SPIDER-MAN 2
Etats-Unis - 2004
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Spider-Man 2 »
Réalisateur : Sam Raimi
Musique : Danny Elfman
Image : 2.35 16/9
Son : français, anglais en DD 5.1, anglais en True HD 5.1
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 145 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 12 juin 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Spider-Man 2 »
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site officiel
LE PITCH
Ecartelé entre son identité secrète de Spider-Man et sa vie d'étudiant, Peter Parker n'a pas réussi à garder celle qu'il aime, Mary Jane, qui est aujourd'hui comédienne et fréquente quelqu'un d'autre. Guidé par son seul sens du devoir, Peter vit désormais chacun de ses pouvoirs à la fois comme un don et comme une malédiction.
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sous le masque de l'araignée

Dessiné par Alex Ross en personne, l'incroyable générique de Spider-Man 2 apparaît comme une note d'intention : en reprenant les moments forts les plus intimes du premier épisode et en omettant littéralement ses morceaux de bravoure, Sam Raimi recadre l'intérêt d'un public empoisonné par une promotion mensongère (bandes-annonces et affiches focalisées sur le costume de l'homme araignée) sur le personnage de Peter Parker, seule clef de voûte de ce nouvel opus. Car il est ici une évidence qui va sévèrement diviser l'opinion quant à cette seconde aventure : Spider-Man 2 est bien davantage une comédie dramatique et sentimentale qu'un film d'action dévastateur. Et certains de se poser d'emblée la question : Sam Raimi aurait-il vendu son âme au Diable ?!

 

Il y a, bien évidemment, une quantité fort honorable de scènes d'anthologie dans Spider-Man 2 et l'utilisation que le réalisateur de Evil Dead fait du Docteur Octopus (Alfred Molina, magnétique) défie la raison cinéphile. Le réveil du monstre en pleine salle de chirurgie compte en premier lieu parmi les instants les plus frénétiques, violents et vituoses de la filmographie déjà largement allumée de Raimi. L'affrontement épique entre Spidey et le professeur tentaculaire sur une rame de métro lancée à vive allure s'inscrit quant à lui au panthéon des combats les plus mémorables jamais imprimés sur pellicule, chaque cadrage, mouvement d'appareil ou coup porté traduisant une fluidité, une rigueur et une inventivité absolues. Ayant le contrôle total des quatre coins de son cinémascope (vous avez bien lu : CINEMASCOPE), comme au bon vieux temps de Evil Dead 2, Darkman et Mort ou Vif, Raimi profite enfin des avancées technologiques des deux années passées pour magnifier le moindre envol du tisseur. Eparpillées avec parcimonie au fil du métrage, les acrobaties de Spidey emportent le spectateur dans un tourbillon aérien sans précédent, atteignant son point culminant lors d'un avant-dernier plan inimaginable.

 

Dernier recours


La dernière image quant à elle, tout comme les plans d'ouverture d'ailleurs, ramène le métrage à son essence véritable. La solitude de Peter Parker et son incapacité à s'épanouir dans sa double existence nourrissent le plus grand du film, et celui-ci ne s'éloigne de cette thématique (et encore, modérément) que lorsqu'il n'y a plus d'autre alternative. Viscéralement intégrées à l'histoire, car motivées par des drames personnels ou des choix fondamentaux des divers protagonistes (Peter et Octopus en tête), les séquences d'action sonnent dès lors comme des derniers recours et ne dévient à aucun moment de leurs enjeux originels. Une sorte d'anti Matrix Reloaded en somme, l'aspect ludique de l'entreprise se voyant systématiquement justifié par les rebondissements de l'histoire.

 

Multiplicité


Faute du blockbuster attendu, Spider-Man 2 serait-il un long film bavard ? En aucun cas. On admettra certes un léger défaut : une structure narrative peinant à succéder à l'écriture fluide de David Koepp, un peu comme si Mike Millar et Alfred Gough (auteurs du consternant Smallville) avaient envisagé ce second film comme une saison transitoire de série TV (les fondus au noir et enchaînés constituent ici les changements d'épisodes). Toutefois, ce constat n'affecte en rien ni la profondeur et l'importance des événements relatés, ni la thématique bouillonnante qui nourrit la moindre séquence. En réalisant le premier Spider-Man, Sam Raimi avait donné vie à l'un des premiers blockbusters totalement libres de ton, virevoltant d'une sous-intrigue à une autre et d'un enjeu à son contraire en l'espace de deux malheureuses coupes. Une scène réunissant Pete, Harry et son père dans l'appartement des deux jeunes hommes, située en milieu du projection, résumait merveilleusement bien le projet du réalisateur, celui-ci apportant un nouvel éclairage à chaque nouvelle seconde. Koepp ayant passé la main, on ne s'attendait pas à revivre une telle épopée scénaristique ; c'était sans conteste sous-estimer l'ambition de Raimi. D'une course contre la montre renversante au coeur de New York (15 enjeux établis en trois minutes) à une fête d'anniversaire douce-amère (30 enjeux (ré)établis en soixante secondes), d'une douce conversation entre Pete et le couple Octavius autour d'un thé (hommage vibrant à la Nouvelle Vague imposant d'emblée Otto comme un être crédible, charmant et cultivé) à une soirée people multipliant les conflits, Sam "The Man" semble incapable de poser le pied sur le frein. Vouloir rebondir sur chaque idée, chaque plan aurait très bien pu couler son film, mais la pertinence et l'enthousiasme de sa mise en scène entérinent systématiquement ses choix les plus inattendus, d'une blague faussement gratuite lancée par un Otto Octavius sur le point de devenir Doc Ock à une inénarrable parodie de film familial, bercée par le Raindrops keep falling on my Head de B.J. Thomas.

