PIRANHA 3D
Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Piranha 3D »
Genre : Comédie, Horreur
Réalisateur : Alexandre Aja
Musique : Michael Wandmacher
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais & Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 90 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 23 février 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Piranha 3D »
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site officiel
LE PITCH
Suite un à séisme, un lac souterrain libère des hordes de piranhas préhistoriques, qui vont dévorer copieusement des centaines de jeunes débiles en plein Spring Break.
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Pèche sauvage

Sortant en retard (une exploitation en plein été aurait été plus logique), Piranha 3D offre tout de même l'opportunité, en cette triste rentrée, de ne pas regretter les délices de la plage, terrain de jeu à l'écran d'une horde de bestioles gloutonnes aussi farceuses que ces bons vieux gremlins.

 

Récemment interrogé par Vanity Fair pour cause de passif piranhesque chargé, James Cameron se sera montré impitoyable vis-à-vis du dernier long-métrage d'Alexandre Aja, arguant que ce nouveau Piranha représente « tout ce qu'il ne faut pas faire en 3D, les effets appauvrissant le médium en rappelant les bandes opportunistes des années 80, comme Vendredi 13 3D. » On ne peut jeter la pierre au grand prêtre de la « révolution Avatar » face aux money shots ouvertement ringards placés ici et là par Aja : un verre de bière balancé au visage du spectateur, une adolescente qui vomit au ralenti sur la caméra, une paire de nibards qui pointe copieusement sous la surface de l'eau, une rame tendue au public ou encore un Piranha surgissant violemment de la bouche d'une pauvre victime. Pour autant, difficile d'incendier le projet d'Aja, tant sa démarche rétrograde et assumée comme telle se montre honnête. Distribuant exactement ce que la  campagne publicitaire avait promis, Piranha 3D appartient, dans le ton, à un autre âge cinématographique - en cela, le choix de mettre en scène des créatures décrites comme préhistoriques n'a rien de gratuit.

 

retour vers le futur


Divertissement en apparences bas du front, pensé pour maximiser le Kill Count des poissons carnassiers, notamment lors d'un bain de foule enchaînant les gags sanglants les plus inventifs (kudos aux fantastiques maquillages gore de Nicotero et Berger), Piranha 3D file à toute allure d'un point A à un point B sans jamais déroger à la linéarité de sa structure. Reste qu'en-dessous du spectacle tripal, vraisemblablement conçu à l'attention d'un public de fans, Aja et son co-scénariste / producteur / réalisateur de seconde équipe Grégory Levasseur ont l'intelligence d'entrechoquer deux données culturelles antinomiques : d'un côté, une cellule familiale renvoyant aux classiques de Joe Dante (père absent, adolescent poussé à agir comme un adulte, enfants débrouillards mais gaffeurs), de l'autre, une trash attitude totalement ancrée dans les années 2000 (amateurs de strings, de t-shirts mouillés et de pornstars décérébrées, vous allez être servis). Ce paradoxe temporel et tonal, Aja et Levasseur le symbolisent judicieusement à travers leur casting et leurs personnages : un vieux pêcheur prénommé Matt et campé par Richard Dreyfuss (ça ne vous dit pas quelque chose ?), un scientifique spécialiste des choses du passé interprété par Christopher Lloyd (Nom de Zeus !), une mère de famille sévèrement burnée incarnée par Elisabeth Shue, prétendante de Tom Cruise dans Cocktail, enfin, un réalisateur de porno tout ce qu'il y a de plus moderne portant les traits de Jerry O'Connell, ex-acteur enfant révélé en 1986 par Stand by me. Pas dupe, le duo de cinéastes propose avec Piranha 3D une expérience aussi paradoxale que les actes de son jeune héros, à la fois primaire et réfléchie, partisane et méfiante, un film vulgaire autant qu'un pamphlet mordant sur la vulgarité d'une civilisation en roue libre.

