BODYGUARDS & ASSASSINS
Shi yue wei cheng - Hong-Kong - 2009
Image plateforme « DVD »
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Réalisateur : Teddy Chan
Image : 2.35 16/9
Son : Français et cantonnais Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 138 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 8 février 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Bodyguards & Assassins »
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LE PITCH
Hong Kong, 1906. Chef incontesté de la révolution, SunYat-Sen fait une escale dans la péninsule sous très haute surveillance. Protégé par huit gardes du corps, il est la cible d’une centaine d’assassins qui n’ont que quelques heures pour supprimer celui qui fait trembler le pouvoir chinois en place. Dans ce climat paranoïaque intense, chaque citoyen est un danger potentiel. Corps-à-corps, ruses et trahisons se succèdent dès lors entre les hommes de Sun Yat-Sen et les hordes de tu...
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Révolution en deux temps

Consacré en son pays meilleur film 2009, accompagné du prix du meilleur réalisateur, de la meilleure direction artistique, des meilleures chorégraphies et de quelques prix d'interprétation, Bodyguards & Assassins a fait l'objet d'un engouement comme Hong-kong n'en avait pas connu depuis longtemps. Et si le contenu idéologique risque de laisser les occidentaux circonspects, le final orgiaque ne pourra les laisser de marbre.

 

Même si l'âge d'or de la production hongkongaise est bel et bien très loin derrière nous, quelques cinéastes continuent d'espérer trouver le moyen de réveiller une industrie désormais moribonde. Jusqu'ici assez modeste dans ses ambitions, Teddy Chan (Espion Amateur, Purple Storm) prend donc les commandes de l'un des plus gros budgets de ces dernières années et réussit à convaincre une pléthore de stars locales de venir incarner l'un des héros de ce thriller historique. Donnie Yen, Leon Lai, Tony Leung Ka Fai, Nicholas Tse.... Du beau monde pour un film choral qui surprend à plus d'un titre. Largement fictionnel, le long-métrage s'inspire tout de même de différents évènements s'étant déroulés en Asie au début du XIXème siècle, en particulier la montée de l'anti-impérialisme personnifiée par Sun Tat-sen, futur fondateur de la première République de Chine. Un personnage au centre de Bodyguards & Assassins puisque c'est sa venue à Hong-Kong (pour une réunion censée être le premier jalon de la révolution) qui chamboule la vie de quelques habitants. Confrontés à un assassinat programmé, certains vont se découvrir des convictions politiques, un courage ou un amour inattendus, et devenir à leur tour l'un des gardes du corps du cortège improvisé qui va traverser la ville de part en part, sous les assauts des hommes de la dynastie Qing. Une situation tendue vers laquelle se dirige tout le film, découpé en deux parties à la manière d'un certain Titanic.

 

streets on fire


Dans un premier temps le réalisateur préfère ainsi installer les personnages, les creuser et les relier entre eux en clarifiant les motivations de chacun, pour que le long final soit émotionnellement plus chargé que dans un film d'action lambda. Une idée inspirée mais qui malheureusement, et ce malgré des acteurs impeccables, se confond dans un mélange de mélo larmoyant et de nationalisme primaire, qui plus d'une heure durant gâche toute la beauté plastique d'une mise ne scène parfaitement cadrée et la précision de la reconstitution historique (décors sublimes, plans d'ensemble en synthèse parfaitement intégrés). Il faut clairement s'accrocher pour supporter les dialogues insipides et les ralentis sirupeux, car si cet élan revient à quelques occasions par la suite, la dernière heure se révèle être un spectacle tétanisant d'efficacité. Une fois la machine lancée, Bodyguards & Assassins renoue avec l'énergie des grands films chinois. Prenant la forme d'une scène d'action quasi-ininterrompue, le film culmine dans une débauche de chorégraphies dantesques, de mouvements de caméra fluides et dynamiques et surtout dans une violence exacerbée qui explose à l'écran avec une tension et une maestria jubilatoires. A ce titre, le long travelling qui suit la baston de Donnie Yen dans des ruelles surchargées de passants est hallucinant et réussit à mêler mouvements amples, impacts brutaux, cascades délirantes et réelle implication émotionnelle. A voir absolument, même s'il faut une sacrée abnégation pour dépasser un démarrage décourageant.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Le cinéma hongkongais, s'il a du mal à se relever, a bien compris cependant que désormais il fallait travailler son image au-delà de simples transferts fatigués. Bodyguards & Assassins fait donc preuve d'une véritable maîtrise technique avec une copie lumineuse aux couleurs vibrantes et soutenues avec force. Préservant un grain naturel des plus agréables, l'image ne souffre d'aucune défaillance, supportée par une compression à toute épreuve qui du coup laisse apparaître un sens du détail plus qu'appréciable au format SD.

 

Son :
HK Vidéo sait soigner son catalogue et fournit ici deux pistes Dolby Digital 5.1 parfaitement calibrées. Comme d'habitude le doublage français aplatit le travail général, mais les deux mixages accompagnent joliment le film, soulignant le dynamisme et la violence de la seconde partie, et le calme apparent de la première heure. Le tout est conçu avec délicatesse, balançant avec naturel les dialogues, les bruitages d'arrière-plan et la musique, tout en sachant se montrer plus rentre-dedans lorsque nécessaire. Bien entendu la restitution est fluide et limpide.

 

Interactivité :
Pas très sympas, les petits gars d'HK Vidéo on décidé de bouder les habitués du DVD en les empêchant de profiter des scènes coupées, des instantanés de tournage et du making of présents sur le disque chinois. Ne reste plus en suppléments que l'interview de Teddy Chan, qui heureusement se montre relativement loquace même si son anglais est parfois hésitant. Il n'hésite pas à faire état des difficultés connues par l'industrie cinématographique chinoise ces dernières années. Forcément très emballé par son propre travail, il souligne surtout l'importance de trouver de nouvelles voies pour séduire le public, un mélange d'innovation et de main tendue aux spectateurs locaux. Il ajoute à cela quelques petites anecdotes de tournage et de la tournée promo, et le tout passe finalement, bien trop rapidement.

 

Liste des bonus : Interview du réalisateur (15'), Bandes-annonces

 
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