le propos : s'il n'y avait pas eu la saga des Freddy, Peter Jackson n'aurait jamais pu tourner son Seigneur des anneaux !

Mais les festivités ne s'arrêtent pas là, puisque l'éditeur a glissé dans son boîtier un DVD supplémentaire proposant encore quelques fioritures comme le reste des featurettes d'époque (avec participations de Clive Barker autour de la sexualité de notre pauvre croquemitaine) ou un énième La Vie et les Crimes de Freddy Krueger, autre rétrospective d'une trentaine de minutes sur la franchise. Ca fait un peu répétition avec tout le reste mais ça a au moins le mérite de se concentrer sur les enjeux thématiques de la saga. Pas indispensable, mais sympa en somme... On ne peut malheureusement pas en dire autant de Une Vie misérable et La rage de vaincre, respectivement les épisodes 2 et 3 de la série TV Freddy, le cauchemar de vos nuits. Un show qui fut conçu comme une anthologie à la manière des Contes de la crypte dont les différences majeures reposent sur le lieu (tout se passe à Springwood), du présentateur (Freddy bien entendu) et de la durée... 45 minutes pour raconter des histoires aussi plates, déjà vues et aussi mal filmées, ça la fout mal ! Comme en plus les copies vidéo sont carrément crades, cela ne fera plaisir qu'aux archivistes.

Reste cependant à l'arrivée un coffret des plus complets (il faut ajouter à l'interactivité une reproduction de comics que nous n'avons pas pu jugeré sur pièce), pour peu que vous possédiez déjà le formidable Never Sleep Again (le message est passé ?), et plus qu'alléchant, où les connaisseurs ne pourront regretter que quelques impairs : Les Griffes de la nuit est présenté dans son montage légèrement raccourcis (la mort de Johnny Depp, mais surtout celle de Tina, allégée du plan de chute du cadavre sur le lit), Freddy 5 n'est toujours pas présenté dans son montage director's cut (il faut chercher du coté des VHS allemandes ou des vieux Laserdiscs) et les dernières minutes de La Fin de Freddy ne sont plus visibles avec des lunettes en relief, rendant les gimmicks de mise en scène de Rachel Talalay totalement désuets.

 

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus  2 commentaires audio de Wes Craven, Heather Langenkamp et toute l'équipe technique sur Les Griffes de la nuit, Les dessous du cauchemar (50'), La maison derrière Freddy - L'héritage de New Line (23'), Piste Trivia avec de nombreuses informations sur le film, Les 3 fins alternatives de Les Griffes de la nuit, Les coulisses de chaque suite, Commentaire audio de Wes Craven sur Freddy sort de la nuit, Interview du réalisateur, Bandes annonces, Clips vidéo, Deux épisodes de la série TV « Freddy Le Cauchemar de vos nuits », La vie et les crimes de Freddy, Bienvenue en Prime Time, 23 modules pour conclure, 1 comic book à l'intérieur du coffret.

 
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