500 MèTRES SOUS TERRE
Sinkhole - Corée du Sud - 2021
Image de « 500 mètres sous terre »
Réalisateur : Kim Ji-hoon
Musique : Kim Tae-seong
Durée : 115 minutes
Distributeur : The Jokers
Date de sortie : 21 septembre 2022
Film : note
Jaquette de « 500 mètres sous terre »
portoflio
LE PITCH
Dong-won et sa famille viennent enfin de s’installer dans leur nouvelle maison, achetée après des années d’économie. Mais des pluies diluviennes créent un glissement de terrain et le bâtiment est englouti dans un gouffre en pleine pendaison de crémaillère. Isolés à des centaines de mètres sous terre, Dong-won et ses invités ont peu de temps devant eux pour remonter à la surface...
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The hole

La Corée du Sud est l'Eldorado des films de genre aux concepts tarabiscotés. Le film catastrophe en est un parmi d'autres, porteur d'autant de promesses en termes spectaculaires que terreau idéal pour des situations mettant à l'épreuve les anti-héros chéris du cinéma coréen. Avec 500 mètres sous terre, immense succès au box-office coréen, le réalisateur Kim Ji-hoon tente d'illustrer à l'écran une idée plutôt saugrenue de prime abord : celle d'un immeuble qui s'effondre sous son poids dans une immense cavité, pour terminer enfoui dans les profondeurs de la terre.

Un sacré pari pour le réalisateur qui s'était déjà frotté au cinéma catastrophe avec son huis-clos The Tower en 2012. Et de toute évidence, le bougre sait y faire, le film s'avère un très respectable représentant du genre, mais qui sait également assumer sa propre identité. Le film de Kim Ji-hoon propose un découpage en deux parties, mécanique habituelle du ciné catastrophe : une première moitié dédiée à la présentation des personnages, puis une seconde tournée vers la survie de ces derniers après le désastre. Pourtant, le film se distingue avec une audace toute coréenne, qui ne s'émeut pas du mélange des genres et des tons. Dans son exposition (et toute sa première partie), 500 mètres sous terre assume un registre de comédie, ce qui dénote sérieusement avec le tout-venant du genre et le différencie sensiblement de ses pairs américains par exemple, dont le genre du cinéma catastrophe reste d'un sérieux inébranlable. Une entame à la tonalité légère, plutôt amusante ou agaçante selon l'humeur (le personnage qui apparaît continuellement face au héros dans toutes les situations) mais qui fonctionne étonnamment bien. Cette approche se révèle même payante par la suite, puisqu'on en vient à s'attacher réellement à la poignée de protagonistes ici présentés, tous réunis dans l'appartement d'un collègue de travail, père de famille, désirant pendre sa crémaillère. En quelques traits vite esquissés et peut-être un peu grossiers (on n'échappe pas aux archétypes), Kim Ji-hoon place ses pièces avant de tout renverser.

 

boum patatra !


Le réalisateur parsème la première partie du film de petits détails qui, mis bout à bout, annoncent une anormalité dans la construction de l'immeuble servant de décor, et permettant la transition vers la suite : l'effondrement du bâtiment et la survie des protagonistes. La seconde partie du film est également la plus attendue car c'est là qu'entre en jeu le spectaculaire promis par le concept de base. Bardée d'effets en CGI pas toujours très grâcieux (le film n'est pas très beau d'une manière générale), elle s'avère efficace, avec quelques scènes d'action héroïques correctement emballées, sans être non plus totalement renversantes ni innovantes. Le film respecte par ailleurs la tradition qui voudrait que c'est dans les moments d'adversité que la plupart des personnages vont se révéler : le père râleur au grand cœur, le fils associable qui s'émancipe, le timide qui trouve l'amour... On échappe même au (trop) politiquement correct puisqu'un enfant y perd la vie. Doté de quelques bonnes idées, bien qu'un peu invraisemblables (la bonbonne géante permettant de regagner la surface), 500 mètres sous terre finit par emporter l'adhésion par son côté entertainment naïf, ses moments de bravoure et sa légèreté initiale qui provoque une émotion plutôt belle et inattendue. Kim Ji-hoon se permet au passage, et là encore dans une tradition toute coréenne, un discours sur la problématique du logement, les difficultés pour devenir propriétaire dans une société coréenne régie par la dictature et la pression sociale autour du paraître. Une belle surprise.

Nicolas Mouchel






 

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