THE PSYCHO LEGACY
Etats-Unis - 2010
Image plateforme « DVD »
Image de « The Psycho Legacy »
Genre : Documentaire
Réalisateur : Robert V. Galluzzo
Musique : Jermaine Stegall
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 86 minutes
Distributeur : Emylia
Date de sortie : 18 octobre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Psycho Legacy »
portoflio
LE PITCH
Joyeux 50e anniversaire, Norman Bates ! En 1960, Anthony Perkins terrifie le monde entier avec son portrait glacial d’un fou meurtrier obsédé par la mort de sa mère. Psychose a donné naissance à trois suites et un remake, et la saga continue de toucher et d’inspirer la culture populaire cinquante ans plus tard. Ce documentaire examine l’héritage cinématographique indélébile laissé par les films de Psycho et par Anthony Perkins, avec des dizaines d’entretiens et des documents ra...
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Crazy People

Combien savent que le chef-d'œuvre d'Alfred Hitchcock a eu des suites ? Totalement écrasées par la référence ultime du cinéma horrifique, ces tentatives méritantes n'ont d'ailleurs jamais eu le droit à des éditions glorieuses. Voici donc un documentaire qui devrait éclairer quelques lanternes et réparer, en partie, l'impair.

 

Si certains détails dans la construction et le montage nous le rappelle régulièrement, The Psycho Legacy est en premier lieu le film d'un fan, Robert V. Galluzzo, responsable du site Icons of Fright, ayant dévoré Psychose et ses suites durant toute son adolescence. Forcément, plus que déçu par la pauvreté des édition DVD des épisodes 2 à 4 et jaloux de voir des séries comme Les Griffes de la nuit, Vendredi 13 ou Halloween se parer de documentaires plus ou moins solides et de coffrets classieux, il a su ce qu'il avait à faire : prendre sa caméra, motiver quelques connaissances et produire son propre film sur le sujet. Ceci induit cependant plusieurs choses. La première étant qu'inévitablement les Psychose (en dehors du premier) n'ont pas la même aura que les licences précitées et que rares sont les cinéastes de renom à vouloir discourir dessus. Décevant de se retrouver alors face à Adam Green (Hatchet) alors qu'il semblait indispensable de dégotter John Carpenter, réalisateur du meilleur hommage rendu à l'original : Halloween. Reste bien l'attachant et indispensable Stuart Gordon (Re-animator) qui s'anime dès lors que l'on parle de la bande originale de Bernard Hermann. Cela dit, l'ambition de ce documentaire n'est pas de revenir plus que de raison sur le film d'Hitchcock, relativement bien nanti par les multiples rééditions d'Universal, mais bien de redorer le blason des suites qui suivirent vingt ans plus tard.

 

les facettes du mal

 

Et à ce titre, The Psycho Legacy se montre tout à fait convaincant. Acteurs, actrices, scénaristes (Tom Holland réalisateur de Fright Night), producteurs rappellent les difficultés de se mesurer à une légende du cinéma de genre, et insistent sur cette ambition constante, non pas de le dépasser, mais de l'étoffer en creusant plus avant le personnage de Norman Bates. Propre dans son découpage, on ne peut plus classique dans son déroulement (film après film, tout le monde dans le bon ordre), le documentaire est surtout l'occasion de célébrer l'autre talent qui donna naissance à Psychose : Anthony Perkins. Disparu en 1992, il n'est présent ici que dans le souvenir de chacun, mais aussi via un vidéo amateur filmée au cours d'une rencontre publique. On y découvre un cinéphile brillant, un orateur doué et un homme qui aura mis quelques années à faire la paix avec sa créature. Un portrait souvent touchant, mais aussi particulièrement éclairant quant aux méthodes de travail de l'acteur et son implication, tour à tour chaleureuse ou distanciée, dans l'histoire de la licence, dont bien entendu la réalisation de Psycho III. Nombre d'anecdotes à découvrir sur la construction de chacun des films, quelques souvenirs nostalgiques, parfois une certaine lucidité sur la qualité réelle de ces longs-métrages inégaux... The Psycho Legacy atteint en définitive son but principal : donner envie de voir ou revoir ces fameux Psycho II, III et IV... oui, même celui réalisé par Mick Garris.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
La plupart des interviews ayant été enregistrées pour le présent documentaire, la qualité du long-métrage oscille entre le très bon (caméra numérique pointue) et le moyen (trop de grain, image qui brille), avec forcément quelques documents plus anciens qui dénotent fortement. Le pire étant justement la conférence d'Anthony Perkins, évidement indispensable, mais filmée par un amateur dans un coin à gauche de la salle et récupérée sur une VHS. Rare, donc on pardonne.

