SUPER 8
Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Super 8  »
Réalisateur : J.J. Abrams
Musique : Michael Giacchino
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby True HD 7.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, italien…
Durée : 112 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 26 mai 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Super 8  »
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site officiel
LE PITCH
Été 1979, une petite ville de l’Ohio. Alors qu’ils tournent un film en super 8, un groupe d’adolescents est témoin d’une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Ils ne tardent pas à comprendre qu’il ne s’agit pas d’un accident. Peu après, des disparitions étonnantes et des événements inexplicables se produisent en ville, et la police tente de découvrir la vérité… Une vérité qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer.
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Stranger things

 

S'imaginant comme l'héritier direct de son idole Steven Spielberg, le wonder boy J.J. Abrams rejoint la famille Amblin en 2011 et réalise un vieux rêve avec Super 8, hommage cinéphile partagé entre nostalgie intimiste touchante et chasse à l'extra-terrestre bruyante et superficielle. Fidèle à ses (mauvaises) habitudes, le réalisateur de Mission:Impossible III et du reboot de Star Trek peine à développer ses personnages et son concept au-delà d'une première demi-heure endiablée. Bis repetita placent.

Quoique l'on pense de Jeffrey Jacob Abrams, impossible de mettre en doute la passion du lascar pour la pop culture en général et le cinéma en particulier. Précoce, il fait ses débuts en 1982 à 16 ans en composant la musique de Nightbeast, série B (voire Z) de science-fiction de Dan Dohler. Cette expérience d'adolescent, on la retrouve bien évidemment au cœur de Super 8. Il y a un peu d'Abrams dans chacun de ces gamins et cinéastes en culottes courtes, tournant un film de zombie avec les moyens du bord. Charles le metteur en scène hyperactif et légèrement égocentrique, Joe le co-scénariste discret et passionné d'effets spéciaux et, enfin, Cary l'artificier et pyromane au débit mitraillette. L'autoportrait façon triptyque est on ne peut plus évident.
En situant l'histoire en 1979 (l'année de ses treize ans, l'âge de ses protagonistes) et dans une ville qui porte le nom de sa grand-mère, Abrams retourne au source de sa cinéphilie et il le fait avec une sincérité désarmante. Malin, il construit ses références au cinéma de Steven Spielberg dans la mécanique de son scénario et ses passages obligés (une petite ville, des gosses à vélo, une créature qui reste hors champ lors de ses attaques, etc ...) mais ne s'interdit pas de citer abondamment William Castle, Dick Smith et George Romero. Ou comment parler de tout un pan de la mythologie des années 80 sans vraiment en parler. Autre exemple, la bande-son qui, outre le score magnifique et on ne peut plus « Williamsien » du fidèle Michael Giacchino, est exclusivement composée de hits sortis en 1979. Quant à l'écriture, elle évoque fréquemment la sensibilité naïve de Forever Young et À propos d'Henry, deux très beaux scripts que J.J. Abrams signa au début des années 90.

Passager clandestin

Tant qu'il reste sur les terres des passions adolescentes, des traumatismes familiaux et des premiers émois geeks et artistiques, Super 8 marque des points et va droit au cœur. Metteur en scène solide et appliqué, J.J. Abrams construit une atmosphère immersive et laisse le champs libre à un casting impeccable (Elle Fanning, Kyle Chandler et Ron Eldard en tête). Seulement voilà, Super 8 se trimballe une intrigue parallèle qui tire constamment le film vers le bas. Le résultat d'une greffe pas forcément judicieuse.
Les premières ébauches de Super 8 ne contiennent en réalité ni extra-terrestres, ni le moindre accident de train. Il s'agit tout simplement d'une chronique estivale, une comédie dramatique dans le ton d'un Stand By Me. J.J. Abrams y tient mais il craint que personne ne veuille produire un film aussi personnel, sans la moindre star, sans le moindre twist fantastique. Pour rendre le projet bankable et convaincre Amblin et Steven Spielberg de s'y intéresser, le showrunner d'Alias et Lost s'empare d'un autre projet, une histoire d'aliens griffonnée sur un coin de table, quelque part entre E.T. et le Cloverfield qu'il vient de produire, et l'introduit au forceps dans l'intrigue de Super 8. Exception faite d'un épilogue très poétique et de ces quelques scènes où le personnage de Charles profite de la présence de militaires en ville pour « gonfler » la production value de son court-métrage, cette portion du scénario empiète sans jamais convaincre sur un projet qui méritait plus de retenue. Vendue comme LA grande scène du film, le déraillement du train est tellement exagéré qu'il en devient ridicule. Mais ce n'est pas le pire. Jouant le mystère à outrance, Abrams tient beaucoup trop sa créature dans l'ombre (un seul gros plan sur son visage à la fin et démerdez-vous avec ça!), empêche toute empathie en multipliant les attaques violentes sur de pauvres citoyens et caviarde son climax d'explosions et de fusillades au détriment de la moindre logique. Trop occupé à flatter l'égo du réalisateur de Rencontres du Troisième Type (et le sien, par la même occasion), J.J. Abrams torpille son propre film et justifie malencontreusement les critiques qui se multiplient sur son « style », spectaculaire, parfois prenant, mais sans la moindre substance. Frustrant.

 

Alan Wilson








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Image :
La copie du blu-ray était déjà superbe et la mise à jour en 4k n'apporte que peu d'améliorations. Mais elles restent appréciables. Notamment sur la profondeur de champ et le gros gain de définition dans les scènes sombres, qu'il s'agisse de l'accident de train et de ses milliers de détails explosifs ou de l'exploration des cavernes creusées par l'extra-terrestre. Le premier plan est de toute beauté et le prologue endeuillé et hivernal bénéficie d'un magnifique traitement de la lumière avec un équilibre saisissant entre les blancs et les noirs.

 

 

 

Son :
Merveille de dynamisme et de spatialisation, aussi convaincante dans l'intimisme d'intérieurs feutrés que dans le déploiement de la grosse artillerie, la version originale en Dolby True HD devrait vous convaincre d'investir dans des enceintes de compétition. Les pistes en « simple »Dolby Digital, pourtant remarquables, ne font pas le poids.

 

 

 

Interactivité :
Quand certains disques 4k nous arrivent nu comme un ver, reportant leur interactivité sur un disque séparé, Paramount fait le pari d'un portage de l'intégralité des bonus du blu-ray sur une seule galette. Bonne pioche puisqu'on retrouve l'excellent commentaire audio du réalisateur, de son producteur et de son directeur de la photo, entre bonne humeur et anecdotes précieuses. Visible par segments ou d'une traite, le making-of sait faire preuve de générosité mais ne parvient jamais à se défaire d'une attitude promotionnelle totalement superficielle. Plus technique mais trop délicate à manipuler du bout de sa télécommande, la déconstruction du crash du train souffre malheureusement d'une absence de sous-titrage qui laissera les francophiles sur le carreau. Impressionnante sur le papier, la sélection de scènes coupées se dévore à toute vitesse et sans intérêt réel. Il s'agit en réalité de bouts de scènes, coupées à juste titre pour des questions de rythme et de redondance. Mais on peut remercier Abrams de nous les proposer avec une mise en contexte et presque finalisées.


Liste des bonus : Commentaires audio de J.J. Abrams, Bryan Burk et Larry Fong, Reportages : (87'), Déconstruction de l'accident du train, 14 scènes inédites (12'), Bandes annonces

 
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