THOR : LOVE & THUNDER
Etats-Unis - 2022
Image de « Thor : Love & Thunder »
Genre : Super-héros
Réalisateur : Taika Waititi
Durée : 119 minutes
Distributeur : Walt Disney Pictures
Date de sortie : 13 juillet 2022
Film : note
Jaquette de « Thor : Love & Thunder »
portoflio
LE PITCH
Remis en forme après ses aventures avec les Gardiens de la Galaxie, Thor retrouve son ex-petite amie Jane Foster, laquelle est devenue The Mighty Thor grâce aux pouvoirs du marteau Mjolnir reconstitué. Ensemble, ils vont devoir combattre Gorr, le boucher des Dieux, …
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Espérant reproduire la formule à succès de Thor Ragnarok, Marvel et Walt Disney ont de nouveau confier les rênes de la franchise au trublion Taïka Waititi. Pris en étau entre la nécessité de clôturer plusieurs storylines en suspens et de poser le cadre pour de futures aventures du fils d'Odin sans trahir les attentes de plus en plus contradictoires de hordes de geeks et sans sacrifier à son image d'auteur pop, le néo-zélandais se prend inévitablement les pieds dans le tapis d'un script mal branlé et ne doit son salut qu'à une poignée d'éléments épars. Sale temps pour le viking de l'espace.

Dès le prologue qui opère un croisement contre nature entre la première scène de Star Trek V - L'ultime frontière et une pub Oasis mais qui reste malgré tout saisissant par l'implication surréaliste d'un Christian Bale en surrégime émotionnel, on sent bien que quelque chose ne tourne pas rond dans Love & Thunder. Et la suite de confirmer ce mauvais tournant. Waititi s'empêtre dans pas moins de trois flashbacks (!) pour négocier les trous béants de son scénario et le retour aux forceps du personnage de Jane Foster, abandonné depuis Thor : Le Monde des ténèbres en 2013. La romance entre la physicienne et le Dieu du tonnerre ne décolle donc jamais et Natalie Portman n'est pas crédible une seule seconde, qu'elle choisisse de s'afficher tout sourire sous les muscles d'un Thor au féminin ou mourante d'un cancer en phase terminale. Victimes de plusieurs réécritures et remontages de dernière minute Thor : Love & Thunder souffre d'incohérences majeures (Heimdall a un fils ? Combien d'Asgardiens ont vraiment survécu entre Ragnarok et Avengers Infinity War ? Mjolnir peut se reconstituer ? À quoi servent les Gardiens de la Galaxie au juste ?) et d'une dramaturgie au rabais nous faisant une fois encore le coup du super-héros en pleine crise existentielle. Ajoutez à ce cocktail indigeste un humour très inégal et même parfois limite (le caméo de Melissa McCarthy est drôle parce qu'elle est .. grosse - euh, ok), des effets spéciaux, un production design et un score le plus souvent aux fraises et vous aurez une petite idée de la déroute et du je m'en foutisme généralisé de la chose. Taïka Waititi ne sait pas où il va et se résigne à faire feu de tout bois en se rassurant comme il peut. « Même une horloge cassé donne l'heure exacte deux fois par jour » semble être le mot d'ordre.

 

les mercenaires de la galaxie


D'un bout à l'autre de ce gloubiboulga dégueulant de couleurs criardes, il reste pourtant quelques raisons d'apprécier la ballade. Égal à lui-même, Chris Hemsworth demeure un héros attachant, alliance irrésistible de maladresse et de charisme macho. Mentionné un peu plus haut, Christian Bale s'en donne visiblement à cœur joie et cabotine avec une belle énergie dans la peau de Gorr, psychopathe déicide et décharné, au point qu'on regrette de ne pas le voir un peu plus. En roue libre lui aussi, Russell Crowe roule les r avec malice et s'impose en un clin d'oeil en Zeus hédoniste et couard, quand bien même une séquence post-générique tournée par une seconde équipe pas très inspiré viendrait contredire cette jolie parenthèse farceuse. Last but not least, une paire de chèvres hurleuses géantes trimballant nos vaillants guerriers d'un bout à l'autre de l'univers assurent le meilleur running gag d'un film traversé d'éclairs de génie rares mais bienvenus. Le repaire de Gorr propose un détour surprenant par le noir et blanc, la transformation d'Asgard en attraction touristique bas du front tâcle ouvertement la stratégie commerciale McDo de Walt Disney et le climax convoquant Eternité, entité toute puissante souvent aperçue dans les aventures du Surfer d'Argent, ressuscite brièvement les plus belles planches de Jack Kirby et Ron Lim.

En toute petite forme, Taïka Waititi sauve les meubles mais signe son plus mauvais film à ce jour et livre par mégarde un hommage inattendu et pas vraiment souhaité aux Maîtres de l'Univers de la Cannon. Tout dépendra de votre humeur mais une chose est sûre : semblable au Titanic, le bateau Marvel, incapable de gérer l'après Endgame, continue de prendre l'eau de toutes parts et l'orchestre, imperturbable et engrangeant encore des millions, continue de jouer la même partition.

Alan Wilson








 

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