 

Son :
Tout à fait logiquement, les versions française et anglaise ne sont proposées qu'en 2.0, pseudo-gonflées en Dolby Digital. Dans la globalité, le son est toujours propre et audible (un peu moins sur la conférence d'Anthony Perkins). La version re-narrée en français s'en sort d'ailleurs plutôt bien, en dehors d'une petite erreur : Giallo n'est pas un réalisateur italien mais un genre ! Passons. Plus gênant, Emylia n'a pas daigné proposer de sous-titres sur la version anglaise du film, mais uniquement sur les bonus. Très dommageable.

 

Interactivité :
Avec la masse impressionnante de suppléments annoncés (pas sur la jaquette cela dit; qui préfère rester mystérieuse) on aurait pu craindre de se retrouver face au même manque d'équilibre que His Name Was Jason, c'est-à-dire des bonus bien plus intéressants que le film en lui-même. Ce n'est heureusement pas le cas, puisque seul, The Psycho Legacy est déjà relativement convaincant et intéressant, et que les différents sujets explorés sur le second disque font office de superbe dessert. Une petite visite de la maison de Psychose toujours présente dans le parc des Studio Universal, un petit  historique du site thepsychomovies.com, une présentation d'une galerie d'art aussi moche que flippante, la présentation de la collection privée d'un tiers... Cela ressemble pour certains à du copinage bien lourd, mais heureusement Robert V. Galluzzo se rattrape en fournissant deux nouveaux documents totalement indispensables et consacrés à Psycho II : une interview croisée de Tom Holland et Andrew London (Monteur) et séparément Dean Cundey, le chef opérateur. L'occasion de passer une demi-heure supplémentaire autour de la gestation de ce pari hautement risqué. Tout aussi agréable, la galette contient une longue évocation de la carrière de Robert Bloch (le romancier donc), qui aurait eu sa place au milieu de la dizaine de scènes coupées. Ces dernières, parfois anecdotiques, permettent pour le coup d'évoquer le remake foireux de Gus Van Sant et un improbable téléfilm Bates Motel qui manifestement fait l'unanimité contre lui. Mais les fans garderont surtout le disque parce qu'il contient la version complète de l'intervention d'Anthony Perkins. Même si la source est abimée et pas franchement à la hauteur, l'acteur / réalisateur est d'une franchise et d'une loquacité rayonnante, répondant avec entrain à toutes les questions de l'assistance (sur les Psycho et les autres), non sans de constantes notes d'humour. Quarante minutes qui parlent de cinéma avec autant de passion par un homme qui a travaillé, entre autres, avec Hitchcock, ça n'a (presque) pas de prix.    

 

Liste des bonus : Scènes coupées (18'), Anthony Perkins Rencontre en public (42'), Extraits de la conférence Psychose 28 aout 2008 (7'), Visite guidée du Bates Motel (2'), A la rencontre de « maman » (7'), Robert Bloch (12'), Psychose sur le web (4'), Souvenirs de Psychose II, conversation avec Tom Holland et Andrew London (15'), Le Tournage de Psychose II, conversation avec Dean Cundey (19'), Conversation avec Robert Loggia (7'), L'Art inspiré d'Ed Gein (12'), Easter Eggs (4'), Bandes annonces de l'éditeur.

 
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