DESTINATION MARS
Invaders From Mars / Rocketship X-M / Red Planet Mars / Flight To Mars - Etats-Unis - 1950 à 1953
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Genre : Science-fiction
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français Mono
Sous-titre : Français
Durée : 314 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 27 septembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Les Envahisseurs de la planète rouge : Un petit garçon observant les étoiles avec son télescope aperçoit une soucoupe volante atterrir. Son père, un scientifique, parvient à rentrer à l’intérieur. Mais quand il revient, il semble bien différent… 24h chez les martiens : En partance vers la Lune, une expédition est déviée de sa trajectoire et se retrouve sur Mars. Là, les terriens découvrent qu’une grande civilisation a disparu après une guerre nucléaire, et que les martie...
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Mars attaque !

Après un très joli coffret entièrement consacré à ce cher Bela Lugosi, et en attendant le prochain dédié aux Dinosaures, Artus entérine sa collection Prestige avec une très généreuse anthologie sur la planète Mars. Non pas un joli voyage touristique mais bel et bien une rencontre avec ses habitants et leur fâcheuse tendance à vouloir nous envahir.  

 

Alors que les plus grands esprits et les poètes se sont toujours tournés vers la Lune, la SF, elle, a très vite choisi comme zone d'atterrissage la rougeoyante Mars. Une couleur qui tape plus à l'œil et qui, surtout dans la riche période 50-60, évoque pour nos chers américains capitalistes l'ennemi idéologique absolu : le communiste (à dire avec beaucoup de mépris dans la voix) ! Ah, les rouges, ces envahisseurs socialistes qui n'hésitent pas à laver le cerveau des hommes épris de liberté et tout le ramdam. Cette vision manichéenne, binaire et totalement délirante donne au cinéma de SF de l'époque une image, méritée, de véhicule propagandiste pour un grand public en demande de sensations fortes. Et impossible de mieux faire passer sa mise en garde qu'en visant directement les enfants. C'est le but ultime des Envahisseurs de la planète rouge, Invaders From Mars en VO, classique indécrottable, remaké avec folie par Tobe Hooper au milieu des années 80 (c'était du premier degré Tobe ? Vraiment ?!). Si le principe peu paraître douteux, il n'ne donne pas moins naissance à un film absolument charmant : « production designer » d'Autant en emporte le vent et du Voleur de Bagdad, William Cameron Menzies apporte ici un savoir-faire indéniable, avec des couleurs vives et sucrées, des séquences de possessions presque oniriques, des créatures craignos mais admirablement filmées, un point de vue emprunté au jeune héros... Pas étonnant que le long-métrage ait autant marqué les esprits les gamins d'alors, d'autant qu'entre deux passages totalement irrationnels (des scientifiques du gouvernement ou un général des armées qui trimbalent ce petit « je sais tout » un peu partout), le film annonçait l'arrivée trois ans plus tard de L'Invasion des profanateurs de sépulture (Don Siegel), dans lesquels ces mêmes martiens remplaçaient discrètement la population américaine par leurs propres agents. Dommage que, par manque de moyens, le film ne s'entrave dans sa seconde partie dans des tunnels dialogués bien lourds et une accumulation de stock-shots, puisqu'il gagne sans aucun souci le statut de modèle pour toutes les futures aventures SF en culottes courtes : E.T., Les Goonies et autres Explorers.

 

the fantastic poor

 

Tout aussi désuet et délicieux, Le mal nommé 24h chez les Martiens (Rocketship X-M en VO) fut sans doute lancé un peu trop rapidement pour contrer l'arrivée du sérieux Destination Lune, le film affichant au final un manque de moyens particulièrement attachant. Cela ne l'empêche pas de se confronter directement aux questions de la course à l'armement et de la compétition entourant les premières aventures spatiales. En dépit d'un grand renfort de discours et d'explications pseudo-scientifiques (plutôt fumeuses d'ailleurs), X-M ressemble surtout à une aventure ricaine de Tintin où ce crâneur de Lloyd Bridges (futur président débile de Hot Shots) passe plus de temps à tenter de séduire la scientifique frigide de l'équipe qu'à surveiller les moniteurs. Carrément amusant, l'objet n'a pourtant rien de l'aventure joyeuse, puisqu'il dénonce directement les dangers de l'arme nucléaire en imaginant la découverte accidentelle de ruines d'une civilisation martienne (très belle séquence sous filtre rouges, d'ailleurs) avec un finish désespéré qui, malgré quelques lourdeurs, ne démérite pas aux côtés de l'épilogue de La Planète des singes.

 

Bewaaare !

