MEURTRE à LA MODE
Murder à la Mod - Etats-Unis - 1968
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Genre : Thriller
Réalisateur : Brian de Palma
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 78 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 15 novembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Karen, une jolie fille naïve, est amoureuse de Christopher, un photographe de charme qui a promis de l’épouser. Mais les difficultés de celui-ci l’obligent à honorer une commande pour un film pour adultes produit par Otto, un personnage dérangeant qui collectionne les décès violents dans son entourage.
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A l'avant-garde

Cinéaste disparu du devant de la scène (Le Dahlia Noir et Redacted furent de terribles échecs commerciaux), Brian De Palma marque encore et toujours l'histoire du cinéma. Comme le prouve d'ailleurs l'état de fébrilité qui peut accompagner la découverte d'une de ses premiers œuvres longtemps disparue : Murder à la Mod.

Il s'agit en l'occurrence de son second long-métrage, tourné un an après The Wedding Party, œuvre de fin d'étude dans laquelle on croise un certain Robert De Niro tout jeunôt. Sorti de son cursus à Sarah Lawrence, De Palma enchaîne les projets mort-nés (un documentaire sur le rock avec les Rollings Stones et les Who) et quelques commandes (dont l'une sur l'univers des banques) et va finalement réussir à convaincre un producteur de films érotiques de le laisser tenter sa chance. Financé à moitié par les menus travaux du réalisateur et par, justement, cet étrange investisseur, Murder à la Mod est censé au départ être un nudies arty de plus, destiné à passer discrètement dans les salles poissardes de New York. Une entourloupe dans les règles de l'art puisqu'en plus de ne contenir qu'un érotisme excessivement soft, le film se moque de sa généalogie, effectuant un parallèle parodique entre la réalité et la fiction : un producteur au gros cigare et bavard croit produire un film sexy, alors que le réalisateur se révèle être un serial killer.

 

une affaire de goût

 

Encore nourri de l'irrévérence de la jeunesse, De Palma s'amuse avec les codes et les attentes, ne serait-ce que dans un générique pop composé de pseudo-images de mode où vient s'intercaler le personnage du photographe cinglé, Otto (délirant William Finley, LE Winslow de Phantom of the Paradise), parodiant justement les positions des demoiselles. Dès lors la mise en scène instaure une distance voulue avec le spectateur, discourant avec lui sur l'importance du style et de la personnalité d'une mise en scène. Murder à la Mod est donc le récit simple (enfin, pas vraiment) d'un meurtre horrible, presque giallesque, mais perçu par trois regards différents. Celui de la jeune victime, qui adopte les manières posées et les dialogues langoureux d'un soap opera (un roman-photo dira De Palma), celui, totalement burlesque (avec accéléré et bredouillements en voix off), d'Otto, et enfin celui du tueur, hésitant entre les flottements du George A. Romero de La Nuit des morts-vivants (la scène dans le cimetière en est très proche) et les percées sidérantes héritées de Psychose. En résulte un film tout en ruptures de ton et de style qui déborde autant de maladresses que d'énergie, et se révèle même parfois parcouru d'une grande virtuosité.  On y reconnaît au détour d'un effet de montage la future scène de l'ascenseur de Pulsions, les courses hystériques de Phantom of the Paradise, le détournement d'attention repris de La Soif du mal d'Orson Welles... Il est évident qu'un grand est en train de naître, non sans une certaine frénésie, quitte à ce que chaque scène, chaque plan tourne à l'expérimentation furieuse. Du cinéma, du cinéma, que du cinéma.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Le film ayant été perdu puis retrouvé, on ne pensait franchement pas pouvoir le redécouvrir dans de telles conditions. La pellicule est bien entendu martelée d'un grain omniprésent, entâchée de spots blancs et de quelques stries, et le master manque parfois de stabilité. Mais on est bien loin du visionnage impossible. Dans l'ensemble la copie tient la route avec un noir et blanc bien contrasté et un rendu relativement précis. 

 

Son :
Le film fut projeté en stéréo en son temps, et on le retrouve ici tel quel, mais uniquement en anglais. La piste est relativement propre, ne laissant entendre aucune perdition, et ne doit finalement ses petits soucis qu'à la prise de son direct du tournage.

 

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