8TH WONDERLAND
France - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « 8th Wonderland »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Nicolas Alberny, Jean Mach
Musique : Nicolas Alberny
Image : 1.85 16/9
Son : Version originale et version française en DTS HD Master Audio 7.1
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Emylia
Date de sortie : 18 octobre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « 8th Wonderland »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Des millions de personnes disséminées de par le monde et déçues de la manière dont celui-ci évolue décident de s'unir. Toutes guidées par le même désir d'améliorer les choses, de ne plus subir l'actualité sans pouvoir réagir. Par le biais d'Internet, elles créent le premier Pays virtuel : 8th Wonderland. Chaque semaine, tous ses habitants votent par référendum une motion différente... Mais que se passerait-il si les motions de 8th Wonderland devenaient petit à petit plus réact...
Partagez sur :
Indignez-vous !

Épaulé par une critique plus qu'enthousiaste, mais atomisé par une distribution éclair et un dédain affligeant de la part des média télévisés, 8th Wonderland aura dû attendre plus d'un an avant qu'un éditeur ne choisisse enfin de lui offrir une sortie vidéo.

Pour expliquer cet étrange aveuglement de la part de certains média, il faut reconnaître à 8th Wonderland deux barrières pour les programmateurs de TF1 (ou autres) : un projet tourné en totale indépendance, et donc avec de tout petits moyens, et un esprit frondeur qui ne va pas forcément dans le sens d'une future diffusion à 20h30. S'inspirant avec intelligence des sites d'information underground, des forums libertaires et des tentatives plus ou moins honnêtes de démocratie participative, le film de Nicolas Alberny et Jean Mach (premier long pour les deux) imagine un pays immatériel où tout un chacun participerait aux décisions, sans distinction de sexe, de race ou de catégorie sociale. Une utopie splendide, peuplée de débats passionnés, de réflexions approfondies sur le monde actuel et de forums sans fin où la liberté de parole aboutit à des motions votées à l'unanimité. Ici, un grand groupe d'activiste apolitiques (mais clairement de gauche tout de même) se bat pour le port du préservatif en disposant des distributeurs dans l'enceinte du Vatican, ou contre la peine de mort en créant un mouvement fantaisiste autour de la grâce annuelle d'une dinde. Des farceurs certes, mais qu'une rapide montée en puissance va pousser à des actions bien moins rigolotes, voire carrément extrêmes.

 

sous le net, la plage

 

Sous le vernis du rêve se cachent les travers habituels de l'humanité ; et le film de briser tout évangélisme pour afficher les dangers du militantisme, même éclairé. L'affaire peut même tourner à la farce lorsqu'un rejeton, sourire « ultra-bright », de Steve Jobs et Richard Branson, vient s'emparer de l'image de 8th Wonderland. Le peuple peut-il prendre le pouvoir sans se montrer aussi abject que le haut de la pyramide ? Le long-métrage apporte un semblant de réponse sans jouer ni les moralisateurs ni les pisse-froid. Loin du film dossier ou du cours magistral vers lequel il aurait pu tendre, 8th Wonderland est excellemment construit comme un thriller néo-technologique dont la grammaire cinématographique embrasse et se nourrit de la logique Internet et de l'omniprésence des média. Rappelant par certains effets la scène lumineuse de hacking de Ghost in the Shell 2, le petit film frenchy visualise les nombreux dialogues comme autant de ballets de fenêtre de dialogues, constamment en mouvements, avec dans l'arrière-plan une multitude sidérante de vies numériques. Mine de rien le projet aurait pu sombrer dans un immobilisme lourd, si le duo de réalisateurs n'avait pas trouvé ici la formule magique imparable pour donner vie et corps à la nature du film, qui viennent d'ailleurs nourrir nombre d'images de faux reportages, faux plateaux télé (avec les participations anecdotiques, mais sympathiques, d'Amanda Lear ou Nikos Aliagas), soulignant sans sur-dramatisation l'omniprésence anxiogène de l'image. Une œuvre foncièrement ambitieuse en somme, parfaitement maline et passionnée, joliment habitée par des acteurs débutants, qui aboutit à un vrai grand film d'anticipation. Son aspect low-budget et bricolé de bout en bout ne retire rien à ses qualités, même s'il parait évidant qu'avec les mêmes moyens qu'un Camping 3 et la participation d'un Danny Boon, 8th Wonderland aurait eu nettement plus de facilité à s'imposer.

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Image :
Emylia soigne son arrivée et fournit à 8th Wonderland une très belle copie, claire et propre, que supporte une palette colorimétrique particulièrement riche, des contrastes puissants et un piqué rigoureux. Limpide, fluide et vive, l'image respecte à la perfection le travail des réalisateurs, même si cette précision numérique souligne tout autant l'aspect « artificiel » de la source (à l'instar de la prélogie de Star Wars), dont l'esthétique ne comblera pas tout le monde. 

 

Son :
Régulièrement, on souligne à quel point la propension de l'éditeur à glisser des mixages DTS-HD Master Audio 7.1 ne correspond pas forcément à la nécessité réelle de longs-métrages souvent modestes. Mais ici le résultat s'avère des plus adéquats, avec une restitution sonore constante des enjeux de mise en scène. Les fameuses téléconférences gagnent en dynamisme, et la limpidité des pistes insuffle à l'ensemble un réalisme nécessaire. Profitant tous deux d'une clarté cristalline et d'une balance équilibrée entre les différentes sources, la version intégralement française (beurk) et la version originale (mélange de français, mais aussi d'anglais, d'italien...) sont relativement équivalentes. Pour sa capacité à rendre l'aspect international du film et à respecter les intentions des acteurs, on préférera largement la seconde.

 

Interactivité :
Doté d'une certaine excellence technique, l'édition aurait sans doute mérité un même traitement dans son interactivité. On reste cependant sur sa faim avec une interview enregistrée lors de la première du film au Canada, un reportage sur une projection commando dans un « paris by night », une poignée de fausses bandes-annonces et un petit gag. Tout ça paraît trop court, alors que l'on aurait aimé découvrir ici un commentaire audio, un making of et des scènes coupées, histoire d'entrevoir les difficultés rencontrées par l'équipe et les nombreuses questions de mise en scène et de construction.

 

Liste des bonus : Copie digitale, Première canadienne, Commando, Fausses bandes annonces, La Dinde d'Obama, Bande annonce

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021