HORS D’ATTEINTE
Out of Sight - Etats-Unis - 1998
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Hors d’atteinte »
Réalisateur : Steven Soderbergh
Musique : David Holmes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 123 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 12 mai 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Hors d’atteinte »
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LE PITCH
Gentleman cambrioleur, Jack Foley moisit derrière les barreaux du pénitencier d'Etat de Glades en Louisiane. Cet homme qui a plus de cent casses sans armes à son actif ne rêve que de liberté et réussit à se faire la belle. Son copain Byddy Bragg l'attend de l'autre côté. Mais il y a également une visiteuse inattendue, le marshal Karen Sisco, une fort jolie femme venue délivrer une assignation. Elle tente de s'interposer et se retrouve prise en otage, enfermée dans un coffre de voitur...
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Le magnétisme des corps

Trois ans avant le clinquant Ocean's Eleven qui deviendra contre toute attente une trilogie, Steven Soderbergh (Sexe mensonge et vidéo, Solaris) entame dans Hors d'atteinte une relation privilégiée avec George Clooney, et imprime surtout sa vision du cinéma « à la cool » dont la nonchalance n'a ici d'égale que la subtilité tranquille.

 

Très peu connu en France, en dehors de quelques cercles d'initiés, Elmore Léonard est l'un des écrivains les plus productifs et inventifs de ces dernières décennies, aimant autant le polar transpirant que le western crasseux où surnagent immanquablement ses dialogues au phrasé précis et incisif. 3h10 pour Yuma,  Get Shorty, Cat Chaser ou Jackie Brown (auquel Soderbergh fait un clin d'oeil avec Michael Keaton) ayant ouvert le bal, Steven Soderbergh craque littéralement pour l'adaptation de Out of Sight par Scott Frank (futur scénariste de Minority Report), une vision romanesque et relevée du thème de la l'histoire d'amour impossible... en l'occurrence entre une US Marshal nommée Karen Sisco (qui deviendra par la suite l'héroïne d'une brève série TV) et un voleur-charmeur. Le classique jeu du chat et la souris en somme, la relation glamour au possible entre Jennifer Lopez (sans doute son meilleur rôle) et George Clooney (d'un charisme insolent) repose autant sur des poses délicieusement hollywoodienne que sur la drôlerie implacable de leurs échanges verbaux. Habité par une pléthore de seconds rôles délicieux (entre autres Ving Rhames et Don Cheadle) et ponctué de situations drôlement foireuses, Hors d'atteinte est à la fois une œuvre résolument moderne et une émanation éclatante et décalée des films d'exploitations des années 70, comme l'atteste avec décontraction la bande originale volontairement datée de David Holmes (la trilogie des Ocean's).

 

Be cool

 

Pas encore prisonnier de ses tiques de copinage, ses clin d'œil autistes et de sa recherche d'une esthétique documentaire empruntée, Soderbergh démontre ici ses meilleures qualités de cinéaste en composant des plans limpides, subtilement construits et surtout en sublimant son duo d'acteurs, qui habitent le cadre comme de véritables stars à l'ancienne. Rarement ont-ils été aussi bien filmés qu'ici, mais le réalisateur surprend surtout par un montage dont chaque raccord, chaque superposition nourrit autant la trame (l'inexorable finalité d'un cambriolage foutu d'avance... tout comme l'histoire d'amour) que les personnages. Une séquence à elle seule mérite au film d'avoir été établi parmi les meilleures productions de l'année 1998. Assis à la table du bar d'un hôtel de Detroit, Karen Sisco et Jack Foley conversent avec ironie sur leur relation possible, tout en jouant la séduction, tandis que Soderbergh présente en montage parallèle, les deux amants se rapprochant silencieusement dans la chambre quelques minutes plus tard. Une scène romantique à souhait et habilement construite qui va cherche son point d'équilibre dans un léger arrêt sur image au moment où leurs lèvres se touchent enfin. Au milieu de ce film débordant de situations grotesques, de verbiages incessants, les deux héros ne recherchent plus que cet infini et futile instant hors du temps. Une pause qui « retient », un instant du moins, le destin comme seul le cinéma sait le faire.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Universal n'a manifestement jamais voulu investir sur une nouvelle restauration de Hors d'atteinte, et c'est donc la même source qui est réutilisée depuis le premier HD DVD... et qui forcément date un peu. Comme pour le précédent Bluray estampillé Universal, la nouvelle édition de Rimini doit donc se contenter d'un transfert assez fatigué. Quelques petites points blancs sont encore visibles de-ci de-là, et le grain vidéo peut se montrer trop envahissant. Il nous semble observer un léger retrait du réducteur de bruit par rapport à la galette Universal, mais pas de miracle à attendre malheureusement. Dommage car le travail sur les couleurs, chaudes et contrastées, et le creusement des noirs sont plutôt convaincants. De jolis détails viennent habiller l'image dans la plupart des séquences et la gestion de la lumière est excellente.

 


Son :

Si Rimini reprend les deux pistes 5.1 en DTS HD Master Audio développées pour la commercialisation vidéo, il a aussi l'excellente idée de revenir aux fondamentaux avec la stéréo d'origine. Même si les quelques effets de spatialisation sont sympathiques, ce sont ces dernières (spécialement en vo) qui se montrent les plus pêchues et les plus équilibrées et surtout plus proches de l'atmosphère lounge et rétro du film.

 


Interactivité :

Pas d'oubli ici, l'édition en présence, qui a eu la bonne idée de reprendre le superbe visuel de l'affiche, se réapproprie tous les suppléments exploités sur les éditions précédentes. Du direct et classique avec une jolie poignée de scène (-ttes) coupées, histoire de profiter de petits échanges supplémentaires, dont le retrait du montage final n'est malheureusement pas toujours très clair. Suit une featurette basique regroupant quelques interviews proprettes de l'équipe dont la vacuité tranquille est heureusement compensée par un commentaire audio passionnant. Regroupant Soderbergh et son scénariste Scott Frank, la piste fait preuve d'une précision de tous les instants, les interlocuteurs ne cessant de questionner leurs choix ou leur travail d'adaptation. Même l'inimitié entre Clooney et Lopez n'est pas écartée.
A cela est désormais ajouté une nouvelle discussion enflammée entre Frédéric Mercier et Mathieu Macheret (les deux compères de la collection Wilder), qui explore les nombreux charmes du film et surtout rappelle à quel point son succès et sa réussite ont permis de relancer la carrière de Soderbergh sur une voie totalement nouvelle.

 

Liste des bonus : Conversation entre Frédéric Mercier (critique cinéma) et Mathieu Macheret (critique cinéma et enseignant) (35'),Commentaire audio du réalisateur et du scénariste, scènes coupées (22'), les coulisses du tournage (25'), Bandes annonces

 
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