 

How complicated a simple thing


Truffé de plans séquences nouant personnages, enjeux et intrigues jusqu'à former un tout cohérent (l'évacuation de la salle d'expérience, sondant pas à pas les états d'âmes des rescapés ; le travelling lattéral abrupt partant de Tante May et Peter, assis devant leur banquier, pour se figer sur Octopus, éventrant de ses tentacules un coffre blindé ; le vol du Tisseur, face caméra et accompagné de son thème musical, se reflétant finalement dans les lunettes de Doc Ock, Elfman effectuant une transition vers le leitmtoiv de ce dernier ; ou encore la succession de gros plans sur les regards de Octopus, Peter et Mary-Jane lors du final), Spider-Man 2 est un film d'une incroyable complexité, vêtu paradoxalement des émotions les plus simples. Parfois hilarant (Spidey dans l'ascenceur, l'apparition attendue de Bruce Campbell, les dialogues ciselés à la serpe de J. Jonah Jameson), souvent touchant et versant dans un sadisme inouï vis-à-vis de son personnage principal (Raimi ne s'était pas autant défoulé depuis Evil Dead 2 !), le film caresse l'excellence que l'on était en droit d'espérer après le feu d'artifices artistique du premier numéro. A chacun maintenant de composer avec ses affinités et espérances propres, un face-à-face Spidey / Doc Ock de plus de deux heures n'étant vraiment, mais alors vraiment pas à l'ordre du jour...

Alexandre Poncet












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Image :

Le Blu-Ray de Spider-Man 2, plus encore que celui du 3, a des chances de se faire l'exemple ultime de ce que la haute définition peut apporter aux cinéphiles, mais aussi de ce à quoi le grand public risque de tiquer. Pour être clair, Spider-Man 2 présente un niveau de détails absolument effarant. Exemple : pendant le combat sur l'immeuble après le braquage de banque, alors que Spidey se prépare à être propulsé hors d'un local de couture, un arrêt sur image permet d'observer précisément les outils des travailleuses, les vêtements accrochés aux quatre coins de la pièce mais aussi les pancartes pendues tout à l'autre extrêmité, lisibles jusque dans les plus petits lettrages. Cette profusion de détails s'applique logiquement à l'ensemble du métrage. La contrepartie de ce gain de fidélité par rapport à la pellicule ? Un grain 35mm voyant jusque dans les effets visuels les plus colorés (la sphère solaire créée par Octopus). Les cinéphiles frissonneront devant cette déclaration d'amour à la pellicule, les autres se demanderont sans doute pourquoi la copie n'est pas aussi immaculée que celle de L'Attaque des Clones...

 

Son :

De la même manière que le premier film, Spider-Man 2 s'appuie en Blu-Ray sur des pistes sonores sensationnelles, en particulier un DTS-HD Master Audio réservé à la version originale. Le main title de Danny Elfman retrouve dans ces conditions toute son ampleur, depuis les percussions du logo Marvel jusqu'à l'explosion orchestrale finale. Les morceaux de Christopher Young (le rip-off d'Hellraiser 2 sur l'expérience ratée, le déchaînement de cuivres épiques sur le combat du train) ne sont pas en reste de même que les effets sonores, qui explosent littéralement lors du réveil agité de Doc Ock dans la salle d'opérations (attention les dents !). De la très belle ouvrage donc, digne en tout point d'un disque HD.

 

Interactivité :

Sony corrige son erreur du premier coffret Blu-ray en réintégrant la plupart des bonus produits pour les deux éditions DVD, à savoir un commentaire audio, un très long making of et plusieurs featurettes. Sam Raimi rechigne bien sûr toujours à parler lui-même de son œuvre, et son commentaire s'en ressent, laissant la majorité du temps de parole à Tobey Maguire et Avi Arad, sans oublier deux autres commentaires de ses scénaristes et producteurs, dont un consacré à l'extended cut. Le désir de Raimi de rendre hommage à tous les artistes ayant travaillé sur le film alimente en revanche les multiples suppléments (dommage, au passage, que les webisodes aient disparu), ainsi que l'excellent documentaire de plus de deux heures offert en plat de résistence. Chapitré et savamment rythmé, celui-ci analyse chaque étape de la production sans noyer le spectateur dans un déluge d'images et de révélations. Un équilibre entre richesse et mystère qui comblera les afficionados de technique sans pour autant briser la magie pour les spectateurs moins curieux. Si l'on peut toujours profiter d'un long segment sur la création d'Octopus, avec notamment des interventions passionnantes de Steve Johnson, d'autres segments se sont fait la malle, par exemple celui consacré au score de Danny Elfman. Peut-être pas très étonnant, compte tenu des différends assez houleux entre le compositeur et le réalisateur durant la post-production, qui amenèrent Raimi à engager Christopher Young en renfort. Exit également les scènes de tournage en multi-angles et la galerie de peintures d'Alex Ross. L'interactivité de l'édition 2.1 subit le même traitement : si l'on peut redécouvrir l'excellente featurette consacrée aux effets visuels, on devra faire une croix sur les coulisses de la version longue ou le retour sur l'oscar des VFX. Les complétistes devront donc conserver leurs DVD, s'ils ne veulent pas perdre au passage quelques précieuses informations...

 

Liste des bonus : 3 commentaires audio, making of, featurettes, bandes-annonces.

 
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