DEMENTIA 13
Etats-Unis - 1963
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Genre : Horreur
Réalisateur : Francis Ford Coppola
Musique : Ronald Stein
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 72 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 5 avril 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Dementia 13 »
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LE PITCH
Pas très heureuse des dispositions testamentaires de sa belle-mère, Louise Haloran est obligée de camoufler le décès accidentel de son mari. Tout au moins le temps de se rendre en Irlande pour y amadouer la belle-famille et obtenir une bien meilleure compensation…
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chiffre porte bonheur

Les très grands ont en général commencé petits. Francis Ford Coppola est passé par là, devant cachetonner pour le cinéma Bis des années 60 avec, entre autres, ce Dementia 13 n'ayant gagné son chiffre que pour des raisons de droits.

 

Comme quelques-uns de ses camarades de l'époque, ou d'autres légèrement plus jeunes (Joe Dante, James Cameron, Jack Nicholson...), Francis Ford Coppola a commencé chez Roger Corman, réalisateur émérite de La Chute de la Maison Usher et La Petite boutique des horreurs, doublé du producteur le plus pingre de l'histoire d'Hollywood. Un rapport de maître à apprenti en somme, à une époque où le cinéma prônait encore une certaine vision artisanale. Après avoir fait ses premières armes sur la comédie The Bellboy and the Playgirls et surtout sur quelques séquences du recommandable L'Halluciné, Coppola trouve l'occasion de produire sa première vraie œuvre lors du tournage de l'anecdotique The Young Racer. Profitant des décors et du casting de ce dernier, il met en boîte en quelques jours et avec les restes du budget une petite bande horrifique qu'il co-écrit avec Jack Hill (Foxy Brown). Forcément, dans ces conditions, le long-métrage ne prête absolument pas aux mêmes ambitions que la future carrière du monsieur, versant volontiers dans les excès et les défauts de nombre de films de genre de l'époque.  

 

Parrainage


Acteurs soufflant le chaud et le froid, situations déjà-vues (la construction est un décalqué de Psychose), nombre de problèmes techniques (perche apparaissant en plein champ !)... En dépit de tout cela, Dementia 13 ne peut décemment pas dissimuler un maitre en devenir. Coppola réussit ainsi à dépasser régulièrement son carcan gothique, pour transporter son récit vers une modernité étonnante. Les cadres posés, souvent figés, sont constamment remis en question par de courts ralentis, le 1.33 ne semble pas toujours à même de contenir l'action et surtout le cinéaste télescope un fantastique atmosphérique, le drame familial et une forme de whodunit avant-gardiste, annonçant les futurs slashers. Parsemé de scènes d'une beauté troublante (l'exploration du bassin, notamment), Dementia 13 profite de l'élimination précoce de la vraie / fausse héroïne (Psychose, donc) pour libérer la fureur contenue de son assassin, inspirant au cinéaste des scènes de meurtre à la hache d'une violence plus que sidérante pour l'époque. Graphiques, sanglantes et à la fois presque ésotériques, elles façonnent l'image d'un jeune réalisateur en pleine découverte de son propre vocabulaire, en passe de monter la première marche qui le mènera vers Le Parrain, Apocalypse Now ou Dracula.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Carrément balancé à la barbare par des éditeurs sans scrupules (hou les vilains !), Dementia 13 n'était jusqu'ici visible que dans des copies d'un autre âge, troublées, neigeuses, scarifiées, à peine digne d'une VHS. Il était temps que Wild Side Vidéo mette les mains dans le cambouis. Certes, aujourd'hui encore le grain ne se fait pas oublier et les photogrammes sont régulièrement marqués par quelques rayures, mais force est de constater qu'on est à des années-lumière de la concurrence. Le piqué est étonnant, le noir et blanc retrouve une vraie force de composition, donnant à ce master exclusivement français une apparence plus séduisante que jamais.

 

Son :
Tout aussi gratinée que sa copine image, la piste sonore originale s'apparentait auparavant à un flot continu d'une machinerie des années 20. D'insupportable et inaudible, le tout est passé à distant, souffrant souvent d'un effet d'écho et d'un léger souffle. Ce n'est donc pas parfait, mais le spectateur y gagne la durabilité de ses tympans.

 

Liste des bonus : Aucun

 
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