THE AMERICAN
Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The American  »
Genre : Thriller
Réalisateur : Anton Corbijn
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, anglais…
Durée : 103 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 30 mars 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The American  »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Jack est un tueur à gages habile et expérimenté. Toujours en alerte, il n’a aucune attache. Quand une mission tourne mal et lui coûte la vie de la femme qu’il aime, il se fait la promesse que son prochain contrat sera le dernier. Cette ultime mission le conduit dans un pittoresque village italien niché dans de hautes collines. Mais pour Jack, chaque lieu peut se révéler un piège et chaque personne une menace. Toutefois, il prend goût aux confidences échangées autour d’un armagna...
Partagez sur :
son nom est personne

Après sa série de pubs What Else ? et ses incartades politiques (aussi pertinentes soient-elles), on n'avait presque fini par oublier que George Clooney était avant tout un grand acteur et l'une des dernières vraies stars à la mode Hollywoodienne. Et il fallait le néerlandais Anton Corbijin pour lui redonner ses allures de gentlemen, tout en les tempérant sous un angle plus acerbe.

 

Depuis que la trilogie Jason Bourne a transformé toute l'imagerie du thriller musclé, allant jusqu'à motiver directement la relance de la licence James Bond (il fallait le faire), on n'imagine plus de pelloches mettant en scène agents secrets ou assassins charismatiques sans en passer par un script-puzzle et un montage épileptique. En somme, une négation totale des grandes heures du genre (allez au hasard, Sydney Pollack dans ses grandes heures) que semble vouloir rectifier l'inattendu Anton Corbijn, ancien clipper de U2 et Depeche Mode et réalisateur de Control, biographie éclair du chanteur de Joy Division. Justement, lui qui vient du monde de l'imagerie rapide et de « l'effet pour l'effet » fait tendre constamment son cinéma vers un regard en arrière. Non pas à reculons, mais bourré de bagages bien tassés. L'écartant un temps de son image de Cary Grant moderne, le cinéaste enferme ainsi l'ineffable George Clooney dans le rôle d'un assassin presque mutique, en tout cas immobile et fermé.

 

Private Gentleman


The American évoque le héros de Sergio Leone, Corbijn faisant immédiatement glisser le film tendu et paranoïaque (on reconnaît ici la caméra affutée d'un Melville), vers le western à l'ancienne, où se croisent duels au colt dans une ruelle (presque) déserte, retraite dérangée par d'anciens pistoleros (sublime ouverture), rédemption instillée par un prêtre repenti et une prostituée au grand cœur... Si la lumière glaciale et la prolifération de voitures lustrées ou de costumes impeccables encastrent ce « Monsieur Papillon » dans une modernité mécanique, ce n'est que pour mieux le laisser respirer dans des plans hors du temps. Car comme tout récit de rédemption, dans The American le moteur du script et par extension de la mise en scène consiste à dévisser le héros de son inhumanité apparente pour lui faire accepter un « autrement », en l'occurrence son idylle avec la superbe Violante Placido. Attachant intellectuellement et cinématographiquement (les cadres au format scope sont parfaits), le long-métrage perd clairement de son efficacité, justement, dans la mise en place trop classique de cette histoire d'amour « déjà vue », tout comme de la trame parallèle du « dernier contrat » aux atours de machination. Pertinent dans ses dialogues, ses regards, The American perd ses atours dans une déambulation parfois hasardeuse, voire touristique (l'Italie est sublime et mystérieuse, certes), en tout cas balisée, qui entame le maniérisme contemplatif d'un cinéaste en pleine éclosion.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Malgré son grand écart avec les thrillers d'antan, The American travaille une photographie à la lumière glaçante que sert à la perfection un master HD tranchant. Chaque plan impose une image détaillée, une précision débordante, faisant naître un joli relief sur les paysages italiens et le visage de Clooney. Une ou deux séquences faiblissent à marier le grain de la pellicule avec une compression étrangement vacillante, mais l'ensemble de ce Blu-ray affiche un travail impeccable et carré.

 

Son :
Film calme et atmosphérique, pour ne pas dire silencieux comme une tombe, The American s'offre des pistes DTS-HD Master Audio 5.1 qui ne risquent pas de réveiller les voisins. Les dialogues y sont clairs et appuyés, les rares pointes musicales se mêlent agréablement à la partition, tout comme les quelques petits bruitages à l'écho lointain (les pas sur les pierres du village, le vent dans les arbres). Délicat, mais les techniciens ne se sont pas endormis puisque lorsque les ballent fusent, leur impact tinte sourdement avec naturel.

 

Interactivité :
Distribué par Universal aux USA, Warner en France (mais Mars Films en salles), le Blu-ray de The American a perdu un supplément pendant le transfert. Pas de trace ici du commentaire audio du réalisateur, certes pas des plus percutants, qui compensait néanmoins la courte durée du petit making of promo glissé nonchalamment dans la galette. Restent quelques scènes coupées d'un intérêt limité (plans anecdotiques, dialogues redondants avec le montage définitif). Une interactivité vite emballée, en particulier pour un long-métrage avec mister Clooney.  

 

Liste des bonus : En route vers la rédemption (11'), Scènes coupées (6'), Bande-annonce

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021