NIGHTMARE SYMPHONY
Kosovo, Italie, Suisse - 2020
Image de « Nightmare Symphony »
Genre : Horreur
Durée : 78 minutes
Distributeur : Tetro Video
Date de sortie : 31 août 2020
Film : note
Jaquette de « Nightmare Symphony »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Réalisateur pour l'industrie du cinéma, monsieur Frank se rend au studio de production afin de rencontrer son amie Isabella, qui s'occupe du montage de son nouveau film. Antonio, le scénariste, et son producteur non plus ne sont pas satisfait des avancées... A ces ennuis s'ajoutent la mort mystérieuse de Catherine, une actrice que le réalisateur connaissait bien. Perturbé par tous ces événements, monsieur Frank a du mal à trouver le sommeil, surtout quand des meurtres concernant l'ento...
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L'ombre de Fulci

Dans les productions indépendantes, on trouve encore cet amour passionnel, quasi charnel pour le Giallo. Dans cet univers, il allait de soi que rendre hommage au réalisateur Lucio Fulci était attendu au tournant. Chronique d'une production 100% indé, 100% européenne, 100% meta, mise en abîme dans l'abîme du bis et c'est tant mieux.

Le film s'ouvre sur une très belle séquence sous la pâle lueur bleutée, une femme à la plastique parfaite se fait lentement lacérer le corps puis le visage par un tueur portant un masque de paon. La musique composée de nappes jazzy, fond le tout dans une esthétique pleine d'érotisme morbide, digne héritière des Gialli des années 1970 et 80.  Nightmare Symphony est un hommage très appuyé au film Nightmare Concert (Un gatto nell cervello) de Lucio Fulci de 1990. Il reprend cette même intrigue du réalisateur torturé par la production d'un film qui ne se déroule pas comme elle devrait, car constamment sous pression. Ici le comédien et réalisateur Frank LaLoggia (nous vous dirigeons vers son film : Lady in White de 1988), prends la place de Fulci dans cette intrigue méta. Il donne la réplique à Antonio Tentori qui était coscénariste avec Giovanni Simonelli sur le film original. Le thème du film original composé par Fabio Frizzi est repris pour ouvrir le film. C'est le grand soin qui est apporté, pour coller au plus près du film original, aussi bien dans ses réussites que ses faiblesses.

 

petite musique


Domiziano Cristopharo, y film la ville et ses personnages en suivant les mêmes techniques que Dario Argento ou les autres maitres du genre Giallo de l'époque. Il apporte cette même synergie dans la succession des plans et de la musique qui illustre l'intrigue, nimbant de mystères sa trame, ainsi que les exécutions des protagonistes. De ce point de vue ci, le film est assez réussi, nous assistons au chant d'amour de vrais passionnés du genre.
Cette quête de l'exacte reproduction d'une époque rêvée et fantasmée, pousse l'exercice jusqu'à en épouser les faiblesses. Faiblesse du jeu d'acteur qui est parfois surjoué ou totalement à côté de la plaque, ce qui nuit cruellement à l'éclat et au soin général. De même, les exécutions sont parfois très maladroites, à l'orée du bois du ridicule et du nanar qui tâche. La faute à un manque de moyens très visible, surtout sur certains maquillages qui ressemblent à du film alimentaire peint couleur peau posé sur un mannequin. Ou encore, une scène avec un véhicule qui fera rire aux éclats plus d'un spectateur. Tout ceci est fort dommageable au film qui aurait pu briller.
On ne peut pas décemment se dire, que l'équipe se contraigne à utiliser les techniques de l'époque pour coller au plus près, car le masque de paon est si réussi, qu'il ne laisse planer aucun doute à la fois sur le talent des maquilleurs, que sur le soin apporté au tout. On se contentera de supposer que le budget a été englouti dans la création de ce masque.

Cette production indépendante savoureusement kitsch reflète que le Giallo n'est jamais réellement mort, mais maintenu sous respiration artificielle par des passionnés de tous bords. En cela, nous saluons la démarche d'avoir essayé, et encourageons l'équipe à se parfaire toujours plus pour atteindre l'excellence.

Guillaume Pauchant










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