 

On aurait aimé pouvoir dire autant de bien des deux autres réalisations qui occupent le second disque du pack... ce n'est pas gagné même si le foireux Flight to Mars inclut quelques touches d'humour involontaires, en particulier lorsqu'apparaissent de belliqueux martiens... au visage humain tout juste engoncé dans des combinaisons spatiales aux couleurs des télétubies. Imparable. Gageons qu'avec ses minettes en jupettes raz-la-salle de jeux, son héros dragueur (limite obsédé) et ses tirades interminablement longues et stériles, on pourrait penser ici à un pilote pour la série Star Trek. En gros, la même chose mais sans argent, sans talent, ni humour. Le résultat est d'ailleurs tellement improbable que les moins observateurs reconnaîtront immédiatement la fusée et le cockpit de... Rocketship X-M. Tout une époque ! Et c'est là que la bât blesse pour le petit dernier. Red Planet Mars ne manque pourtant pas d'ambition au départ. Pas de rencontres kitsch ou de vol en soucoupe tenue par un fil, la réalisation d'Harry Horner (touche-à-tout au manque de talent constant) s'efforçant d'amener le genre vers le thriller cérébral. Pas drôle du tout donc, puisque Peter Graves (futur monsieur Mission : Impossible et pilote pédophile de Y a-t-il un pilote dans l'avion ?) prend des poses graves et tragiques à tout bout de champ, tandis que l'humanité risque de disparaître, fin annoncée par par le contenu d'un message étrange en provenance de mars. Quelques analyses politico-économiques ne semblent pas si naïves que cela, voire carrément visionnaires, mais le message évangélique qui prend le pas sur ce film d'anticipation statique (oui, parce qu'il ne se passe pas grand-chose non plus) finit par donner des haut-le-coeur. Totalement béat dans son matraquage de l'ennemi russe (agents secrets débiles, dirigeant méchant), Red Planet Mars est plus qu'un brûlot anti-communiste, c'est une série B martelant un message religieux effrayant d'aveuglement. Bien plus, à titre de comparaison, que la fin cinéma de Je suis une légende avec Will Smith.
Ce qui n'est pas peu dire.    

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
Prendre le pari de faire de nouveau surgir ce genre de production, même si certaines sont réputées, implique un risque de heurter les rétines de certains spectateurs. Produites par des studios indépendants, ces petites productions n'ont jamais pu profiter du même soin que certaines restaurations faramineuses (exemples Warner et King Kong), et donc souffrent de défauts plus ou moins marquants. Curieusement le plus mal loti de la bande est pourtant le plus célèbre. Les Envahisseurs de la planète rouge affiche ainsi des couleurs qui bavent, des contrastes oscillants, des images manquantes, un grain omniprésent pour un visionnage douloureux. Pas vraiment beaucoup mieux pour Flight To Mars, l'autre film en couleur, qui subit l'assaut répété de points blancs méchamment agressifs. Red Planet Mars semble en bien meilleure forme avec des contrastes qui tiennent la route malgré un manque de stabilité et des taches régulières. Le grand gagnant est sans conteste 24h chez les martiens, qui nous parvient avec un noir et blanc superbe, un piqué de belle tenue et avec en prime les séquences martiennes sous filtre rouge. Très beau et du coup très fun, les petites rides de ces années passées lui donnant même un charme certain.

 

Son :
En toute logique, en dehors d'une version française caverneuse sur Les Envahisseur de la Planète rouge, Artus s'est à juste titre, contenté de récupérer la version originale des quatre films. Ces dernières ne sont bien entendu pas exemptes de menus défauts, avec parfois de légères baisses de niveau ou quelques effets étouffés. Mais dans l'ensemble ces mono restent parfaitement audibles et donc satisfaisants.

 

Interactivité :
Nous en sommes au second coffret de la collection « Prestige » de l'éditeur, et l'on sent toujours la même passion qui l'anime. Certes, on ne découvre pas ici de documentaire complet sur la vague de films martiens des fifties ou sur l'un ou l'autre des films proposés, mais quatre production réunies dans un seul coffret à moins de 19 euros, voilà tout de même un joli cadeau. Surtout que sur ces galettes, on peut découvrir deux courts-métrages curieux à défaut d'être emballants, les bandes-annonces d'usage et même une fin alternative (le récit n'est alors plus un rêve) pour Les Envahisseur de la planète rouge. En dehors des disques eux-mêmes, Artus a glissé dans le boitier quatre très jolies reproductions de lobby cards et un livret sur le genre de 12 pages. Pas mal !

 

Liste des bonus : Livret 12 pages « Destination Mars» par le Pr Brave Ghoul, 4 cartes postales de reproductions d'affiches et lobby cards, Fin alternative pour « Les envahisseurs de la planète rouge », Court-métrage « La révélation » de Vincent Diderot (10'), Court-métrage « Beyond Lifedome » de Viktor Alexis (8'), Diaporamas, Bandes annonces

 
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