LES YEUX DE JULIA
Los Ojos de Julia - Espagne - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Les Yeux de Julia »
Genre : Horreur
Réalisateur : Guillem Morales
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 espagnol, DTS 5.1 français
Sous-titre : Français, Espagnol, Anglais
Durée : 112 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 27 avril 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Yeux de Julia »
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LE PITCH
Julia souffre d’une maladie dégénérative qui lui fait perdre progressivement la vue, et qui a déjà rendu sa sœur jumelle Sara aveugle. Lorsqu’elle découvre le corps de Sara pendu dans le sous-sol de sa maison, Julia soupçonne qu’il s’agit d’un meurtre. Rejetant la thèse du suicide, elle décide de mener une enquête qui va la mener dans un univers aussi sombre que mystérieux. Très vite, elle ressent une présence malveillante à ses côtés.
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L'oeil de la caméra

Produit par la même équipe que L'Orphelinat et en particulier par l'indispensable Guillermo Del Toro (Le Labyrinthe de Pan, Hellboy II), Les Yeux de Julia n'aura pas profité, lors de sa sortie, de la même couverture médiatique que ses autres camarades espagnols. D'autant plus dommageable que le jeune Guillem Morales se révèle être l'un des meilleurs espoirs du frisson ibérique.

 

C'est qu'avec de tels noms au générique (on retrouve une nouvelle fois la sublime Belén Rueda), le risque était grand de se retrouver en terrain connu. Pourtant aucune trace ici de construction visuelle inspirée du gothisme ambiant, ni du soleil aveuglant et chaud des paysages espagnols. Après l'inédit El habitante incierto et une poignée de court-métrages, Guillem Morales continue de triturer le thriller horrifique pour l'emmener sur des chemins de traverses, incarnant un maître de jeu manipulateur, toujours prompt à faire bifurquer son récit de manière étonnante. Baigné dans une lumière rasante, voire absente, envahie de teintes grisâtres rappelant presque certaines visions de Silent Hill, Les Yeux de Julia converge constamment vers un drame humain, jamais loin de la chronique d'un couple mature, entre hésitations, doutes mais surtout un amour fort et d'une grande simplicité, dont la justesse passe toujours par les regards du duo Rueda (Mar Adentro) / Lluis Homar (La Mauvaise Education).

 

ne fermez pas les yeux


Le regard est justement au centre du dispositif filmique puisqu'à l'instar de Blink ou Jennifer 8, le long-métrage construit son suspens autour de l'évolution de la maladie oculaire dégénérative de l'héroïne. Mais plutôt que de laisser cet élément comme un simple atout scénaristique, la mise en scène embrasse totalement son sujet, accumulant peu à peu les zones d'ombres, masquant les visages par le cadrage et rendant l'angoisse de cette proie facile particulièrement communicative. Une réalisation méchamment efficace (tout juste ébréchée par une bande originale trop évidente), qui fait frémir et sursauter à de nombreuses occasions, mais esquive élégamment tous les effets faciles. Le point de vue contrôlé par Morales donne alors à voir un fantastique naissant (l'hombre qui déambule dans la maison, les bruitages inlocalisable, le lien avec la sœur jumelle), qui se transforme progressivement en film de psycho-killer flippant, empruntant certaines escapades au giallo italien (une jeune fille empalée sur un mur, l'homme en noir qui assassine dans l'ombre - clin d'œil évident à Ténèbres, une paire de fesses d'infirmière suivie en travelling, etc.) comme pour constamment brouiller les repères du spectateur. A la fois virtuose et épuré, Les Yeux de Julia ne trébuche finalement que dans sa dernière demi-heure, en versant dans le survival plus brut et direct une fois le mystère principal révélé. Une petite baisse de régime en fin de course rattrapée in extrémis par une image finale aussi poétique que romantique.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Plongé dans le noir le plus profond, aveuglé par une soudaine lumière, étouffé par la pénombre, devant le master fignolé par Universal le constat est toujours le même : le travail de compression et d'étalonnage est détonnant sur un écran HD. Les couleurs, pas franchement des plus chaudes, affichent toute une tenue exceptionnelle et les contrastes sont cisaillés avec amour. Un visionnage d'autant plus agréable que le piqué est indéboulonnable. En Blu-ray les films espagnols ont encore plus de gueule !

 

Son :
Universal ne semble pas décidé à se départir de sa politique poussant les adeptes de la version française à visionner le métrage avec une seule piste DTS 5.1. Le résultat est somme toute assez efficace et ample, mais n'apporte aucunement la même richesse que son homologue espagnol fournie dans un très beau DTS HD Master Audio 5.1. Vive, puissante et délicate, elle restitue avec finesse le moindre indice sonore se cachant sur les enceintes avant ou sur les arrières, fait sursauter à maintes reprises avec son caisson de basse sadique et impose une ambiance oppressante à souhait. Jouant sur la vision, Les Yeux de Julia devait forcément en passer par un montage sonore construit avec virtuosité et la piste sonore prouve que c'est parfaitement réussit. 

 

Interactivité :
Manifestement sous-traité vu l'ampleur et l'ambition du film, le traitement éditorial se contente d'une simple featurette promotionnelle. On y croise à peu près tout le monde (le réalisateur, Del Toro, les acteurs...) mais tout cela va beaucoup trop vite et se contente de décrire le métrage que l'on vient de visionner.

 

Liste des bonus : Making of (17'), Bandes-annonces

 
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