LES NERFS à VIF
Cape Fear - Etats-Unis - 1991
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller
Réalisateur : Martin Scorsese
Musique : Elmer Bernstein
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, italien, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, italien…
Durée : 127 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 15 novembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Nerfs à vif   »
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LE PITCH
Max Cady, condamné à quatorze années de prison pour viol et voie de fait sur une mineure, est à nouveau libre. Avec détermination et rigueur, il entreprend de se venger de l'avocat Sam Bowden, qu'il estime responsable de son incarcération.
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Le prêche et le péché

A l'heure où les studios enquillent les remakes comme une envie de pisser et massacrent allègrement leurs fameux modèles sous prétexte de les rendre plus actuels, il est parfois bon de se tourner vers le passé, et en l'occurrence vers Les Nerfs à vif, remake signé Martin Scorsese d'un classique du polar de John Lee Thompson datant de 1962.

 

Chose amusante, le réalisateur qui venait de signer Les Affranchis s'amuse au petit jeu des connivences en faisant participer les acteurs originaux (Robert Mitchum et Gregory Peck dans des rôles antagonistes), ou en faisant remuscler la partition de Bernard Hermann par un Elmer Bernstein survolté. Pourtant, dès le générique d'ouverture, il est évident que cette version de 1991 se place dans d'autres sphères. Concocté par Soul Bass (Vertigo), ce dernier mélange d'étranges images de reflets au leitmotiv de l'eau, le tout porté par un thème tétanisant, pour mieux rappeler l'influence d'Alfred Hitchcock sans doute, mais aussi pour déplacer le thriller vers une illustration métaphorique quasi-surnaturelle. Les Nerfs à vif n'est plus une simple et efficace affaire de vengeance, mais relève désormais de la puissance biblique, Max Cady se présentant sous les traits d'un De Niro machiavélique et pervers, comme le grand purificateur, celui qui va baptiser le pécheur après avoir fait jaillir hors de l'eau son vrai visage. Bien entendu, le message est d'emblée biaisé (le personnage est fou), mais déstructure totalement la cellule familiale de sa victime, obligeant chacun (le mari, la femme et la fille) à révéler au grand jour ses péchés et leurs secrets.

 

a fleur de peau

 

Le cinéaste qui faillit offrir sa vie à la prêtris ne fustige pourtant jamais ses personnages car comme dans La Dernière Tentation du Christ ou A Tombeau ouvert, ses œuvres les plus religieuses sont aussi les plus humaines, et de façon surprenante, les plus psychanalytiques. C'est presque à une thérapie de groupe forcée que le spectateur assiste, Cady dévoilant les peurs de l'un, la colère de l'autre, les tromperies, les non-dits et surtout une tension sexuelle latente. Le film fait d'ailleurs très fort sur le sujet, en particulier lors de la scène de séduction opposant et rapprochant De Niro à la gamine (Juliette Lewis) dans un grand numéro de funambule immoral, dénaturant les envies sexuelles d'une adolescente pour en faire un objet de perversion. Située dans le décor du théâtre du lycée, la séquence utilise le cadre de la maison d'Hansel et Gretel pour remémorer la nature de conte du film, et celle de loup primal de Max Cady. Car si Les Nerfs à vif est habité d'une tension trouble constante, il revêt aussi les atours du film d'horreur sous une caméra maniériste forçant la perspective, écrasant les protagonistes dans un montage dans le même plan ou les agressant d'un zoom excité. Les effets de style se voient, jubilatoires, et c'est bien là la volonté de Scorsese qui à l'instar de ses récents Shutter Island et Hugo Cabret montre un objet conscient d'être du cinéma, et donc de son rôle analytique. Pas mal pour un simple remake, n'est-ce pas ?

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :

Après des années de transferts approximatifs (Scorsese avait été obligé de retravailler lui-même l'image pour correspondre au 4/3 de la télé), Les Nerfs à vif avait enfin retrouvé son format et une image soignée lors de l'édition double DVD d'Universal. Restait un problème : la compression gâchait certains passages trop rapides et en particulier le final des plus chaotiques. Les amateurs vont pouvoir faire sauter le champagne puisqu'ici aucune trace de ces perditions. La compression est optimale et supporte un piqué des plus solides tout au long du visionnage, apportant des contrastes plus marqués encore et des noirs plus profonds. Un master rehaussé, tous juste marqué par un léger abus de DNR sur quelques plans fugaces (aaah, Universal...), mais qui effectivement redonne au film toute sa vivacité.

 

Son :
Mixé en Dolby Surround lors de sa sortie en salle, le film avait été rapidement retravaillé en 5.1 dont le mixage anglais proposé ici est une version DTS-HD Master Audio non compressée. Cela ne change cependant pas la donne. Plutôt que de dénaturer le travail d'origine, le mixage en 5.1 préfère rester discret sur les ambiances arrières et latérales, favorisant les avants gauche et droit. Cela n'empêche pas la piste de se montrer particulièrement généreuse sur certains motifs (les sons rappelant l'eau) ou d'offrir une belle puissance à la musique réorchestrée par Elmer Bernstein. Claire et pure, la piste contraste sérieusement avec celle réservée au doublage français. Le DTS reprend les même composantes mais avec une distance pas toujours très agréable et un aplatissement évident des environnements.

 

Interactivité :
Comme cela n'est pas si fréquent et qu'en prime le tout est bel et bien sous-titré français (voir Fantômes contre Fantômes), redécouvrir l'intégralité des suppléments de l'édition double DVD du film sont bel et bien présents ici. C'est certes en SD et donc pas très beau et dans un cadre plus restreint, mais l'ensemble n'a rien perdu de sa pertinence. Un arrêt sur le tournage de deux séquences, un montage de photos des coulisses, un montage de quelques génériques de Saul Bass (hommage, hommage), une sélection de scènes coupées qui s'attardent inutilement sur les personnages... Et surtout le long making of (80 minutes !) produit par Laurent Bouzereau. Parfois un peu languissant (c'est le travers du bonhomme), il est cependant extrêmement complet dans son approche et permet en outre au cinéaste d'explorer totalement le sens du film et les questions techniques qui se posèrent à l'époque. Pas besoin de faire un nouveau bonus, tout est là.  

 

Liste des bonus : Making of (80'), Scènes coupées (9'), Dans les coulisses du défilé du 4 juillet (2'), Sur le plateau de la péniche (2'), Montage photographique (9'), hommage à Saul Bass (12'), Bande annonce

 
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