AGNOSIA
Espagne - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Agnosia »
Genre : Thriller
Réalisateur : Eugenio Mira
Musique : Eugenio Mira
Image : 2.35 16/9
Son : Espagnol et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 110 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 5 octobre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Agnosia »
portoflio
LE PITCH
Joanna Prats souffre d’agnosie, une étrange maladie neuropsychologique qui altère sa perception et sa reconnaissance des choses ou des personnes. Or elle est l’unique héritière d’un secret industriel de grande valeur qui lui vient de son père. La jeune femme devient donc l’objet de nombreuses convoitises, et même d’un odieux complot. Deux hommes vont se rapprocher d’elle pour l’aider ou la trahir, profitant de la confusion de ses sens pour lui arracher son secret…
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Migraine ophtalmique

Peut-être est-ce par habitude ou à cause d'une jaquette s'imprégnant de l'esthétique évocatrice du Labyrinthe de Pan ou de L'Orphelinat, mais on semblait déceler dans cet Agnosia le terrain fertile du cinéma fantastique espagnol.

 

Que nenni, puisque le second long-métrage d'Eugenio Mira (après The Birthday, comédie horrifique inédite en France), s'il cultive lui aussi une certaine volonté de traduire la réalité en une vision poétique (ici par le biais de la « maladie » de l'héroïne), semble de prime abord se diriger vers un thriller sur fond d'espionnage industriel. Au centre de cet enjeu apparemment majeur, une lunette stéréoscopique extrêmement puissante qui, on l'imagine, pourrait donner quelques avantages à diverses puissances militaires dans ce qui s'annonce comme une première guerre mondiale. L'exposition du pitch n'est pas très sexy cependant, en dépit d'une ouverture plastiquement irréprochable, et le film se présente rapidement pour ce qu'il est : un prétexte pour mettre en place une trame tarabiscotée dans laquelle la jolie demoiselle, victime d'agnosie donc incapable de reconnaître autrui, va être enlevée sans le savoir et confrontée à un autre jouant le rôle de son fiancée pour récupérer la clef de ce mystère. Ouf. Avant d'en arriver là, il aura fallu en passer par un montage haché alternant entre la vie à la maisonnée (avec beaucoup de regards entendus et d'explications empruntées) et le pauvre Vincent (touchant Félix Gomez), plus ou moins malmené par des inconnus pour le pousser à s'exécuter.

 

amours aveugles

 

Le réalisateur, aussi coscénariste, semble vouloir donner un alibi à son personnage comme pour tenter de le rendre plus sympathique par la suite. Car la suite bifurque à nouveau, prenant peu à peu les allures d'une romance contrariée, d'un triangle amoureux sulfureux (enfin doucement érotique), où le pauvre Eduardo Noriega (Ouvre les yeux, L'Echine du diable) désespère visiblement de camper un personnage aussi pâlot et d'arborder une moustache aussi envahissante. Changements constants de directions, mise en scènes lente laissant surtout la place à des dialogues tour à tour trop laconiques ou niaiseux, s'évertuant à crédibiliser son héroïne, une fragile Barbara Timecrimes Goenaga tremblant comme une feuille pour illustrer son trouble... La mise en scène offre tout de même quelques jolies envolées formelles, la photographie est splendide et le tout ressemble à s'y méprendre à une version espagnole du Prestige de Christopher Nolan, mais tout cela souffre véritablement d'une maladresse constante et d'un manque de cohérence évident. A force de vouloir jouer sur tout les fronts, le réalisateur ne marque sur aucun ou presque. Il aurait aussi bien pu se passer de composer lui-même la musique du film, sorte de suite interminable de mélodies mélos pompeuses et impersonnelles qui appesantit tout effort, aussi louable soit-il.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Aucune déception possible lorsque Wild Side Video s'occupe de transférer un long-métrage en format Home Cinema, d'autant plus lorsque c'est en HD. La photographie minutieuse, typique des productions fantastiques ibériques, trouve un écrin de qualité avec le présent Blu-ray, apportant un joli travail sur les zones d'ombres et par là-même sur les percées lumineuses. Contrastes marqués, couleurs effacées mais jamais ternes, le résultat est manifestement en totale adéquation avec la direction artistique du film.  

 

Son :
Français et espagnol sont ici logés à même enseigne avec des mixages DTS-HD Master Audio 5.1 des plus généreux sur les enceintes arrières, replaçant admirablement la narration sur l'avant et apportant un peu de magie dynamique aux moments opportuns. Dommage que les technicien de Wild Side n'en aient pas profité pour baisser sensiblement le niveau sonore de la musique du film, bien trop présente voire carrément étouffante.

 

Interactivité :
On ne saura jamais vraiment quel film voulait livrer Eugenio Mira puisque les deux bonus présents se montrent avares en commentaires. C'est tristement le cas sur le « making of », en fait un journal de bord montrant uniquement des images de tournage, sans voix off aucune. On y découvre une ambiance studieuse, parfois électrique, où la bouffe a semble-t-il une importance majeure. Parfois amusant du coup, mais trop distancié. On creuse alors la poignée de scènes coupées et alternatives à la recherche des pistes abandonnées. En vain puisqu'en dehors de donner un peu plus d'épaisseur à certains personnages secondaires, celles-ci n'apportent pas grand-chose.

 

Liste des bonus : Copie Digitale, Making of (29'), Scènes coupées et alternatives (23'), Bandes annonces

 
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