Alexandre Poncet






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Image :
On n'en n'attendait pas moins, mais on ne s'attendait pas forcément à ce que le film soit aussi splendide sur format HD. Les couleurs sont vives, fraîches et marquées, tandis que les noirs assurent une profondeur abyssale. Contrastes finement dessinés, profondeur de champ assez hallucinante, mais c'est surtout la richesse des détails qui frappe durablement le spectateur. Idéal pour donner une pèche supplémentaire à un film qui n'en manque pas, même si du coup une telle perfection souligne parfois assez violement des incrustations qui ont du plomb dans l'aile (voir les bonus pour les excuses). A côté de ça, la version en 3D anaglyphe (entendez par là le relief avec les anciennes lunettes rouges et vertes) gâche carrément l'affaire en plongeant le tout dans un flot monochromatique. C'est certes moins irritant que le même exercice sur des équivalents DVD, mais on est bien loin du rendu de la vraie version 3D proposée sur une autre édition mais accessible uniquement à ceux qui possèdent l'une de ces nouvelles TV au prix prohibitif.

 

Son :
Petite déception du côté de la version française qui atténue un peu les effets du DTS-HD Master Audio 5.1... Raison de plus de se jeter sans vergogne sur son homologue anglais qui donne à ce film popcorn décomplexé les atours d'un grand spectacle hallucinant. Les dialogues toujours clairs et soutenus y sont accompagnés par un dynamisme constant, des effets « sous-marins » envahissent la matrice 5.1 avec subtilité mais force, les enceintes de l'installation Home Cinema soulignant avec efficacité les effets de surprise du long-métrage ou la rapidité des poissons carnassiers... Ce mixage musclé et virevoltant propose un vrai grand moment.

 

Interactivité :
Enorme succès a l'international (malgré les prévisions), le film se voit accompagné d'un très long making of / documentaire de près de deux heures. Si l'on peut y observer des scènes de tournage, quelques interviews du casting (mais où est Elisabeth Shue ?) et de nombreuses interviews du duo de frenchies, il faut reconnaître qu'une volonté d'exhaustivité (effets spéciaux, scénario, musique...) n'empêche pas le documentaire de se perdre souvent dans des effets de montage lourdauds et surtout des propos promotionnels assez fatiguants. On pourrait croire que le reste va être du même acabit, pour peu d'enchaîner avec l'interview inédite de Kelly Brooks, sorte de poupée Barbie totalement à côté de la plaque (a-t-elle compris le film ?!) et bimbo au possible. Heureusement la suite rehausse largement le niveau avec des scènes coupées pas toutes indispensables mais agréablement commentées, ainsi que deux attaques de Piranhas non-tournées en version storybordées et doublées. Mais le grand moment de cette présente édition reste l'interview d'Alexandre Aja et Grégory Levasseur, enregistrée justement en exclusivité pour les petits français. Loin de la censure américaine, les deux créateurs se lâchent méchamment et chargent particulièrement les frères Weinstein. Entre les réunions interminables, les changements de direction constants des patrons de Dimension, les demandes incessantes pour retirer tous les éléments gore et cul du film (jusqu'à trois jours avant la sortie !), l'entretien décrit un combat éreintant contre la politique délirante des frangins. Souvent aussi drôles que dramatiques, ces propos explicitent ainsi quelques-unes des faiblesses de ce nouveau Piranha comme la gestion calamiteuse des effets numériques ou l'abandon du vrai relief au profit d'un traitement en post-production. 30 minutes extrêmement chargées et essentielles qui rendent le film encore plus attachant.   

                                                                                                                                                                                                                 Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : Version 3D anaglyphe du film, « Arrêtez de crier, nagez ! », Commentaire audio de Les entrailles de PIRANHA 3D  making-of version longue (120'), - interview exclusive de Kelly Brook (13'), - Jeux de massacre : Interview exclusive du réalisateur Alexandre Aja de son co-scénariste Grégory Levasseur (32'),  6 scènes coupées, avec commentaire optionnel du réal. Alexandre Aja (10'), Story-board animé de 2 séquences inédites (12'), galerie photos, Bandes-annonces

 
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