LAISSE-MOI ENTRER
Let Me In - Angleterre / Etats-Unis - 2010
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Genre : Horreur
Réalisateur : Matt Reeves
Musique : Michael Giacchino
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 111 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 8 février 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Abby, une mystérieuse fille de 12 ans, vient d’emménager dans l’appartement à côté de celui où vit Owen. Lui est marginal, il vit seul avec sa mère et est constamment martyrisé par les garçons de sa classe. Dans son isolement, il s’attache à sa nouvelle voisine qu’il trouve si différente des autres personnes qu’il connaît. Alors que l’arrivée d’Abby dans le quartier coïncide avec une série de meurtres inexplicables et de disparitions mystérieuses, Owen comprend que ...
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Devine qui vient dîner ?

Monstre de festivals, Morse a animé les discours enflammés de tous les fantasticophiles lors de sa présentation à Gerardmer en 2009. Dur, donc pour Laisse-moi entrer, remake en bonne et due forme, de trouver sa place. Pourtant on en viendrait presque à préférer ce dernier à l'original.

La folie des remakes ne semblant pas s'amenuiser, il paraissait totalement légitime d'accueillir le nouveau film de Matt Reeves d'un air méfiant. Déjà parce que malgré la réussite de l'expérience, on imaginait encore mal le réalisateur de Cloverfield se détacher de son tournage en caméra numérique directe façon reportage, mais surtout parce que Morse (Let The Right One In) était l'une des plus belles productions fantastiques de ces dernières années. Un long-métrage suédois plein de simplicité et de poésie, qui culminait dans son portrait délicat d'une histoire d'amour macabre entre un petit garçon et une créature vampirique sans âge. Encore bien ancré dans nos mémoires (il n'est sorti qu'en 2009 en France), l'original vient donc constamment se rappeler à nos mémoires pendant le visionnage de cette relecture anglo-saxonne. Difficile en effet d'échapper au jeu des sept différences puisque le scénario de Reeves reste particulièrement proche, reprenant lui aussi des dialogues entiers du roman de John Lindqvist et visualisant certains passage clés (l'attaque dans la piscine, les regards aux balcons) d'une manière quasi-identique. Un côté copié-collé qui risque de déconcentrer ceux qui connaissent déjà par cœur Morse, mais qui ne devrait tout de même pas les faire passer à côté des grandes qualités de cette première production d'une Hammer ressuscitée.

 

re-sucée ?


Ancien metteur en scène de l'excellente série Felicity (premier succès de son ami J.J. Abrams), Reeves retrouve cette même précision dans la description de ses personnages, profitant des jolies prestations de  Chloe Moretz (Kick-Ass) et Kodi Smit-McPhee (The Road) pour parsemer son adaptation de souvenirs de son enfance (discours flippant de Reagan, mémorial sur la grille de l'école) ou renvoyer directement à la vision familiale de Spielberg (le père présent uniquement en voix off, au téléphone, la mère au visage toujours hors champs). Des choix qui démontrent sa volonté de s'accaparer le récit autant que celle de vouloir en recentrer les enjeux, excluant ainsi avec discernement les trames secondaires du roman dont les embryons venaient perturber la mouture suédoise. Entre le parallélisme plus appuyé entre le jeune Owen et son futur devenir incarné par un excellent Richard Jenkins, et surtout l'ambivalence morale de cette relation « macabre » qui pousse le garçon vers une violence et une acceptation de la mort glaçante, Laisse-moi entrer réussit à de nombreuses reprises à surprendre, et surtout à dépasser son aîné. Idem pour la mise en scène de Reeves qui s'éloigne de la distance imposée par son homologue venu du froid, pour se rapprocher au plus près des personnages, jouer habilement avec la photographie (opposition entre la « chaleur diffuse » de la cour d'immeuble et la blancheur des paysages ou encore les accents bleutés de l'école), embrassant ainsi plus généreusement la nature horrifique du sujet. Parfois plus sanglant, plus direct (Abby devient bestiale à l'occasion) et plus spectaculaire (accident de voiture en plan subjectif sans montage), cette « révision » mérite les honneurs, même si forcément la fragilité et le dépaysement procurés par Morse viennent à manquer. Pas besoin de choisir son camp, les deux films possèdent un même charme, une même douceur... Tout est question d'interprétation et de goût du spectateur.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Si malheureusement nous n'avons pu mettre la main sur le Blu-ray du film, force est de constater que la copie apportée par le simple DVD est déjà largement satisfaisante. Les couleurs sont riches et chaudes (les séquences dans la cour plongées sous une lumière rouge diffuse sont magnifiques), les teintes joliment contrastées et le tout affiche un niveau de détail agréable. Même les légers flous de la photo sont parfaitement maîtrisés. De l'excellent travail qui, malheureusement, décroche à plusieurs occasions (le travelling sur les casiers de la piscine par exemple), montrant un accroissement assez disharmonieux des artefacts provoqué par une compression qui loupe le coche.

 

Son :
Méthode Metropolitan, les versions française (correcte) et anglaise sont toutes deux disponibles en Dolby Digital 5.1. Et une fois encore le travail est des plus alléchants avec une mise en place des ambiances joliment enveloppante, tandis que la dynamique globale sait se montrer musclées pour les scènes choc. Le caisson de basses sursaute, les enceintes arrières trésaillent sous les grognements flippants de la miss vampire et les cris de ses victimes, tandis que l'installation avant dispatche avec dicèrnement les différentes sources. Rien à redire.

 

Interactivité :
La section suppléments de Laisse-moi entrer prend les allures de la mosaïque habituelle : quelques scènes coupées (l'une sur le prof de sport, deux autres ajoutant des détails sur la vie et le passé d'Abby), une belle featurette promo (mais pas désagréable), des comparatifs des différentes étapes de confection des effets spéciaux et une explication sommaire de l'une des scènes les plus spectaculaires du long-métrage (l'accident de voiture)... Du propre, du net et du sans bavure qui prend tout de même de la hauteur avec le commentaire audio de Matt Reeves, franchement passionnant et honnête, justifiant sa proximité avec le film et le roman d'origine, explicitant certains ajouts personnels ou sa peur de se confronter à ces deux premières œuvres. Des propos éclairants qui font un peu répétition avec l'interview du même en exclusivité française. Un peu plus de vingt minutes qui n'ont rien d'accessoires puisque notre hôte en profite pour revenir sur le travail avec ses jeunes acteurs ou la volonté affirmée de ne pas laisser voir le film original à son équipe. Plutôt touchant d'ailleurs lorsque celui-ci exprime son admiration pour le travail de Tomas Alfredson et sa méfiance naturelle vis à vis d'un tel exercice.

 

Liste des bonus : L'interview de Matt Reeves (23'), Le commentaire audio de Matt Reeves, Les coulisses (16'), L'art des effets spéciaux (6'), Description de la scène de l'accident de voiture (5'), Les scènes coupées avec commentaire audio optionnel de Matt Reeves (5'), Bandes-annonces

 
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