RAIN MAN
Etats-Unis - 1988
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Rain Man »
Genre : Drame
Réalisateur : Barry Levinson
Musique : Hans Zimmer
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 133 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 16 février 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Rain Man »
portoflio
LE PITCH
A la mort de son père, Charlie Babbitt, homme d'affaires pressé, hérite d'une vieille Buick qu'il convoitait depuis longtemps mais se voit spolié de quelque trois millions de francs versés à l'Institution psychiatrique Wallbrook au profit d'un bénéficiaire anonyme. Charlie se rend a Wallbrook et découvre l'heureux bénéficiaire. Il s'agit de Raymond, savant autiste, celui qu'il appelait dans son enfance Rain Man, qui représente ses seuls souvenirs heureux et qui n'est autre que son fr...
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Iko Iko

Plus de vingt ans après sa sortie, Rain Man revient sur le devant de la scène avec une réédition « haute-définition » (avec de gros guillemets), probablement pour fêter le fameux 22èmè anniversaire, comme cela avait été fait lors de la sortie de Dirty Dancing (© Dédo).

 

Barry Levinson avait connu un véritable succès populaire lors de la sortie de ce long-métrage, s'essayant alors à un format très populaire aux USA, le Road Trip traversant les états emblématiques du pays. Rain Man navigue perpétuellement entre deux eaux, représentatif du crépuscule des années 80 et de l'aube des années 90 et c'est maintenant avec quelques années de recul que le film commence à afficher ses tares. La réalisation se révèle être d'une platitude étonnante et une grande partie du film manque cruellement de rythme, hormis lors d'un retour à Las Vegas qui peine finalement à exposer ses enjeux scénaristiques. On nous propose donc un voyage fadasse qui traîne en longueur et ne sert finalement que de prétexte pour exposer les quelques frasques amusantes d'un autiste surdoué. Barry Levinson aligne les situations inoffensives, surteintées de pipi-caca, une des rares formes d'humour comprises par la plupart des yankees de l'époque. Quel est l'intérêt de la séquence du pet dans la cabine téléphonique ? Quid de la lourdeur pachydermique de la référence constante aux slips K-sport (c'est caca, rappelons-le) ? Le problème de l'autisme n'est finalement traité que très superficiellement et reste engoncé dans l'étau du politiquement correct, prônant une vision réductrice du sujet qui omet volontairement tous les faits « dérangeants » entraînés par les handicaps mentaux. Un autisme light à l'américaine, stérilisé UHT, ultra pasteurisé. Le film s'étant apposé en son temps comme porte-étendard d'un fléau alors méconnu, les malades se voient aujourd'hui accoler l'étiquette « Rain Man qui compte les cure-dents » dès que l'on parle de cette pathologie. On peine à comprendre objectivement ce qui a pu pousser l'ensemble de la profession cinématographique à faire pleuvoir sur Barry Levinson une averse de récompenses.

 

oh oh !


Heureusement, il reste des points positifs indéniables. Mise à part l'interprétation calamiteuse de Valeria Golino, au top de son endivité, les performances des acteurs principaux avaient tout pour rentrer dans la légende. Dustin Hoffman réalise l'exploit : arriver à jouer un autiste crédible, et Tom Cruise interprète ce qui restera comme un de ses meilleurs rôles des années 80, dans la peau d'un jeune requin prétentieux, au caractère exécrable de « fils unique » dépassé par ses ambitions. Lui aussi réalise un travail d'équilibriste périlleux, rendant son personnage plausible sans pour autant tomber dans le cabotinage. Le dernier atout de l'oeuvre reste sans conteste Hans Zimmer, alors au début de sa carrière, qui se fend ici d'un score parfait, véritable réussite au bon goût des eighties, délicieusement rétro sans jamais être démodé. Le compositeur apporte un peu de couleur à une réalisation bien terne, alternant tendresse et dynamisme épique, jusqu'à magnifier le grand moment du film qu'est le retour aux casinos de Las Vegas, où la caméra se réveille enfin sous les coups de marteau de la basse et de chœurs ultra-funky, nous faisant vivre toute la frénésie et l'outrance du lieu ! Dommage que l'ensemble du film ne fasse pas preuve du même génie...

Jeremy Chateauraynaud








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Image :
Nous abordons là le point qui fâche ! Puisque le rendu global de ce blu-ray est vraiment inégal. Et pour s'en convaincre, il suffit de regarder les 5 premières minutes du film qui risque de faire monter le rouge aux joues des gens qui passe faire un bon investissement HD ! Le film débute effectivement sur une abominable faute de goût, avec une image à la définition atroce, granuleuse et aux couleurs totalement fausses, et semble être un transfert VHS. Vous pourrez ainsi admirer le teint rosé des acteurs. Heureusement, la qualité progresse par la suite mais fluctue en permanence entre le mauvais et le moyen, un peu meilleur qu'un DVD sans plus, à l'exception du passage à Las Vegas, encore une fois, ou les couleurs fusent en rythme avec la musique !

 

Son :
Là encore, ça sent les économies de bout de chandelles, puisque au milieu de la pléthore de pistes sonores, on retrouve un piste DTS française plutôt faiblichonne, un peu faible sur les médiums et utilisant les moments musicaux pour nous en coller plein les oreilles sur les enceintes surround, ce manque un peu de finesse. En revanche, la version originale en 5.1 DTS HD Master Audio rectifie le tir, en plus d'être incontournable pour apprécier correctement le jeu d'acteur de Dustin Hoffman.

 

Interactivité :
L'éditeur a pris de gros raccourcis pour arriver au bout de cette réédition et a utilisé la même méthode pour ses suppléments. Outre un menu très austère, identique à celui proposé sur La dernière marche, donc tout aussi imprécis peu attrayant, on retrouve les mêmes bonus que sur l'édition DVD collector sortie en 2004, donc en définition standard, et cerise sur le gâteau, ou plutôt, nouvelle preuve accablante de la paresse entourant la conception du disque, aucun n'est traduit ou sous-titré en Français, acte inadmissible pour une sortie française, privant bon nombre des curieux d'un contenu somme toute intéressant. Pour les anglophones fluent uniquement, sont donc proposés, 3 commentaires audio, un réalisé par Barry Levinson et deux autres en compagnie des scénaristes du film, Barry Morrow ou Ronald Bass, mais pour en profiter, il faudra avoir le courage de supporter 3 nouvelles visions du film. Deux documentaires d'une vingtaine de minutes sont également présents, un making of faisait intervenir les acteurs, réalisateurs et producteurs du long-métrage ; et un documentaire sur l'autisme et sur les autistes savants en particulier, où sont interviewés plusieurs spécialistes et quelques malades, mais le tout reste dans la tonalité un peu trop proprette du film, n'approfondissant jamais le sujet, à l'américaine. Dans les fonds de tiroir du disque, il reste une scène inédite (et inutile) où Ray parcours les rayons d'un supermarché ainsi qu'une petite bande-annonce. De là à dire qu'aux vues des prestations globales du blu-ray, son acquisition est très dispensable pour les détenteurs du film en DVD, il n'y a qu'un pas que je m'empresse de franchir.

 

Liste des bonus : Commentaires audio, Un regard sur les mystères de l'autisme, Making of, Scène inédite, Bande annonce

 
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