INTOLéRABLE CRUAUTé
Intolerable Cruelty - Etats-Unis - 2003
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Intolérable cruauté »
Genre : Comédie
Réalisateur : Joel Coen, Ethan Coen
Musique : Carter Burwell
Image : 1.85 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, italien allemand…
Sous-titre : Français, anglais, portugais, danois…
Durée : 100 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 11 janvier 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Intolérable cruauté »
portoflio
LE PITCH
Miles Massey est l'avocat que l'on s'arrache quand on veut divorcer. Sa renommée et son train de vie témoignent de sa remarquable réussite. Mais Miles s'ennuie. Il ne va pas tarder à trouver un cas à sa mesure.
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Divorce à l'américaine

Même quand on signe des réussites aussi majeures que No Country for Old Men, True Grit, Barton Fink ou Fargo, il arrive parfois que l'on se casse les dents sur un morceau aussi dur que du béton. Avec leur romance au vitriol, Joel et Ethan Coen expérimentent, jubilent, mais se font rattraper par une comédie qui, à l'arrivée, manque sans doute de cruauté.  

Opérant autant un travelling constant sur la constitution de la nation américaine qu'une relecture progressive de ses codes cinématographiques, les frères Coen ne pouvaient passer à côté de la comédie classique hollywoodienne. Si leur vision bigarrée du burlesque avait déjà fait mouche dans des bandes comme O'Brother, The Big Lebowski ou Arizona Junior, ils semblaient éviter précautionneusement les atours de la comédie sentimentale si chère aux grands écrans américains. Tout d'abord envisagé comme une simple commande, Intolérable Cruauté embrasse donc avec plaisir tous les codes d'un genre décliné depuis des années jusqu'à l'écœurement : le couple qui se déteste mais va finir par s'aimer, les seconds rôles qui passent les plats, quiproquos à volonté, imagerie glamour et surtout... happy-end glorieux. Les bases sont là, mais plutôt que d'en rappeler au tout venant de la production actuelle et à ses débordements, les frangins préfère rendent hommage aux sources du genre (les années 40-50) et leur ton plus acerbe, où finalement la création (ou recréation) du couple est vécue comme un combat entre deux visions du monde, celui de la femme et de l'homme.

 

valse à deux temps


Malins, les frangins s'amusent même à brouiller les pistes en inversant les rôles (Clooney désespérément amoureux, Zeta-Jones qui n'ose s'avouer son attrait pour lui) et à compliquer encore plus la situation en faisant de chacun d'eux l'un des outils de l'échec de la vie sentimentale moderne : elle se veut croqueuse de maris richissimes, lui est avocat de génie en divorce. Les dialogues sont ainsi souvent féroces, les regards glaciaux et leur tango aussi mécanique que pulsionnel. Le duo d'acteurs est d'ailleurs la plus jolie trouvaille du film tant l'inexpressive Zeta-Jones culmine en femme fatale tandis que George Clooney se révèle un héritier brillant de Cary Grant dans son mélange de classe inattaquable et de folie qui peut tomber dans l'hystérie. Plutôt réussie, la première partie du film se consomme comme une comédie acide, voire d'une méchanceté cartoonesque, mais dont la force s'étiole au fur et à mesure que les mini-twists prévisibles s'enchaînent. Clairement plus à l'aise dans la fable (Le Grand Saut), le polar (Miller's Crossing, Fargo) et le western (True Grit, No Country For Old Men), les Coen ratent finalement le coche en se faisant rattraper par les automatismes de leurs contemporains, perdant le fil de leur mise en boîte autant du genre que d'une vision monétarisée de la Love Story dans la bourgeoisie clinquant made in USA. D'où une difficulté réelle à digérer un gâteau sans doute trop sucré, qui ne les empêchera pas de réitérer des erreurs similaires dès l'année suivante avec le remake de Ladykillers. Heureusement depuis, ils ont pris un alka seltzer et leur digestion va beaucoup mieux.

Nathanaël Bouton-Drouard

AUTRE AVIS :

Une comédie brillante et un faux film mineur pour les frères Coen. Et le couple Clooney / Zeta-Jones est irrésistible !
Alexandre PONCET
Note : 5/6

 







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Image :
Encore inédit en HD (donc pas de HD-DVD), Intolérable Cruauté affiche un travail au minimum. La copie est certes propre et gagne légèrement en profondeur de champ et en vivacité des couleurs, mais la différence avec le master SD reste des plus discrètes, sans doute à cause d'un léger fourmillement dans les arrières-plans qui vient entamer un grain cinéma des plus naturels. C'est joli, agréable, mais la photographie aurait mérité d'être beaucoup mieux soutenue.

 

Son :
La piste sonore anglaise se voit gonflée, comme tous les Blu-ray Universal, en un DTS HD Master Audio 5.1 qui permet de donner un son plus fluide et plus d'énergie à des ambiances sonores à la base relativement discrètes. Petit problème, à force de booster ces dernières, elles ont la fâcheuse tendance à recouvrir des dialogues trop timides. Un manque d'équilibrage qui oblige souvent à jouer de la télécommande pour garder une écoute confortable. Plus sobre, la version française en DTS 5.1, elle, paraît mieux balancée, mais on perd tristement la qualité d'interprétation du duo US.

 

Interactivité :
Déjà méchamment handicapée par une interactivité des plus limitées (malgré un long documentaire existant sur le tournage) en DVD à cause de son relatif échec commercial et critique, la comédie des frères Coen avait dû se satisfaire d'un petite featurette de circonstance. Un document que Le Blu-ray ne s'est même pas efforcé de reprendre, la galette étant désormais nue comme un ver.

 

Liste des bonus : Aucun

 
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