SPIRALE : L’HéRITAGE DE SAW
Spiral: From the Book Of Saw - Etats-Unis - 2021
Image de « Spirale : L’Héritage de Saw »
Genre : Horreur, Policier
Réalisateur : Darren Lynn Bousman
Musique : Charlie Clouser
Durée : 93 minutes
Distributeur : Metropolitan Filmexport
Date de sortie : 21 juillet 2021
Film : note
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LE PITCH
Travaillant dans l'ombre de son père (Samuel L. Jackson), une légende locale de la police, le lieutenant Ezekiel «Zeke» Banks (Chris Rock) et son nouveau partenaire (Max Minghella) enquêtent sur une série de meurtres macabres dont le mode opératoire rappelle étrangement celui d’un tueur en série qui sévissait jadis dans la ville. Pris au piège sans le savoir, Zeke se retrouve au centre d’un stratagème terrifiant dont le tueur tire les ficelles.
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So So

La saga Saw revient après une absence finalement pas si longue (2017 pour le précédent épisode, Jigsaw) et s'offre un nouveau départ sans pour autant effacer les huit précédents opus. Ce nouveau chapitre, qui a la particularité d'être produit et interprété par Chris Rock, grand fan de la saga, retrouve t-il la fraîcheur, depuis longtemps perdu, du premier opus ?

Alors qu'on s'approche doucement mais sûrement des 20 ans du premier Saw (ça ne nous rajeunit pas) la saga horrifique s'essaye à une seconde renaissance après l'échec de Jigsaw en 2017. Un neuvième opus qui ne dit pas son nom puisque les producteurs préfèrent le considérer comme un spin-off de la série principale, comprendre : si le film marche, il y aura un Spiral 2 puis un Saw 9 et pourquoi pas des crossovers entre les deux, bref un univers étendu... Soit la seul chose qui semble motiver les studios depuis une dizaine d'années mais qui trois fois sur quatre se plantent dans les grandes largeurs. Mais revenons à la base de ce Spirale, qui n'est pas du fait des producteurs de la série mais d'un homme, Chris Rock. Le célèbre humoriste est en effet un grand fan de la saga et c'est lui qui a proposé l'idée de la relancer sous une forme différente de ce qu'elle était en se concentrant sur les policiers qui enquêtent sur les crimes plutôt que les victimes et les tueurs. Une idée pas vraiment originale vu que plusieurs Saw mettaient déjà en scène des enquêteurs mais avec un traitement plus proche d'un Seven ou du Silence des agneaux (pour ne citer que les plus célèbres) permettrait peut être à la série de se sortir des méandres scénaristiques dans lesquels elle était enfermée depuis au moins cinq épisodes. Hélas ! les intentions sont bonnes mais leurs applications beaucoup moins.

 

Saw d'occasion


Si vous vous étiez arrêtés au premier Saw, rassurez-vous, vous n'êtes pas obligé de rattraper les septs précédents opus pour racrocher les wagons. Un très bon point vu que la série s'était enfermée dans des schémas de plus en plus incompréhensibles d'alliances, de contre-alliances et de planifications sur le très (très) long terme (le tueur de la série meurt quand même dans le troisième film mais continue de tirer les ficelles jusqu'au septième) tout ça pour perpétuer artificiellement ce qui avait marqué les spectateurs du premier opus, son twist final. Spirale n'efface pas les précédents épisodes, Jigsaw a existé, est mort il y a longtemps, il a eu des disciples et c'est toutes les informations que l'on aura. Mais si le film fait table rase du passé c'est malheureusement pour mieux reproduire les mêmes erreurs et la première c'est de retomber dans le piège du torture-porn. Les scènes de torture existaient bien depuis le premier opus mais un des thèmes de la série à ses débuts (du moins quand elle était supervisée par Leigh Wannel et James Wan) c'était de confronter quelqu'un à son instinct de survie jusqu'à un point extrême, ça passait certes par de la souffrance mais l'issue n'était pas obligatoirement la mort. Spirale, lui, choisit de favoriser le spectaculaire et met en scène des pièges dont il est pratiquement impossible de s'en sortir, du genre, se couper la langue en 5 secondes pour éviter de mourir percuter par un métro... On est donc dans l'hypocrisie la plus pur surtout que le nouveau tueur affirme faire ça pour punir sa victime d'avoir gâché la vie de plusieurs personnes mais ne pense pas vraiment au pauvre chauffeur de métro qui va voir un homme s'éclater sur son pare-prise sans rien pouvoir faire.

La seconde erreur c'est le retour de Darren Lynn Bousman à la mise en scène. Si le réalisateur est peut être le nom le plus connu de la saga après ceux de Wannel et Wan, puisqu'il a réalisé les opus 2, 3 et 4, il est aussi celui qui lui a vraiment donné son identité visuelle en appuyant au maximum les gimmicks du premier opus (les accélérations, les travelling circulaire). Et il n'a pas vraiment évolué depuis Saw 2 puisque Spiral est remplit de ces effets too much, de jump-scare, de sur-impression grossières, le tout dans des couleurs jaunâtre ultra-saturées qui ont pour unique résultat de désensibiliser complètement l'implication du spectateur dans l'histoire et les personnages que l'on regarde.
L'autre gimmick inévitable de la saga, c'est le twist, bien sur Spirale en possède un mais au lieu de provoquer un effet choc d'inattendu, il met surtout en évidence la faiblesse du scénario et la manière dont le film scie tout seul la branche sur laquelle il est assis. Et enfin la dernière erreur du film et celle qui est pourtant à la base de sa création c'est Chris Rock lui-même. L'humoriste se révèle un piètre acteur, incapable de jouer correctement la moindre émotion, la voix monotone et les yeux constamment plissés, il n'est jamais crédible et rend son personnage antipathique au possible, ce qui choque encore plus quand il partage des scènes avec Samuel L Jackson toujours impeccable sans se forcer et qui parait presque plus jeune que Chris Rock alors qu'il joue son père.

Spirale porte finalement bien son nom puisque la série continue de tourner en rond tout en s'éloignant de ce qu'elle était à l'origine. Ce n'est donc pas encore avec ce neuvième épisode (ou premier spin-off) que la saga Saw va renouer avec la qualité du premier opus depuis longtemps perdu.

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