BARRY LYNDON
Angleterre - 1975
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Barry Lyndon »
Genre : Historique
Réalisateur : Stanley Kubrick
Musique : Divers
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Dolby Digital 5.1 français, italien, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, portugais…
Durée : 185 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 18 mai 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Barry Lyndon »
portoflio
LE PITCH
Pour faire son chemin dans le monde corrompu du 18ème siècle anglais, un brave garçon, pauvre, tendre et loyal devient une redoutable crapule. Amant puis époux d'une jeune femme fort riche et non moins titrée, il conquiert la gloire, l'amour et l'argent... mais pour lui, bien dure sera la chute...
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Last sarabande

Film abandonné le plus célèbre de Stanley Kubrick, Napoléon aura au moins permis de donner naissance à Barry Lyndon, adaptation faussement académique du roman de William Makepeace Thackeray. Une riche reconstitution dans les décors, les costumes, mais aussi la mise en image, qui dissimule sous sa beauté formelle une noirceur abyssale.

 

A l'instar du steadycam pour Shining, le dixième long-métrage de Stanley Kubrick est trop souvent résumé à sa prouesse technique. Cinéaste précis, voire maniaque, celui-ci veut en effet donner à Barry Lyndon les atours visuels des grandes œuvres picturales du XVIIIème siècle, s'efforçant ainsi de composer avec des sources de lumière presque anti-cinématographiques : plans à contre-jour, zones du cadre plongées dans la pénombre, soleil constamment masqué par les nuages... Et pour obtenir des intérieurs ombragés, observables que sous la lumière diffuse des bougies, le bonhomme ne va pas hésiter à refuser toute présence de spots sur le plateau, les remplaçant par des milliers de bougies disposées hors champ. On imagine le casse tête pour les pauvres assistants, mais le résultat à l'écran est manifeste. Barry Lyndon est sans aucun doute, sur ce point, le film le plus impressionnant de tous les temps. L'œuvre ne se résume pas pour autant au travail miraculeux du directeur photo John Alcott (Orange Mécanique, Greystoke) puisque chez Kubrick comme chez tous les grands réalisateurs, la technique n'est qu'un outil pour soutenir au mieux le cœur même de la narration.

 

antichambre


Ces plans étouffants dans la précision de leurs compositions, la torpeur inévitable que provoque l'absence de lumière naturelle, l'ambiance constamment tamisée reflètent à la perfection l'immobilisme constant et mortifère de la haute société de l'époque. Que ce soit en France, en Allemagne ou bien sûr en Angleterre, le petit monde de l'aristocratie joue de fards et d'apparences pour dissimuler sa nature animale. La civilisation au paroxysme de la figure de l'enfermement en somme, où chaque pas, chaque propos sont calculés, lentement exécutés. Cette pesanteur constante, marquée par des mouvements de caméra quasi-inexistants et des plans d'une réelle langueur, révèle de l'étiquette et des autres codes de la bonne société toute leur atrocité. Car sous les flonflons, les perruques et les tables de jeu d'un calme surnaturel, ce XVIIIème siècle se complaît dans une guerre brutale et aveugle et le moindre affront s'achève par un duel d'une bêtise ineffable. Ce sont pourtant ces hauteurs que vise l'arriviste Redmond Barry (Ryan O'Neal), futur Barry Lyndon, qui va utiliser tous les moyens à sa disposition pour obtenir sa place dans les milieux aisés.


les sentiers de la déchéance


Manipulation, fausses amitiés, désertions multiples, retournements de veste à la volée et mariage de raison ne feront pourtant que le pousser vers un destin tragique. Non sans donner au film un aspect de fable morale (forme littéraire très courante à l'époque), contrastant constamment avec la voix off du narrateur, pratiquant avec une classe impayable une ironie british du meilleur niveau. Car oui, Barry Lyndon se drape aussi dans les atours de la comédie, avec un humour en demi-teintes, à froid, dans lequel excellait toujours Stanley Kubrick. Ce dernier, du coup, privera finalement ses personnages et son film de toute émotion sincère (les rares explosions de colère ou de tristesse s'effectuent dans l'intimité), exactement comme espéraient le faire les scientifiques politiques sur le pauvre ( ?) Alex dans Orange Mécanique. Restent quelques rares traces d'une humanité accomplie et assumée dans les premières bobines du film, lorsqu'encore jeune jouvenceau, Barry tente de garder auprès de lui sa cousine. Accompagnés de la superbe ballade Woman of Ireland, ces rares instants de poésie surannée et de découverte des émotions seront malheureusement brisés par les sentiments calculateurs de la demoiselle et les intérêts de cette famille tendant elle aussi à retrouver une situation. Un acte fondateur pour le héros de cette tragédie à l'étouffée.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
Avec un film comme Barry Lyndon, la grande inquiétude des cinéphiles repose essentiellement sur le soin apporté par l'éditeur au transfer et au respect de la photo originale. Avec l'omniprésence de séquences en clair obscur, des lumières tamisées des intérieurs, des paysages éclairés par le crépuscule, la difficulté paraissait importante. Heureusement, après un DVD gentiment à la ramasse (perte totale de détails, zones disparaissant dans la pénombre) la copie HD vient redonner ses atours au long-métrage. Les couleurs retrouvent ici leur identité et surtout les éclairages donnent à nouveau l'impression jouissive d'observer des tableaux vivants. Les noirs sont parfaitement définis, les teintes pastelles ou chaudes marquent les esprits tandis que les arrières-plans assurent une excellente profondeur. Certes une petite neige vient envahir l'écran de temps à autres, mais le fait avec un naturel cinéma loin d'être choquant, voire relativement compréhensible puisque la photographie cultive un flou quasi-constant. On reste conscient que le travail proposé ici repose sur une amélioration du master précédent (on aurait apprécié un tout nouveau transfert), mais le tout est exempt de défauts de pellicule et permet de découvrir Barry Lyndon plus en forme que jamais.  

 

Son :
Petite déception au programme : la disparition pure et simple du mono d'origine. Ce dernier est en effet remplacé par un DTS-HD Master Audio 5.1 jugé sans doute plus attrayant. Pourtant, pas de déformations intempestives au rendez-vous : le remixage n'use de l'installation spatialisée que de façon parcimonieuse, faisant vrombir un peu le caisson de basses à l'occasion d'un tir de boulet de canon, ou les enceintes arrières pour installer quelques ambiances environnantes (son de la nature) ou offrir plus de puissances aux morceaux de musique classique. Le résultat est assez probant puisque que la transmission est toujours claire, les dialogues sont parfaitement posés et le tout jouit de la précision du nouveau format. La version française s'en sort un peu moins bien avec son Dolby Digital 5.1 trop académique où le doublage (de qualité cela dit) écrase clairement le reste de la bande son.  

 

Interactivité :
Proposé en exclusivité amazon.com aux USA, Barry Lyndon partage le lot de Lolita, c'est-à-dire celui d'un Stanley Kubrick jugé mineur par Warner. C'est du moins ce que l'éditeur laisse entendre puisque la galette ne propose aucun autre supplément qu'une bande-annonce d'époque... et la plus ennuyeuse en plus...

 

Liste des bonus : Bande annonce

 
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