LE MESSAGER DE GUERRE
The Postman Strikes Back / Xun cheng ma - Hong-Kong - 1982
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Genre : Action, Aventure
Réalisateur : Ronny Yu
Musique : Frankie Chan
Image : 2.35 16/9
Son : Cantonnais mono
Sous-titre : Français
Durée : 87 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 1 mars 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Devenue une jeune République, la Chine est encore sous la coupe de puissants seigneurs de la guerre qui se déchirent pour régner sur les territoires du Nord. Le président Yuan conspire pour devenir le nouvel empereur et multiplie les opérations pour mettre à genoux les dissidents. A sa solde, un groupe de quatre mercenaires est chargé de livrer des armes à travers des provinces infestées de bandits sans savoir qu’ils sont les complices d’une conspiration.
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Voyage à l'ouest

Catégorisé un peu trop vite grand esthète du cinéma chinois grâce au sublime The Bride with Withe Hair (Jiang Hu), Ronny Yu est certes devenu ces dernières années l'un des rares représentants de l'exportation sino-américaine réussie (La Fiancée de Chucky, Freddy contre Jason), mais il a débuté comme nombre de ses camarades dans des productions moins glorieuses et moins personnelles.

Dans sa filmographie, on trouve ainsi quelques action-comedies de série, un peu de fantastique (S.O.S. Maison Hantée) ou la découverte d'un certain Brandon Lee (L'Héritier de la violence), au milieu desquels apparaît ce Messager de guerre jusqu'à aujourd'hui inédit en France. Troisième long-métrage de Yu, The Postman Strikes Back (titre international) ne fait pas encore forcément montre de son sens du montage, ni d'un travail visuel des plus poussés, mais le cinéaste qui venait de rentrer de ses études aux USA détourne clairement un contexte historique local (la naissance de la république), des personnages identifiés et des séquences d'arts martiaux calibrées pour mener son film sur les traces du western italien, pour un résultat totalement déconnant et patchwork. Son cadre hérité du cinémascope de Leone dépeint ainsi une aventure rocambolesque, construite comme un road movie où une équipe improbable (très 7 mercenaires du pauvre) se constitue pour mener à bien une mission foireuse.

 

ca bouge avec la poste

 

Plutôt attachants, ces personnages parfois loufoques (Bu et sa passion des explosifs) mais toujours traités au premier degré permettent justement de justifier une noirceur grandissante et étonnante, qui se dirige tout droit vers un final des plus tragiques. Si a priori le scénario ne prête véritablement pas à la gaudriole, le cinéaste s'amuse pourtant à mélanger l'angle kung-fu (finalement assez secondaire) avec l'imagerie des cowboys campant sur un paysage d'Ouest sauvage, la violence visuelle d'un Sam Peckinpah (le massacre à la gathling), et quelques idées furieusement Baby Cart : des hommes de mains attaquant les héros sur un lac gelé avec leurs patins à glace, un ninja bardé de gadgets ou un duo fonctionnant dans une symbiose très manga.  Et c'est justement ce mélange constant des genres, finalement assez réussi, qui fait du Messager de guerre une production des plus sympathiques, inventive et fraîche comme pouvaient l'être les films d'exploitation hongkongais de l'époque. Amusant de voir au passage comment la star de l'époque, solide et impassable Leung Ka-Yan, se fait clairement voler la vedette par un tout jeune Chow-Yun Fat jubilatoire et poseur, préfigurant par ses attitudes dandy les futurs God of Gamblers et même le jeter de clope et l'imper du Syndicat du crime.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Datant de 1982, le film aurait pu nous parvenir dans un pire état que celui-ci. Reprenant manifestement le master de l'édition anglaise de HK Legends, le disque français fournit une copie non exempte de défauts (scratches, taches, fourmillement dans les arrières-plans) mais qui réussit à les minimiser de manière efficace. Les couleurs un peu passées restent agréables et la compression est d'excellente qualité.

 

Son :
Inédit (ou alors excessivement rare) chez nous, le film de Ronny Yu n'est disponible ici que dans sa version cantonaise en mono d'origine. Un peu fatiguée, cette dernière reste parfaitement audible et nous permet surtout d'éviter un doublage français forcément craignos.

 

Interactivité :
Pas de Chow Yun-Fat ici ni de Ronny Yu ; il faut se contenter d'une interview de Leung Ka-Yan. Ca tombe bien, l'acteur / athlète est souvent oublié parmi les grandes figures populaires du cinéma chinois. En un peu moins d'une dizaine de minutes, il évoque ainsi un tournage difficile (surtout les séquences dans la neige avec de toutes petites bottines) et surtout ses relations avec le reste de l'équipe. Tendres, ses propos deviennent bien plus pertinents lorsqu'il effectue un comparatif avec les conditions de tournage actuelles, le manque de risques et la prépondérance de cascadeurs anonymes.

 

Liste des bonus : Interview de Leung Ka-Yan (7'), Bandes-annonces

 
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