NINJA ASSASSIN
Etats-Unis - 2010
Image de « Ninja Assassin »
Genre : Action
Réalisateur : James McTeigue
Musique : Ilan Eshkeri
Durée : 99 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 10 février 2010
Film : note
Jaquette de « Ninja Assassin »
portoflio
LE PITCH
Raizo, jeune ninja orphelin, a été entraîné à tuer par le clan Ozunu. Après l'exécution de son seul ami, Raizo est soudainement en proie au doute, et quitte alors le clan afin de préparer sa vengeance... Des années plus tard, à Berlin, Raizo tombe sur l'agent d'Europol Mika Coretti qui, après avoir levé le voile sur une affaire politique mettant en cause une mystérieuse organisation asiatique, est devenue la cible du clan Ozunu. Traqués, tous deux se lancent dans une dangereuse cou...
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Ninja Commando !

Durant les années 80, le ninja comptait parmi les figures d'action les plus populaires au monde, grâce aux méfaits jouissifs de Menahem Golan et Yoran Globus, maîtres d'oeuvre de la Cannon. Mais depuis la retraite anticipée de Michael Dudikoff, et compte tenu la ringardisation foudroyante du genre, le cinéma a décidé de ranger le personnage dans un placard, comme un secret honteux. On ne va donc pas jeter la pierre aux frères Wachowski et à leur homme de main James McTeigue pour avoir mis en branle ce Ninja Assassin, aussi perfectible soit-il.

 

On n'essaiera pas de vous faire passer ici Ninja Assassin pour un chef-d'oeuvre, encore moins comme le fer de lance du cinéma d'action des années 2010. Bien que parrainé par les auteurs de Matrix, le film sent à plein nez la production Luc Besson, toutes les composantes du cahier des charges Europa tel qu'exposé dans la superbe analyse de Mozinor (allez faire un tour sur Youtube) répondant présentes à l'appel. Un homme seul chargé de défendre une femme innocente d'une bande d'asiatiques en furie, une bande sonore arrosée de rap, une trame policière abominablement molle en guise de toile de fond (avec en prime une séquence d'interrogatoire de veuve à domicile tout droit sortie de La Cité de la peur)... Le projet n'a, a priori, pas vraiment de quoi soulever l'enthousiasme, d'autant que James McTeigue remplit son contrat narratif avec la même application que dans l'acte central de V pour Vendetta, frôlant par instants le polar télévisuel allemand. Passées ces longues minutes d'exposition, qui susciteront au mieux un baillement poli, le long-métrage livre fort heureusement tout ce qu'on était venu y trouver : de bons gros combats de ninjas !

 

Sang pour sang action

 

Démarrant par une scène d'attaque aussi gore que le final de Braindead, Ninja Assassin use maladroitement de ses enjeux occidentaux (secrétaire black en péril, agent d'Interpol pris entre deux feux) pour relier ses différentes scènes d'acrobaties en costumes noirs. Partagé entre de longs flashbacks décrivant la cruelle formation du héros et des scènes de combats arrosées de câbles et d'images de synthèse (très voyantes, pour le coup), le coeur réel de Ninja Assassin a tout pour ravir l'amateur de série B du samedi soir, le renvoyant directement, avec des proportions spectaculaires certes revues à la hausse, aux grandes heures de la Cannon. Très américain dans sa vision des sociétés de l'ombre nippones, le film enchaîne les morceaux de bravoure stupides mais rigolos, rigolos mais stupides, avec une candeur indubitable. Le point de non retour étant atteint lors du dernier acte, bout à bout de combats au shuryken, aux mitrailleuses, aux sabres et aux poings d'environ 40 minutes. Tel un jeu vidéo de type beat'em all, Ninja Assassin opte ainsi pour un final pyramidal, les niveaux défilant jusqu'à la confontation entre le vaillant chevalier et son ancien mentor, aux pouvoirs spéciaux empruntés au Geese Howard de Fatal Fury. Au milieu de ces élucubrations jouissives (quelques chorégraphies et plans-séquences valent tout de même le coup d'oeil), McTeigue et ses producteurs osent l'impensable : envahissant leur camp secret, l'armée américaine pillonne les vilains ninjas à coups de bazookas. Une manière tout de même assez drôle d'enterrer un mythe...

Alexandre Poncet

 

 

 

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